« Ceux qui pensent qu’il est toujours possible d’arriver à un compromis avec la minorité familiale, qui a établi sa mainmise sur le potentiel économique et financier de la Syrie, et qui s’est livrée à un usage abusif de la violence – laquelle a pris des formes de folie furieuse avec le pilonnage par des avions et des chars d’un peuple sans défense – se bercent d’illusions. C’est comme si dans cette insistance à utiliser la violence, il y avait une intention d’impliquer la Syrie dans une guerre civile, ce que toutes les composantes du peuple syrien, y compris la communauté alaouite, ne souhaitent pas », a affirmé M. Joumblatt à partir d’Istanbul, où il a pris part au congrès de l’Internationale socialiste.
« Il est étrange que l’initiative de la Ligue arabe, dont la tâche initiale était d’élaborer une feuille de route pour sortir de la crise, mettre fin à la violence perpétrée par le régime, retirer l’armée des villes, obtenir la libération des détenus politiques et faire la lumière sur les milliers de disparus, se soit réduite au niveau d’une demande de cessez-le-feu de deux heures par jour ! » a poursuivi le chef du PSP.
« Est-ce le maximum de ce que la communauté internationale peut faire ? Est-il logique que la tâche de l’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe,visant à parvenir à un règlement politique pour une solution de transition qui sortirait la Syrie de sa crise et la libèrerait du régime actuel, se transforme en une demande de cessez-le-feu pour sécuriser le passage d’une ambulance ou obtenir une aide médicale et alimentaire – aussi importante soit-elle pour le peuple syrien sinistré ? » a ajouté Walid Joumblatt. Et de souligner : « Faut-il comprendre de la déclaration du président Dmitri Medvedev qu’il veut donner au peuple syrien le choix entre un compromis avec le régime actuel ou la guerre civile ? Est-ce le maximum que la Russie ait à offrir ? »
« Il est temps que prennent fin certaines déclarations faites par les analystes stratégiques de Moscou qui théorisent pour prendre la défense du régime syrien à tout prix, au lieu de reconnaître les sacrifices quotidiens consentis par le peuple syrien, qui va au-devant de la mort pour aboutir à la liberté, la dignité et la démocratie. Qu’est-ce qui donnerait satisfaction au ministre Lavrov, ce ministre des Affaires étrangères chevronné qui est familier de la politique étrangère dans la région, qui a exprimé sa crainte de ce qu’il a qualifié de domination sunnite en Syrie, alors qu’il existe un pluralisme en Syrie et que les revendications justes du peuple syrien portent sur la liberté ? Faut-il que les pays arabes changent d’identité religieuse ? » s’est interrogé Walid Joumblatt.
« Le fait de satisfaire les revendications des peuples arabes à majorité sunnite ne se répercuterait-il pas positivement sur certaines des anciennes républiques soviétiques à majorité sunnite ? Le dernier discours des Frères musulmans de Syrie insiste sur la modération, la diversité, le pluralisme, la volonté de coexistence et l’égalité, et les cas de l’Égypte et de la Tunisie mettent en relief cette orientation. Pourquoi donc susciter un sentiment de peur à l’égard des courants islamistes ? Les propos des Frères musulmans se caractérisent par l’approche positive et l’ouverture, et méritent tous les éloges, l’appréciation et l’encouragement », a-t-il noté.
Le chef du PSP a par ailleurs appelé à la protection des opposants et des réfugiés syriens au Liban, estimant qu’il était nécessaire de leur fournir de l’aide et de leur garantir la liberté d’expression.
M. Joumblatt a en outre condamné fermement les tueries de Toulouse et de Montauban, dénonçant toute forme d’extrémisme, « qui ne sert en définitive que l’extrémisme et la montée aux extrêmes », a-t-il dit. « Ce genre d’actions détournent les yeux de la cause essentielle, qui est l’édification de l’État palestinien indépendant et le retour des réfugiés », a-t-il souligné. M. Joumblatt a adressé sur ce plan ses condoléances au président Nicolas Sarkozy et au chef de la diplomatie Alain Juppé dans un télégramme, condamnant les actes du tueur de Toulouse/Montauban.
Commentant, par ailleurs, la récente visite du chef des programmes de sanctions du Trésor américain, David Cohen, au Liban, Walid Joumblatt a dit « soutenir les sanctions contre le régime syrien en gardant à l’esprit les différends entre l’administration américaine et le Hezbollah ». M. Joumblatt a toutefois refusé que les fonds des Libanais dans le monde soient visés.


VOLONTÉ POPULAIRE LIBANAISE : DIALOGUE ! ENTENTE ! UNITÉ ! ___ Les Russes ? Ils cherchent le marchandage. Concessions contre Consessions, et tout ira pour le mieux. En Georgie, en Turquie, en Bulgarie et en Ukraine, plus certains avantages dans les pays du centre asiatique.
04 h 48, le 27 mars 2012