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Liban - Le Commentaire

La neutralité, seule voie de salut

Les Libanais sont radicalement divisés sur deux questions principales : la situation en Syrie et les armes du Hezbollah. Aussi bien les sommets spirituels islamo-chrétiens que les rencontres politiques ont en effet échoué à trouver un dénominateur commun entre les différentes parties sur ces deux dossiers, qui polarisent de la même manière hommes politiques que dignitaires religieux.


Les Libanais, chrétiens et musulmans, sont-ils capables, partant, de parvenir à un accord qui mettrait fin à ce clivage ? La question s’impose.


Pour un homme politique chevronné qui a été témoin de bon nombre de pommes de discorde depuis l’indépendance, le clivage sur la crise syrienne qui oppose les partisans du régime syrien à ses adversaires peut être résolu par un accord sur une politique saine de – véritable – « mise à l’écart » totale du pays vis-à-vis des événements syriens. En pratique, cela signifierait que le Liban adopterait une position de neutralité, non plus seulement par rapport à la crise syrienne, mais par rapport aux événements qui se produiraient dans tous les pays arabes et occidentaux, conformément à l’appel dans ce sens du patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, de son prédécesseur, Mgr Nasrallah Sfeir, et de beaucoup de leaders chrétiens.


Il aurait ainsi été possible, souligne cet homme politique, que, dans une première étape, le Liban devienne un centre pour le dialogue des religions, des civilisations et des cultures, en écho aux propositions de tant de personnalités libanaises ces dernières années, notamment les présidents Sleimane Frangié et Amine Gemayel, ou, tout récemment, le président Michel Sleiman. Cependant, ces propositions sont restées jusqu’à présent sans aucune traduction, alors qu’il suffirait d’un projet de loi adopté par le Conseil des ministres, puis retransmis à l’ONU...


Il est évident qu’il n’y a qu’une neutralisation du Liban, ou une politique de neutralité, qui pourrait garantir l’unité interne de ce pays, consolider sa pérennité politique, sécuritaire et économique et la convivialité. Sans cela, les Libanais resteront toujours divisés entre Orient et Occident ou entre tel ou tel camp, comme c’est le cas maintenant avec la crise syrienne, chaque partie affirmant d’un ton péremptoire que la majorité (du peuple syrien, dans ce cas) est avec elle. Le cas s’est posé tellement de fois depuis les Britanniques et les Français jusqu’aux forces palestiniennes et syriennes... Il est clair que dès qu’une partie libanaise se positionne au côté d’une partie arabe ou internationale, l’autre partie se range automatiquement auprès d’un autre camp arabe ou international. Et il est impossible de sortir de cet état de fait autrement qu’en adoptant une politique de neutralité vis-à-vis de tous, sauf Israël, en attendant que la paix globale soit réalisée.


La question des armes du Hezbollah, qui divise tout autant les Libanais, ne peut, elle, être résolue que par le dialogue. La question qui se pose est la suivante : les Libanais veulent-ils d’un État fort qui établirait sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire et qui ne partagerait pas son monopole de la violence légitime avec une autre entité ? Cette question reste pour l’instant sans réponse, et tous les sommets les plus variés n’arrivent pas à régler ce problème. Pis, le mal se répand rapidement dans l’organisme libanais. C’est pourquoi il est nécessaire que les chefs spirituels et les leaders politiques prennent position en faveur d’une neutralité ou d’une neutralisation du Liban, en prenant des mesures concrètes dans cette direction, car seule la neutralité peut extirper le Liban de la politique des axes. Il est tout aussi nécessaire de prendre position au sujet de l’arsenal du Hezbollah, car le monopole de la violence légitime doit rester entre les mains exclusives de l’État. Car il faut choisir entre la logique de l’État, et le retour des mini-États et des armes qui seront de nouveau entre les mains de tous, aucune communauté n’acceptant qu’une autre puisse posséder le monopole des armes.

Les Libanais sont radicalement divisés sur deux questions principales : la situation en Syrie et les armes du Hezbollah. Aussi bien les sommets spirituels islamo-chrétiens que les rencontres politiques ont en effet échoué à trouver un dénominateur commun entre les différentes parties sur ces deux dossiers, qui polarisent de la même manière hommes politiques que dignitaires religieux.
Les Libanais, chrétiens et musulmans, sont-ils capables, partant, de parvenir à un accord qui mettrait fin à ce clivage ? La question s’impose.
Pour un homme politique chevronné qui a été témoin de bon nombre de pommes de discorde depuis l’indépendance, le clivage sur la crise syrienne qui oppose les partisans du régime syrien à ses adversaires peut être résolu par un accord sur une politique saine de – véritable – « mise à...
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