La croissance en 2012 pourrait donc venir du côté du secteur public, mais reste intimement liée à l’approbation du nouveau projet de budget ainsi qu’à la hausse des taxes qui y sont relatives.
Le principal défi du gouvernement, selon l’IIF, est de trouver le juste équilibre entre l’augmentation prévue des dépenses et le besoin de réduire impérativement le déficit public. Pour cela, l’IIF encourage les autorités libanaises à signer des partenariats avec le secteur privé et à mobiliser des actionnaires qui puissent correctement évaluer les investissements productifs. Cette approche, selon le rapport, pourrait faciliter l’adhésion des citoyens aux réformes à entreprendre, en leur donnant plus de crédibilité et d’efficacité à long terme.
Deux scénarios sont donc possibles pour le Liban selon le rapport de l’IIF. Le premier, une croissance à 3 %, pourra être atteint uniquement si le Parlement approuve le budget 2012. Ainsi, les nouvelles mesures fiscales – à savoir l’augmentation des recettes fiscales globales à 17,3 % du PIB contre 16 % l’année dernière, l’augmentation de l’impôt sur le revenu de 1,1 % à 1,5 % et enfin l’augmentation de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) à 6,2 % du PIB – pourront être implémentées. Toutefois, le rapport met en garde le gouvernement, dont les dépenses en 2012 devraient atteindre 32 % du PIB, largement inférieur aux 24 % des recettes. Le déficit fiscal se creuse donc à hauteur de 8 % du PIB contre 5,7 % en 2011.
Dans le cas où le projet de budget 2012 n’est pas approuvé, l’IIF prévoit un taux de croissance pour le Liban de 2,1 %. Ce scénario suppose une augmentation du total des dépenses de l’État de 28,7 % du PIB à 30,8 % et une baisse des recettes de 23 % à 22,6 % du PIB, ce qui entraînerait un déficit fiscal équivalant à 8,2 % du PIB, encore supérieur à celui de l’année dernière.
Cependant, le rapport de l’IIF prévient que toutes ces données pourraient être revues à la baisse en cas de détérioration de la situation sécuritaire locale et régionale, à l’aggravation du conflit syrien, à une possible escalade de violence entre l’Iran et Israël ou encore aux divisions entre les partis libanais concernant la position à adopter envers la Syrie ou le Tribunal spécial pour le Liban.

