Un des objectifs de l’organisation est de « faire du Liban un exemple de respect et de tolérance, au lieu d’être le miroir de toutes les tensions qui se produisent dans son voisinage », explique Fady Bustros.
Fondée en 2007 fort loin du Liban, à Washington DC, la Lebanon Renaissance Foundation (LRF) pourrait compter parmi les ONG les plus influentes sur le terrain libanais.
Présidée par Charles al-Hage, (ex-directeur général de Booz and Co), et comptant dans ses rangs les anciens ministres Tarek Mitri, Jihad Azour, ainsi que Élie Khoury, la LRF n’évalue pas ses projets à moins de 35 millions de dollars pour les six années à venir.
Projets portant sur d’ambitieux desseins, parmi lesquels : « Faire du Liban un exemple de respect et de tolérance, au lieu d’être le miroir de toutes les tensions qui se produisent dans son voisinage, le tout dans le cadre d’une approche ni partisane ni confessionnelle », résume Fady Bustros, directeur de la communication et des relations publiques de la fondation.
Pour ce faire, il s’agit pour la LRF de sortir le Liban d’une spirale infernale dans laquelle il se trouve depuis plusieurs décennies : les interférences régionales aggravent la faiblesse de ses institutions internes, lesquelles accentuent encore plus la vulnérabilité aux acteurs régionaux.
Le public, lui, n’aurait tendance qu’à percevoir les problèmes liés aux influences régionales, négligeant le poids des facteurs internes.
« Nous ne tenons à remplacer aucune ONG au Liban, nous les encourageons, au contraire, à travailler de concert, un des problèmes étant que dès qu’une ONG libanaise atteint une certaine envergure, elle fait cavalier seul », précise Fady Bustros. L’association estime que tout progrès global au Liban doit cibler trois composantes : les décideurs politiques, à qui il convient de soumettre des solutions issues de la matière grise ; la société civile, ensuite, ce qui correspond au travail associatif en partenariat avec les autres ONG ; enfin, vient le domaine de la sensibilisation du public, celui vers lequel la LRF oriente l’essentiel de ses fonds et de son énergie. Ce dernier domaine initie un « changement de conscience » représentant l’objectif principal de la fondation.
Des projets massifs
C’est dans cet état d’esprit qu’une audacieuse campagne est en cours depuis décembre. Prévoyant de brasser quelque 700 000 dollars d’ici à juillet, la fondation planche sur un projet de sensibilisation du public absolument inédit : diffuser sur quatre chaînes libanaises, en « prime time », des messages réalisés par des publicitaires, à la fois courts et percutants, jouant sur le registre comique ou fantastique. « Le but est d’amener le téléspectateur à une conscientisation subite » à même de le pousser à une interrogation du type « mais pourquoi diable n’ai-je pas ceci dans mon pays ? » explique Fady Bustros.
Sur ce domaine de prédilection qu’est la sensibilisation du public, la LRF prépare également un projet éducatif avec les jeunesses des différents partis politiques (tous seront conviés).
L’idée est née d’un constat : la politique s’est réduite à une arène où s’affrontent des pouvoirs rivaux, et les jeunesses des partis répètent ce schéma stérile dans leurs débats, « tels les clones des chefs de parti », déplore Fady Bustros.
Une réflexion novatrice
Un vaste enseignement de type « cours de second cycle » sur six mois (portant sur les valeurs partagées par l’Orient et l’Occident, celles qui ne le sont pas, les systèmes politiques dans le monde, les textes fondamentaux de la démocratie...) sera dispensé aux jeunes des partis répondant à l’appel, afin d’inciter la future génération politique à « mieux se connaître, mieux s’écouter », espère le directeur de communication de la LRF.
Sur le volet politique, un tout aussi vaste projet, estimé à 800 000 dollars, ambitionne d’ouvrir une réflexion novatrice sur la question de la décentralisation.
Là encore, ce sont le pragmatisme et l’attachement à un débat dépassionné qui prévalent : ayant recueilli tous les travaux déjà entrepris sur le sujet, il s’agira d’étudier la faisabilité de la décentralisation, mais dans des termes techniques et concrets, loin de toutes les considérations partisanes et idéologiques qui parasitent habituellement ce débat. Une campagne d’information est également prévue pour tenir le public informé. « Rien ne sert de se cloîtrer dans une recherche académique et technocratique sans partager avec le public », estime Fady Bustros.
Un projet anticorruption, enfin, en partenariat avec la Lebanese Transparency Association, donnera ses lettres d’honneur au volet « civil » de la fondation, avec la mise en service d’une hot line, ouverte 12/24 à toute victime de corruption. Le requérant sera alors pris en charge gratuitement et pourra éventuellement transmettre une accusation aux autorités concernées et obtenir une représentation juridique quelconque.
Des donateurs ciblés à l’avance
Mais d’où proviennent les fonds à même de financer des projets si coûteux ? La fondation a procédé par élimination : « La classe politique ne va pas changer d’elle-même les équilibres qui ont contribué à la mettre en place. Quant à l’intérêt de la communauté internationale, il ne va pas aller très loin parce qu’il est mû par des objectifs essentiellement tactiques. Restait donc les contributeurs privés et la diaspora, qui représentent la meilleure garantie, en termes de durée dans l’effort », conclut Fady Bustros.
Finançant des projets élevés à l’échelle libanaise, la fondation recherche des dons tout aussi massifs (de 5 000 à 500 000 dollars), d’où un fastidieux travail de recherche sur une base de données collectées pendant des mois, avant de contacter les éventuels donateurs.
L’atout du statut d’ONG américaine
Un personne sur dix répond favorablement à la demande de rendez-vous au Liban, contre quatre sur dix à Londres ou Paris en raison sans doute des mauvaises expériences des donateurs avec des ONG libanaises. Les donateurs voyaient en effet leurs dons finalement inutilisés ou gaspillés, du fait de l’absence de contrôle réel sur les comptes des ONG au Liban, souligne le directeur de la communication et des relations publiques de la LRF.
C’est dans ce contexte que réside tout l’avantage du statut d’ONG américaine. « Les procédures drastiques mises en place par le fisc américain pour contrôler les ONG américaines constituent une garantie de crédibilité pour nos contributeurs », relève M. Bustros.
Mieux encore, la LRF bénéficie d’un statut d’exemption fiscale aux États-Unis. Tout donateur américain jouit ainsi d’une exonération fiscale de 40 %, un facteur incitatif déterminant, selon M. Bustros.
Sa localisation à Washington DC, enfin, ainsi qu’un partenariat avec un think tank démocrate (l’Aspen) offrent une force supplémentaire à la LRF. Le voisinage des grands centres décisionnels américains facilitant le lobbying et la LRF peut faire valoir les intérêts du gouvernement libanais auprès des autorités américaines.
À titre d’exemple, « quand des voix s’élèvent aux États-Unis contre l’octroi d’aides à l’armée libanaise, invoquant la présence du Hezbollah au sein de notre gouvernement, nous sommes en mesure de faire pression pour que ces aides soient maintenues », affirme Fady Bustros.
Entre l’envergure de ses projets, sa capacité à les financer, et sa présence sur le territoire de la première puissance du monde, il y a décidément fort à parier que l’ambitieuse Lebanese Renaissance Foundation fasse parler d’elle dans les prochaines années.
Présidée par Charles al-Hage, (ex-directeur général de Booz and Co), et comptant dans ses rangs les anciens ministres Tarek Mitri, Jihad Azour, ainsi que Élie Khoury, la LRF n’évalue pas ses projets à moins de 35 millions de dollars pour les six années à venir.
Projets portant sur d’ambitieux desseins, parmi lesquels : « Faire du Liban un exemple de respect et de tolérance, au lieu d’être le miroir de toutes les tensions qui se produisent dans son voisinage, le tout dans le cadre d’une approche ni partisane ni confessionnelle », résume Fady Bustros, directeur de la communication et des relations publiques de la fondation.
Pour ce faire, il...


Excellente Idee
12 h 24, le 29 mars 2012