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Moyen Orient et Monde - Révolte

Manifestations massives en Syrie sur fond de violences

Au moins 35 tués hier ; Damas affirme que les « actes terroristes » ont augmenté et réclame de l’opposition un engagement à ne pas « profiter » du retrait des troupes.
Des dizaines de milliers de Syriens ont manifesté hier à travers le pays contre le régime de Bachar el-Assad, bravant l’important déploiement des forces de l’ordre et les violences.
Plusieurs défilés ont eu lieu à Damas et dans de nombreuses villes du pays, en particulier à Qamechli, dans les régions kurdes du nord, et dans la province de Deir ez-Zor, selon des militants. À Alep, deuxième ville du pays, les militants ont évoqué 32 rassemblements. Mais les forces de sécurité ont tiré pour disperser les manifestants à Douma (près de Damas), Hama et Idleb, selon les Comités locaux de coordination (LCC), qui animent la contestation sur le terrain. À Mouadamiyé (près de Damas) et à Hama, des tireurs avaient été déployés sur les immeubles pour dissuader les manifestants. Et dans la ville côtière de Banias, des agents de sécurité ont encerclé toutes les mosquées, d’où partent traditionnellement les manifestations syriennes après la prière du vendredi. Sur leur page Facebook The Syrian Revolution 2011, les militants prodémocratie avaient appelé à défiler en faveur de l’armement des rebelles, au lendemain d’une journée de violences qui avait fait 77 morts, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Hier, les violences ont fait selon l’OSDH au moins 35 morts – 22 civils, 9 soldats et quatre militaires dissidents – à travers le pays, essentiellement dans les régions de Homs et d’Alep.
Cette mobilisation massive intervient alors que le Conseil de sécurité de l’ONU a enjoint jeudi Damas de respecter sa promesse de cesser ses opérations militaires au plus tard le 10 avril, et à l’opposition de faire de même dans les 48 heures suivantes. Toutefois, dans une lettre envoyée hier à l’ONU, Damas a affirmé que les « actes terroristes » avaient augmenté en Syrie depuis que le régime avait accepté le plan de l’émissaire international Kofi Annan. Dans son courrier, le régime a accusé l’opposition de chercher à « verser davantage de sang syrien, en annonçant la création de fonds pour financer et armer les groupes » de combattants. Le ministère syrien des Affaires étrangères a également adressé un courrier à la haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, pour dénoncer sa « partialité ». « Elle continue de fermer les yeux sur le terrorisme commis à l’encontre du peuple syrien par les groupes terroristes armés soutenus et financés par l’étranger », affirme le courrier publié par l’agence SANA.
De ce fait, les opposants syriens ont exprimé leur scepticisme quant aux promesses de Damas. Walid al-Bounni, une figure de l’opposition proche du Conseil national syrien (CNS), a estimé qu’il était « exclu » que le régime adhère au plan Annan, affirmant qu’il allait « tenter d’avoir un nouveau délai » pour continuer à tuer. « Appliquer ce plan, c’est autoriser les manifestations pacifiques qui s’étendront à tout le pays et auxquelles participeront des millions de Syriens, cela signifiera la fin du régime », a expliqué M. Bounni, basé en Égypte. La Syrie a d’ailleurs réclamé un « engagement écrit » de l’opposition qu’elle ne chercherait pas à profiter d’un retrait des troupes pour gagner du terrain. Jeudi, M. Annan avait affirmé avoir décelé une volonté de la part de l’opposition de cesser les hostilités dès que les forces gouvernementales auront mis fin à leurs opérations, sans toutefois parler d’accord formel. Et, si les conditions le permettent, l’ONU envisage d’envoyer des observateurs superviser l’application du cessez-le-feu. Une délégation dirigée par le général norvégien Robert Mood, un spécialiste du Moyen-Orient, se trouve à Damas depuis jeudi pour préparer cette mission.
Toujours sur le plan diplomatique, le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem, est attendu lundi à Moscou. Il s’entretiendra mardi avec son homologue russe, Sergueï Lavrov, de la crise en Syrie et des relations russo-syriennes, a indiqué hier le ministère russe des Affaires étrangères.
Par ailleurs, sur le plan humanitaire, le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a annoncé qu’il a demandé aux Nations unies et à la communauté internationale « d’intervenir » face à l’afflux de réfugiés syriens dans son pays, dont le nombre a atteint 24 000 personnes. « J’ai appelé d’urgence dans la nuit le secrétaire général de l’ONU (Ban Ki-moon) pour évoquer la question des réfugiés », a déclaré M. Davutoglu. Indiquant avoir expliqué que l’armée syrienne menait des opérations dans des zones proches de la frontière, provoquant un flot de réfugiés en territoire turc, le ministre a ajouté : « La Turquie a accordé et continuera d’accorder avec tous ses moyens l’hospitalité à ses frères syriens (...) Mais s’il y a un plus grand exode, les Nations unies et la communauté internationale doivent intervenir. » Il n’a pas précisé ce qu’il attend précisément de l’ONU. « La communauté internationale doit jouer un rôle plus clair (...) plus actif », a-t-il insisté, ajoutant : « Ceux qui accordent un délai à Bachar el-Assad doivent comprendre que cette question se transforme en un fléau international. »
(Source : agences et rédaction)
Des dizaines de milliers de Syriens ont manifesté hier à travers le pays contre le régime de Bachar el-Assad, bravant l’important déploiement des forces de l’ordre et les violences.Plusieurs défilés ont eu lieu à Damas et dans de nombreuses villes du pays, en particulier à Qamechli, dans les régions kurdes du nord, et dans la province de Deir ez-Zor, selon des militants. À Alep, deuxième ville du pays, les militants ont évoqué 32 rassemblements. Mais les forces de sécurité ont tiré pour disperser les manifestants à Douma (près de Damas), Hama et Idleb, selon les Comités locaux de coordination (LCC), qui animent la contestation sur le terrain. À Mouadamiyé (près de Damas) et à Hama, des tireurs avaient été déployés sur les immeubles pour dissuader les manifestants. Et dans la ville côtière de Banias, des...
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