Le chef de l’État s’entretenant avec le Premier ministre irakien. Photo Dalati et Nohra
Un accueil officiel a été réservé au chef de l’État qui a été reçu à sa descente d’avion par le Premier ministre irakien, Nouri el-Maliki, ainsi que par les ministres irakiens des Affaires étrangères et de l’Environnement, le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil el-Arabi, et un certain nombre d’ambassadeurs arabes.
Dans le discours qu’il a prononcé au sommet, M. Sleiman a d’emblée souligné la nécessité d’adopter des décisions « sages et courageuses ». Dans ce cadre, il a établi une distinction entre deux genres de résolutions, permettant cependant d’atteindre un même objectif : « Les résolutions adoptées au niveau de chaque État, en prenant en considération la souveraineté et les exigences de la bonne gouvernance, pour satisfaire les revendications légitimes des peuples, loin de tout extrémisme et violence et les résolutions prises au niveau arabe, à chaque fois que se fait sentir le besoin d’une réflexion et de décisions communes, permettant de neutraliser les dangers auxquels la nation arabe fait face. »
Le chef de l’État s’est ensuite arrêté sur les soulèvements successifs dans le monde arabe « qui ont fait renaître l’espoir d’une aube nouvelle de liberté et de démocratie, permettant une alternance pacifique et périodique du pouvoir et favorisant les opportunités d’investissement et de progrès économique et social ». Il a dans le même temps mis l’accent sur « les craintes liées aux phases de transition dans certains pays arabes dans la mesure où elles sont marquées par des divisions et des dangers de dérive vers les excès et les autocraties ». Ces craintes, a poursuivi le président, « commandent aux leaders et aux intellectuels d’avoir une vision claire des meilleurs choix et des lignes directrices à suivre pour assurer les intérêts des États arabes et préserver leur stabilité et leur unité. »
« La diversité dans l’unité »
Pour atteindre ces objectifs, il a préconisé « un engagement en faveur d’une arabité démocratique réelle, des règles de bonne gouvernance fondées sur la citoyenneté et l’égalité, ainsi qu’une préservation de la diversité dans le cadre de l’unité au sein de sociétés plurielles ». « Cela suppose l’application de la démocratie de manière permettant de préserver les composantes humaines de l’arabité, représentées par les différentes communautés présentes depuis des siècles sur cette terre, en les autorisant par voie de conséquence à participer à la vie politique et à la gestion des affaires publiques de manière juste et équilibrée », a poursuivi M. Sleiman, qui a rappelé la contribution de toutes ces composantes au développement arabe.
Il a insisté sur le fait que « la diversité peut être une source de richesse et non pas de divisions, et une garantie pour l’unité et le respect des spécificités ». « C’est ce qu’il y a de plus proche aux droits de l’homme », a-t-il insisté, en mettant en relief l’exemple de la diversité et de la démocratie au Liban.
Plaidant vigoureusement en faveur de la démocratie, le chef de l’État a relevé que « la mondialisation, le développement des télécommunications et le mouvement d’émigration imposent à un grand nombre d’États de nouvelles réalités au niveau de la diversité et un besoin de réviser leur concept et leur pratique de la démocratie pour que celle-ci soit plus associative et consensuelle ».
L’initiative arabe de sortie de crise
M. Sleiman s’est ensuite arrêté sur le dossier syrien, rappelant la position libanaise à cet égard. Il a exprimé l’espoir que « les efforts déployés (pour régler la crise syrienne) ainsi que la mission de l’émissaire de l’ONU, Kofi Annan, déboucheront sur une solution politique et consensuelle, sur base de l’initiative arabe de sortie de crise, pour parvenir à un arrêt de la violence, à la réalisation des réformes et au passage vers la démocratie, souhaitée par les Syriens, afin que la Syrie puisse recouvrer sa stabilité et son rôle » au sein du monde arabe.
Le chef de l’État a ensuite mis en garde contre l’exacerbation de tension dans le Golfe, en relevant que celle-ci commence à menacer la sécurité et la paix internationales. Il a appelé à une unité des rangs et à une conjugaison des efforts pour privilégier le dialogue et le langage de la raison, avant de mettre l’accent sur « la nécessité de suivre le dossier palestinien », en déplorant « l’indifférence de la communauté internationale face aux agressions israéliennes contre Gaza, la judaïsation de Jérusalem et la poursuite de la politique de colonisation ».
Entretiens bilatéraux
Le chef de l’État a participé au déjeuner officiel donné par son homologue irakien, Jalal Talbani, en l’honneur des chefs des délégations participant au sommet. Il a tenu en marge du sommet une série de réunions bilatérales, s’entretenant notamment avec le président du Parlement irakien, Oussama Najfi, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, l’émir du Koweït, cheikh Sabah al-Ahmad al-Jaber al-Sabah, le président du Conseil libyen de transition, Moustapha Abdel Jalil, ses homologues soudanais, Omar Hassan el-Bachir, et tunisien, al-Mounsef Marzouki, ainsi qu’avec le Premier ministre jordanien, Aoun al-Khawasna, et le ministre bahreïni des Affaires étrangères, cheikh Khaled ben Ahmad al-Khalifa.
Il devait regagner en soirée Beyrouth. Dans une déclaration à la presse à l’aéroport, il a fait état d’une volonté de travail commun au niveau arabe, estimant cependant qu’« il est nécessaire de déployer davantage d’efforts pour édifier un réseau arabe ». Et d’expliquer : « Il ne suffit pas de se réunir périodiquement et d’adopter des résolutions. Il faut les suivre, notamment pour ce qui a trait à la complémentarité économique arabe et au bien-être des peuples » de la région.


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