M. Ahdab a commencé par rappeler que la Rencontre de la modération civile s’est fixé pour objectif d’atténuer les tensions internes, de gérer les différends entre les factions locales « par des voies politiques, loin des tensions sécuritaires », le but immédiat recherché étant d’empêcher que la violence qui s’est emparée de la Syrie ne se transpose au Liban. M. Ahdab a précisé qu’il a entrepris une série de contacts dans ce cadre avec les hauts responsables officiels, dont notamment le président de la République, Michel Sleiman, ainsi qu’avec des représentants des différentes factions locales, toutes tendances confondues.
L’ancien député a souligné la nécessité sur ce plan d’entendre la voix de « la majorité silencieuse non armée qui considère que son seul salut réside dans l’État et ses institutions sécuritaires et militaires ». M. Ahdab a toutefois souligné que « ces institutions sont censées relever de l’autorité de l’État et ne pas être soumises à l’influence d’une autre instance locale ou régionale, comme c’est le cas aujourd’hui ». « Elles ne devraient pas aussi être soumises au bon vouloir de leur chef ou de certains de leurs officiers, dont certains estiment qu’ils sont plus importants que le poste qu’ils occupent et que leur intérêt prévaut sur celui du pays », a ajouté Misbah Ahdab. L’ancien député a mis l’accent dans ce cadre sur « l’échec de la formule mise en place depuis 2008 et qui était basée sur le partage des différents services de sécurité entre les factions politiques présentes sur la scène locale ».
M. Ahdab a ensuite exposé la teneur de son initiative en vue de la sauvegarde de Tripoli. Cette initiative est fondée sur les points suivants : le meilleur que l’on pourrait assurer aujourd’hui à la révolution syrienne est de maintenir la stabilité au Liban en accordant la priorité à l’aide aux réfugiés syriens ; l’adoption d’une décision politique sans équivoque au niveau du gouvernement afin de rétablir l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire libanais de manière à limiter toute présence armée à la seule autorité étatique ; ce dernier objectif étant difficilement réalisable à l’échelle de tout le Liban, il est impératif de le concrétiser au niveau de Tripoli et du Liban-Nord afin de maintenir la sécurité dans cette région et de mettre un terme à la lutte d’influence entre les services sécuritaires; rétablir la crédibilité des institutions militaires et sécuritaires en les tenant à l’écart des allégeances politiques, partisanes et personnelles se rapportant à certains officiers et chefs ; il est nécessaire de procéder à des mutations et des permutations au sein de la direction des renseignements de l’armée et de la branche de sécurité des FSI afin de rectifier le tir au niveau de leur action sur des bases nationales et institutionnelles ; établir une formule de coordination entre les différents services de sécurité ; déployer les forces sécuritaires sur l’ensemble du territoire national.
En conclusion, M. Ahdab a mis l’accent sur l’importance d’une politique rationnelle de développement dans le cadre des efforts visant à consolider la sécurité dans le pays. Il a évoqué dans ce cadre les problèmes de pauvreté et de chômage auxquels est confrontée Tripoli.


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