Une commission tripartite, composée de Dory Chamoun, Marwan Hamadé et Élias Atallah, a été formée pour commencer à préparer les élections et tenter de restructurer et élargir le 14 Mars. L’idée qui circule le plus est de permettre au 14 Mars d’avoir des listes unifiées sur l’ensemble du territoire libanais, avec une même machine électorale pour préciser l’objectif et radicaliser la campagne de manière à ce que le choix soit clair et simple pour les électeurs. De même, le critère du choix des candidats dont les noms figureront sur les listes du 14 Mars devrait être leur popularité auprès des électeurs et non les relations personnelles avec les piliers du 14 Mars. Enfin, la commission tripartite cherche à doter les listes du 14 Mars d’un programme commun unifié qui se consacre à la préparation de l’après-Assad et à la construction d’un nouvel avenir dans le monde arabe. En effet, les proches du 14 Mars sont convaincus que d’ici à mai 2013, la situation devrait être tranchée en Syrie en faveur du départ du régime sauf si, pour une raison ou une autre, les solutions politiques échouent, auquel cas le pays serait plongé dans une guerre civile.
À ce niveau, les débats sont ouverts au sujet des différentes possibilités. Certains estiment à cet égard que l’émergence d’un nouveau régime en Syrie avant la date des législatives au Liban est favorable au 14 Mars et permettra à ce mouvement de les remporter haut la main, lui ouvrant la voie à l’élection d’un nouveau président de la Chambre, d’un nouveau Premier ministre, avec un gouvernement au sein duquel il aura la majorité des membres, et d’un nouveau président de la République en 2014. Avec cette nouvelle réalité, la démocratie libanaise sera revigorée et la vie politique se fera sur des bases saines.
D’autres, au contraire, estiment que la naissance d’un nouveau régime en Syrie fera perdre au 14 Mars son principal slogan basé sur l’hostilité au régime totalitaire. Il lui sera alors difficile de mobiliser les électeurs autour d’un slogan rassembleur. Les divergences entre les Libanais seront ainsi moins radicales et il sera difficile pour le 14 Mars de former des listes unifiées alors que le courant centriste devrait prendre de l’ampleur et rafler une partie importante des sièges parlementaires, puisque le 14 Mars n’aura plus en quelque sorte de motif de lutte...
En attendant de savoir quelle version aura le plus de chances de se vérifier sur le terrain, la question qui se pose à ceux qui préparent déjà les élections de 2013 est la suivante : les différents partis, groupes et personnalités impliqués dans le 14 Mars accepteront-ils de s’inscrire dans des listes unifiées et de se soumettre à la décision d’une sorte de « conseil national du 14 Mars » qui superviserait les élections et dirigerait la machine électorale du mouvement ?

