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Beyrouth : Pourquoi Achrafieh se transforme en quartier de luxe ?

Urbanisme Explication d’une gentrification.
Anne ILCINKAS | olj.com
06/04/2012

La gentrification est un processus de réhabilitation d’un quartier ancien au terme duquel les habitants initiaux doivent partir, faute de moyens suffisants pour vivre dans leur quartier rénové. Généralement, ces habitants partent vers la périphérie de la ville, alors que des groupes sociaux plus favorisés investissent le quartier réhabilité.

 

La plupart du temps, la gentrification prend la forme d’une réhabilitation, d’une rénovation de bâtiments anciens et de caractère, comme ce fut le cas pour le vieux Damas. Mais  dans certains quartiers de Beyrouth, elle prend une forme plus radicale. A Achrafieh par exemple, la plupart des maisons traditionnelles ne sont pas rénovées, mais détruites, rasées, pour laisser la place à des tours résidentielles très souvent de haut standing.

 

Si des voix s’élèvent contre cette destruction régulière du patrimoine architectural libanais, peu évoquent la dimension sociale du processus, à savoir le déplacement de populations qu’il implique.

 

De ce silence émerge toutefois une voix, celle de Hicham Achkar, chercheur au département d’urbanisme de l’Université libanaise. Au mois de mars dernier, il présentait à l’Institut français du Proche-Orient, son étude sur le rôle de l’État libanais dans la gentrification d’Achrafieh.

 

"Au Liban, c’est un lieu commun de dire que l’État est faible. On se trompe. Il sait très bien défendre les intérêts de l’élite politico-économique qui est à sa tête", constate le chercheur.

 

Sur le terrain, Hicham Achkar dissèque les vielles pierres, la surface des terrasses de certains bâtiments, le nombre d’étages d’autres, les affiches publicitaires des projets immobiliers pour y déceler les conséquences de l’action de l’État.

Reportage en images.

 

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George Sabat

Monsieur Wassim, pourquoi suggerer une taxe speciale, quand la "taxe reguliere" est circonvenue? Si vous aviez lu mon article "Comment recuperer 3 milliards de dollars" dans Opinion, vous auriez remarque qu'on "laisse tomber" chaque annee 1.7 milliard de dollars en droits d'enregistrement de bien-fonds non recuperes. Quand on construit 16 milliards de metres carres qui sont evalues, pour le calcul des droits, au dixieme de leur valeur, voici le resultat. Une fois les droits de 6% duments recuperes, l'Etat pourrait utiliser ces $1.7 milliards dans l'interet du citoyen, soit comme vous le suggerez, soit pour d'autres besoins, tels la Securite Sociale pour tous, la Sante, ou un programme de creation d'emplois, que sais-je? Mais certainement pas, comme a present, pour enrichir encore plus une bande de speculateurs vereux.

SAKR LEBNAN

J'approuve les deux commentaires de Monsieur Henoud Wassim. Logique et justice y prévalent dans tous les deux. __ Mais, où sont la logique et la justice ? Quelles sont cette logique et cette justice ? Qui les détient chez nous ? Qui en profite ? Qui en abuse ? Qui servent-elles ? et d'autres questions certes... Pourriez-vous me répondre, Cher Monsieur Henoud Wassim ? Merci.

Henoud Wassim

Ce qui n'a pu être imposé par le fer et le feu nous sera-t-il imposé par le "diviser pour régner" et les pétrodollars??... Si nos martyrs avaient su ça, se seraient-ils battu pour nous? Quand ceux qui s'accrochaient à leur terre serraient les dents sous la pluie d'obus, où étaient ceux qui chassent aujourd'hui les locataires de chez eux pour démolir et vendre à n'importe qui?
C'est dans ces cas-là qu'on doit se rendre compte que la terre n'appartient pas totalement à son propriétaire mais qu'il y a (Dieu me garde de toute pensée communiste) une propriété nationale, un contrat social, qui impose des contraintes à ceux qui jouissent d'un bien.

Sabbagha Antoine

Seule une nouvelle loi des loyers bien équitable pourra sauver Achrafieh de ces étrangers qui envahissent la région et surtout des étrangers arabes qui créent ce style de balcons vitrés bien fermés pour bien enfermer le harem… D’ailleurs un peu plus bas coté Saifi village ex souk najjarine , on dirait un quartier fantôme ou touts les déplacements se font en catimini . Réveillons nous .


Antoine Sabbagha

GEDEON Christian

Mais mon cher monsieur,poser la question,c'est y répondre...parceque la cupidité libanaise n' a pas de limites...et que beaucoup vendraient père et mère pour une poignée de dollars...tout le reste n'est que littérature...il ne reste rien du vieux Beyrouth,rien du tout...et tout le monde s'y est mis,toutes couleurs politiques confondues...je ne suis certes pas contre la rénovation,un nouveau dessin urbain...il faudrait être stupide...mais là,mais là,on en est très loin...et pendant qu'on amuse le petit peuple avec des querelles de clocher et de minarets,les dirigeants et leurs affidés,toutes options confondues,se partagent le gâteau avec une frénesie qui confine au ridicule...et même pas en faisant travailler des Libanais...Ho,Libanais de toutes tendances,réveillez vous...arrêtez de faire allégeance à ces "gens là"!

Henoud Wassim

Il faut imposer, oui imposer, une taxe spéciale sur toutes les nouvelles habitations à Beyrouth. Une taxe qui servirait à la ville de Beyrouth à acquérir des terrains au coeur de la ville et de chacun de ses quartiers, et y construire des habitations à loyer modéré, et même des commerces à loyer modéré, de manière à permettre d'enraciner dans leur ville ceux qui ont tant donné pour qur reste Beyrouth. Singapour l'a fait avec succès, Paris essaie de le faire avec plus ou moins de succès. C'est un devoir pour la communauté de se solidariser en ce sens, et un droit pour le citoyen de rester dans son environnement.

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