Avant le début de la révolte et de la répression en Syrie, les magazines de papier glacé présentaient Asma el-Assad comme une femme élégante, éduquée, d’une intelligence vive, pétrie d’idées réformatrices capables d’orienter la Syrie vers des réformes démocratiques.
Il y a peu de temps encore, les magazines de papier glacé présentaient Asma el-Assad comme une femme élégante, éduquée, d’une intelligence vive, pétrie d’idées réformatrices capables d’orienter la Syrie vers des réformes démocratiques. Mais la publication de courriers électroniques personnels par le journal britannique The Guardian, après le piratage de comptes de membres de la famille Assad, a offert une image bien différente de la Première dame de Syrie.
L’épouse du président Bachar el-Assad y apparaît comme une diva capricieuse et autoritaire, préoccupée par le luxe de son train de vie et n’hésitant pas à dépenser des fortunes pour s’offrir les derniers modèles de chaussures Christian Louboutin ou des vases en cristal de Venise chez Harrods. Présentée par le célèbre magazine Vogue comme « la rose du désert », Asma (Emma pour ses amis britanniques) a vu son prestige se faner quand elle a épousé la ligne répressive choisie par son mari pour mater l’insurrection. « Le président est le président de la Syrie, pas d’une faction des Syriens, et la Première dame doit le soutenir dans ce rôle », déclarait-elle en février. Pire, dans un e-mail qu’elle aurait écrit à propos de son époux, elle n’hésite pas à affirmer : « Je suis le vrai dictateur, il n’a pas le choix. » Elle, qui reçut un jour à dîner le couple le plus glamour d’Hollywood, Angelina Jolie et Brad Pitt, apparaît sous son vrai visage, selon ses adversaires. Un dissident d’Alep, Zayed, la compare à une Marie-Antoinette ou à une Elena Ceaucescu. Le charme qui prévalut pendant des années est rompu. Oubliée la médaille d’or offerte par la présidence italienne en 2008 en remerciement de son engagement humanitaire.
Née dans la banlieue ouest de Londres il y a 36 ans, elle a suivi d’excellentes études au Queen’s College avant de s’intéresser à l’informatique au King’s College. Engagée par la banque d’affaires JP Morgan, elle s’y révèle une recrue pleine de promesses en tant qu’analyste financière quand elle rencontre Bachar, qui a étudié l’ophtalmologie dans la capitale britannique. Les deux jeunes gens se marient en 2000, et la même année, Bachar accède à la tête de l’État, succédant à son père Hafez. Fille d’un cardiologue fondateur de la Société syrienne britannique, Asma devient femme de chef d’État auquel elle donne trois enfants.
Si la vie est luxueuse, elle n’est pas nécessairement heureuse pour la jeune femme à laquelle le clan Assad reproche ses origines sunnites : ses ancêtres venaient de Homs. Certains estiment que la famille Assad s’est servie d’Asma comme d’un instrument de propagande, qu’elle est virtuellement prisonnière d’un système dans lequel son mari est un pantin dont on tire les ficelles. Cette interprétation est toutefois rejetée par d’autres. « Assad est au pouvoir depuis 12 ans. Il contrôle tout. Lui accorder de telles circonstances atténuantes est inacceptable », juge Ghassan Ibrahim. Pour Zayed, Asma aurait dû « intervenir pour elle-même, pour son peuple (...) Elle ne l’a jamais fait ».
Pour mémoire
L’épouse du président Bachar el-Assad y apparaît comme une diva capricieuse et autoritaire, préoccupée par le luxe de son train de vie et n’hésitant pas à dépenser des fortunes pour s’offrir les derniers modèles de chaussures Christian Louboutin ou des vases en cristal de Venise chez Harrods. Présentée par le célèbre magazine Vogue comme « la...


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