Je ne sais pas vous, mais moi, de jour en jour, j’ai l’impression d’être dans un vaisseau spatial sans pilote qui se dirige vers le crash final. Le Liban a un gouvernement mais pas de gouvernail, un appareil judiciaire mais aucun respect des lois. L’impunité est en marche, machine inébranlable qui écrase tout sur son passage. On tabasse, insulte, vocifère, empoisonne, viole et tue sans aucune peur. Qui va oser dire quoi ? Le peuple est trimbalé, ridiculisé, piétiné et surtout soumis à des aberrations sans nom avec lesquelles on ne peut définitivement pas faire une nation. Les Libanais sont déçus, désenchantés et découragés. 14 ou 8, le débat ne se situe même plus là pour la plupart d’entre nous qui n’ont définitivement plus envie ni de l’un ni de l’autre. Alors on fait quoi ? Est-ce qu’un jour le peuple libanais dans toutes ses composantes va s’unir et juste dire « ça suffit ! » face aux couleuvres qu’on nous fait avaler depuis longtemps ? On n’a pas d’essence, pas d’électricité, pas d’eau, aucune sécurité et surtout aucune perspective souriante d’avenir. Au sein du gouvernement et ailleurs, n’importe qui fait n’importe quoi et malgré quelques protestations qui ne rassemblent plus que quelques centaines de personnes, le peuple n’a même plus la force de se mobiliser. Le pire, c’est qu’aux prochaines législatives, on va réélire les mêmes, ceux-là mêmes qui ont fait de notre pays un chaos et de nos vies un enfer. Comment en est-on arrivé à cette autodestruction planifiée, nous qui sommes loués pour notre formidable appétit de vivre ? Comment en est-on arrivé à cette résignation générale, nous qui sommes loués pour notre formidable esprit d’initiative ? Messieurs et mesdames les psychologues, les psychiatres et les psychanalystes de mon pays, je vous conjure de vous pencher au plus vite sur notre cas tant notre quotidien est devenu aberrant et que la folie guette tout le monde. Il n’y a qu’à voir les crises d’hystérie qui se suivent et qui sont filmées par des témoins ébahis, dans la rue, dans les avions, sur les plateaux de télé, pour comprendre que le peuple n’en peut plus et que les valeurs qui ont longtemps fait la spécificité de la société libanaise ne sont plus une référence. En vérité, je vous le dis, à force d’avaler des horreurs, on est devenu monstrueux.
Je ne sais pas vous, mais moi, de jour en jour, j’ai l’impression d’être dans un vaisseau spatial sans pilote qui se dirige vers le crash final. Le Liban a un gouvernement mais pas de gouvernail, un appareil judiciaire mais aucun respect des lois. L’impunité est en marche, machine inébranlable qui écrase tout sur son passage. On tabasse, insulte, vocifère, empoisonne, viole et tue sans aucune peur. Qui va oser dire quoi ? Le peuple est trimbalé, ridiculisé, piétiné et surtout soumis à des aberrations sans nom avec lesquelles on ne peut définitivement pas faire une nation. Les Libanais sont déçus, désenchantés et découragés. 14 ou 8, le débat ne se situe même plus là pour la plupart d’entre nous qui n’ont définitivement plus envie ni de l’un ni de l’autre. Alors on fait quoi ? Est-ce qu’un jour le...
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