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Cinema- - Images Impressionnantes

« Big Fish », ou le poisson d’immortalité de Tim Burton

Billy Crudup portant Albert Finney dans « Big Fish ».

À travers une histoire simple et tristement banale, puisqu’il s’agit d’un jeune homme qui accourt au chevet de son père mourant, Tim Burton a pu faire de cette adaptation du livre de Daniel Wallace un conte à la fois très humain et épique. « Ce qui m’a frappé dans le scénario de Big Fish, dit le réalisateur d’Edward aux mains d’argent, c’est l’équilibre entre l’ampleur épique des contes et l’histoire plus simple et intimiste de cette famille. J’ai aimé ce mélange. La difficulté était de maintenir cet équilibre lors de la visualisation de l’histoire. »


« Un homme raconte au cours de sa vie tellement d’histoires qu’il devient ses propres histoires ». Elles lui survivent, le rendant ainsi immortel. Dans ce récit à la fois drôle et poignant d’Edward Bloom, William, qui souhaite mieux connaître son papa et découvrir ses secrets avant qu’il ne soit trop tard, tentera de discerner le vrai du faux dans les propos débordants d’imagination de son père mourant. Jusqu’au bout du film Will, étant très sceptique, ne rentre pas dans le jeu de son père, du moins ce qu’il croit être un jeu. Ce n’est que cette scène finale qui résume toute cette non-différenciation entre réel et fantastique dont parlait le film depuis le début. Un aller-retour entre l’histoire et la réalité que va entretenir le cinéaste.


C’est donc la scène de l’hôpital qui marque l’entrée du fils dans l’univers imaginaire du père. Comment Tim Burton va-t-il déclencher le « go » ? Uniquement par un système d’éclairage. En effet, les teintes froides et bleutées de l’hôpital alternent avec des couleurs intenses qui marquent le monde surnaturel chez Burton, alors même que la voix off du fils raconte l’ultime épisode de la légende du papa.


Accélération du rythme et parallélisme entre deux mondes éteints et vifs, et c’est enfin la vue du géant qui ouvre la voie en indiquant qu’il n’y a plus possibilité de retour. On rentre donc directement dans la sphère du conte fantastique. « Cette longue séquence haletante tournée en Steadicam fait succéder des plans d’ensemble, d’une part, plans rapprochés des spectateurs et plans à deux de Will portant Ed dans ses bras, de l’autre ». L’immersion dans l’eau est certes une évocation de ce gros poisson dont parlait le père, mais également une sorte de baptême pour une nouvelle naissance. Ainsi, contrairement à la scène conventionnelle de la religion chrétienne où le papa porte son bébé vers les fonds baptismaux, c’est le contraire qui se passe ici. C’est le fils qui porte son père. Devant le regard et les applaudissements de tous ces personnages fictionnels (ou réels) inspirés de ceux de Fellini : clowns, nains, géants, femme à deux têtes et autres caractères hybrides. Encore un hommage d’un grand à un autre grand. Une influence dont Burton ne s’est jamais caché mais a toujours revendiquée.


À travers une histoire simple et tristement banale, puisqu’il s’agit d’un jeune homme qui accourt au chevet de son père mourant, Tim Burton a pu faire de cette adaptation du livre de Daniel Wallace un conte à la fois très humain et épique. « Ce qui m’a frappé dans le scénario de Big Fish, dit le réalisateur d’Edward aux mains d’argent, c’est l’équilibre entre l’ampleur épique des contes et l’histoire plus simple et intimiste de cette famille. J’ai aimé ce mélange. La difficulté était de maintenir cet équilibre lors de la visualisation de l’histoire. »
« Un homme raconte au cours de sa vie tellement d’histoires qu’il devient ses propres histoires ». Elles lui survivent, le rendant ainsi immortel. Dans ce récit à la fois drôle et poignant d’Edward Bloom, William, qui souhaite mieux...
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