Il n’empêche, le chef de l’État, qui sera accompagné des ministres des Affaires étrangères Adnane Mansour (déjà dans la capitale irakienne) et de l’Économie, Nicolas Nahas, a tenu à faire lui-même le déplacement, sans hésiter, malgré le danger que représente Bagdad. Les autorités irakiennes, qui ont prévenu de ces dangers sans rien cacher de leur réalité, ont imposé des mesures de sécurité jamais vues, carrément à l’échelle mondiale : plus de 100 000 soldats seront mobilisés avec leurs véhicules dans et autour de l’hôtel al-Rashid.
Michel Sleiman prononcera un discours « important » jeudi, axé sur le rôle de la Ligue arabe et sur la nécessité d’accélérer le règlement de la crise syrienne afin que la Syrie retrouve son poids régional et que cesse la violence sur base du dialogue entre le pouvoir et l’opposition. Il insistera notamment sur l’importance du pluralisme dans la région et de l’avancée vers la démocratie.
Un ministre participant au sommet et qui a requis l’anonymat s’est plaint de l’absence délibérée de chefs d’État à l’heure où les ministres des Affaires étrangères du CCG ont assisté à huit réunions ordinaires ou extraordinaires consacrées à la crise syrienne. Il faut dire qu’aux côtés du président Sleiman, seuls seront présents à Bagdad l’émir du Koweït, le roi de Jordanie, ainsi que les présidents soudanais, tunisien, yéménite, somalien, djiboutien et comorien (les trois derniers ont été amenés à Bagdad à bord d’avions privés loués par le gouvernement irakien...), sans compter le président palestinien et le chef du CNT libyen.
Ce même ministre juge en outre qu’un sommet sans la Syrie « n’est pas un sommet, surtout que c’est elle qui est visée par des complots et qu’elle continue de vivre des combats sanglants malgré l’initiative arabe qui avait appelé à un cessez-le-feu immédiat ». En attendant, de très importants sujets, comme la Palestine et les négociations de paix, sont gelés. Il serait primordial donc que le sommet arabe de Bagdad puisse accoucher de mesures efficaces visant, notamment, à limiter la colonisation de Jérusalem. Et en ce qui concerne le Liban, les Arabes répéteront leur soutien à la fin de l’occupation israélienne de parcelles du territoire libanais et pour davantage de pressions sur l’État hébreu afin qu’il cesse ses violations répétées de la résolution 1701 de l’ONU.


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