Capture d'écran d'une vidéo postée sur Youtube montrant, selon l'armée syrienne libre (ASL), trois membres de la "chabbiha" (milice fidèle au régime).
Les 15 pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont commencé mardi à examiner un projet de déclaration pour soutenir la médiation de Kofi Annan en Syrie et faire pression sur Damas, faute de se mettre d'accord pour l'instant sur une résolution plus contraignante.
La Russie, fidèle alliée de Damas, a cependant manifesté des réticences, son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov refusant que la déclaration prenne "la forme d'un ultimatum" au régime syrien.
Le projet de "déclaration présidentielle" demande au président syrien Bachar el-Assad et à l'opposition syrienne de "travailler de bonne foi" avec M. Annan, émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe, et "d'appliquer totalement et immédiatement" le plan de règlement en six points mis sur la table par M. Annan lors de ses entretiens à Damas.
Une "déclaration présidentielle", moins forte qu'une résolution, est adoptée par consensus des 15 membres du Conseil.
Le Conseil prévoit "d'envisager des mesures supplémentaires", non précisées, si les six points ne sont pas appliqués dans les sept jours suivant l'adoption de la déclaration.
Depuis lundi, les cinq experts mandatés par Kofi Annan sont en Syrie pour négocier la mise en place d'une mission d'observation dans le but de faire cesser ces "tueries".
Le Conseil est aussi appelé mardi à examiner un autre texte, présenté par la Russie. Il s'agit d'un communiqué de presse dénonçant les attentats du week-end dernier à Damas et Alep (nord).
Alors que la communauté internationale tente de faire monter la pression sur le régime syrien qui poursuit la répression, l’opposition commence à se militariser et plusieurs pays, notamment du Golfe, appellent à armer les déserteurs, qui multiplient les affrontements avec l'armée.
Mais plusieurs pays, dont les Etats-unis et la France, ont exprimé leur rejet d'une militarisation de l’opposition.
L'opposition, en ce qui concerne certains de ses représentants du moins, était, aujourd'hui, dans le collimateur de l'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW). Dans un rapport publié aujourd'hui, HRW fait, en effet, état de graves violations des droits de l'Homme commises par l’opposition syrienne armée, notamment des enlèvements, des tortures et des exécutions de militaires et de partisans du gouvernement.
"La stratégie brutale du gouvernement syrien ne peut justifier les abus commis par les groupes d'opposition armés", a affirmé Sarah Leah Whitson, directrice de l'ONG pour le Moyen Orient. "Les dirigeants de l'opposition devraient clairement dire à leurs partisans qu'ils ne doivent pas torturer, enlever ni exécuter, quelles que soient les circonstances", a-t-elle ajouté.
Plusieurs groupes anti-régime ayant commis des abus ne semblent pas appartenir à des structures organisées, ni dépendre du Conseil national syrien (CNS), la principale coalition de l'opposition au président Bachar el-Assad, a précisé l'ONG.
Le CNS a "déploré" ces violations des droits de l'Homme dans un communiqué. "Nous travaillons à l'instauration d'un code de conduite et d'une coordination entre les différents groupes sur le terrain pour nous assurer qu'aucune violation des droits de l'Homme ne soit commise au cours de cette lutte pour la liberté", a affirmé Bassma Kodmani, la porte-parole du CNS.
HRW a recensé des cas d'enlèvements, de tortures et d'exécutions commis par des groupes d'opposition pour des motifs confessionnels, dans un pays majoritairement sunnite mais dont le régime est dirigé par des alaouites, une branche du chiisme. "Plusieurs rapports montrent que certaines attaques menées par l'opposition armée étaient motivées par des sentiments anti-Alaouites ou anti-Chiites, dus à l'association de ces communautés avec les politiques gouvernementales", selon HRW.

Le président syrien Bachar el-Assad lors d'une visite à la mosquée alawite d'al-Amawi dans le vieux quartier de Damas le 20 mars 2012. SANA/AFP PHOTO
Sur le terrain, les troupes poursuivaient leurs opérations dans le pays où 30 personnes ont péri, en majorité des civils tandis que des combats sporadiques ont opposé à l'aube des soldats de l'armée régulière aux déserteurs de l'Armée syrienne libre (ASL) au cœur même de Damas, selon des militants.
Ce matin, Abou Omar, militant à Damas, avait affirmé que des combats avaient eu lieu à l'aube entre les soldats de l'armée régulière et les déserteurs de l'ASL. De violents affrontements avaient déjà été rapportée, lundi à l'aube, à Mazzé, un important quartier de Damas qui abrite en outre des services de renseignements, des bâtiments gouvernementaux et les ambassades d’Inde et de Grèce. Damas était, jusque-là relativement épargnée par la violence qui paralyse le pays voilà un an.
Ailleurs dans le pays, 14 civils ont été tués dans le bombardement du quartier de Khaldiyé, dans la ville de Homs (centre), trois autres sont tombés sous les tirs dans le quartier de Bab Sbaa et une fillette dans le quartier de Qoussour. Parallèlement, des militants de l’opposition ont rapporté que les combattants de l'ASL se sont retirés de Deir Ezzor, grande ville de l'est de la Syrie soumise depuis deux jours à une offensive des forces gouvernementales. "L’ASL s'est retirée pour éviter un massacre de civils", a déclaré l'Union des comités révolutionnaires de Deir Ezzor.
D'autre part, le Trésor américain a annoncé que le chef de ses programmes de sanctions, David Cohen, a entamé unr tournée au Moyen-Orient, avec une première étape aujourd'hui à Beyrouth, pour "discuter des sanctions internationales contre l'Iran et la Syrie".
Enfin, Damas a dénoncé les attentats coordonnés dans plusieurs villes d'Irak qui ont fait au moins 44 morts mardi, y voyant la même "main meurtrière" que celle derrière les récents attentats à la voiture piégée qui avaient fait des dizaines de morts et de blessés samedi à Damas et dimanche à Alep.
Lire aussi
Reportage : De la montagne rebelle d’Idleb, les maquisards défient le régime syrien
Les importations d'armes de la Syrie ont bondi de 580 % sur 2007-2011
La Russie, fidèle alliée de Damas, a cependant manifesté des réticences, son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov refusant que la déclaration prenne "la forme d'un ultimatum" au régime syrien.
Le projet de "déclaration présidentielle" demande au président syrien Bachar el-Assad et à l'opposition syrienne de "travailler de bonne foi" avec M. Annan, émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe, et "d'appliquer totalement et immédiatement" le plan de règlement en six points mis sur la table par M. Annan lors de ses entretiens à Damas.
Une...




Le CNS aurait dû présenter des excuses pour son mauvais calcul qui a plongé la Syrie dans un bain de sang et une guerre civile inextricable. En tout cas il semble bien fanfaron de prétendre présenter des excuses pour des exactions commises par le monstre qu'ils ont aidé à mettre au monde, alors que c'est un secret de polichinelle qu'il ne contrôle plus rien sur le terrain où jihadistes et takfiristes de toutes nationalités côtoient des chabbiha. Ou alors, le CNS a vraiment sciemment enclenché et entretenu en toute connaissance de cause un cycle de violence pour pouvoir clamer un an après qu'il y a une dictature en Syrie. Peut-on dans ce cas accepter leurs excuses? Dans tous les cas ignorance, bluff, cynisme, et hypocrisie abondent mais le pauvre Syrien(ne) lambda crève tous les jours pour que certains puissent s'arroger le droits de parler en son nom. C'est lamentable, même plus, c'est criminel! Que le CNS ait attendu que HRW en parle pour s'excuser en dit long sur eux. Que le HRW ait attendu un an pour se rendre compte que les insurgés ont été criminels, est tout aussi suspect. Il aurait fallu avertir le CNS que pour souper avec le diable il fallait avoir une (très) longue cuillère.
06 h 03, le 21 mars 2012