Une manifestation antirégime syrien, place des Martyrs. Photo Sami Ayad
Rappelant que le Liban est « contre toute intervention étrangère ou militaire en Syrie », le chef de la diplomatie, Adnane Mansour, s’est dit opposé à un approvisionnement des opposants en armes et en argent. « Nous devons laisser les Syriens faire leurs choix et nous tenir aux côtés de notre voisin pour l’aider à régler la crise », a-t-il ajouté, dans une interview au Manar, estimant que les attentats de Damas « ne décourageront pas les autorités syriennes, déterminées à entreprendre des réformes ».
Parallèlement, le chef du conseil chérié du Hezbollah, cheikh Mohammad Yazbeck, s’est dit étonné de l’appel lancé par « certains pays arabes pour financer et armer les groupes armés en Syrie, sachant que jamais le même appel n’avait été lancé, 60 ans durant, en faveur des militants palestiniens en Palestine occupée ».
Alors que le député Marwan Hamadé jugeait que le régime de Bachar el-Assad touchait à sa fin, son collègue, Talal Arslane, considérait que « les hommes politiques qui mènent une campagne de provocation antisyrienne et qui parient sur la chute du président syrien se font des illusions et seront déçus ». Il a dénoncé les attentats de Damas qu’il a attribués à l’opposition syrienne, affirmant à ce sujet que « la faillite des terroristes et leur incapacité à gagner l’appui de la rue ainsi qu’à contrôler les différentes villes et localités du pays les ont poussés à entreprendre ces actes ».
Membre du bloc parlementaire du Hezbollah, M. Ali Fayad a jugé difficile, lors d’un meeting oratoire à Khiam, de « déterminer l’évolution des mouvements populaires dans la région », mais il a dit avoir constaté que les États-Unis « n’ont plus de prise sur les événements et se sont affaiblis dans la région, après leur retrait d’Irak et la perte d’un allié stratégique, Hosni Moubarak ». Au sujet de la Syrie plus spécifiquement, le parlementaire hezbollahi a estimé que « plus personne ne se fait d’illusions quant à la possibilité d’un changement de régime en Syrie ». Aussi, a-t-il poursuivi, « l’Occident a-t-il renoncé à son projet de faire chuter le régime, pour s’atteler à épuiser la Syrie et à neutraliser son rôle régional ». Selon lui, ce raisonnement « peut aider à expliquer les trois attentats, consécutifs aux manifestations de dizaines de milliers de personnes qui ont exprimé leur appui à la nouvelle Constitution ».
Abondant dans le même sens, son collègue du bloc du Développement et de la Libération (bloc Berry), Hani Kobeyssi, a dénoncé une politique de deux poids, deux mesures appliquée à l’échelle régionale. Selon lui, tout ce qui se passe « fait partie d’un scénario visant à briser la résistance pour permettre à Israël de contrôler la région ».
Quant au secrétaire général du Baas prosyrien, Mohammad Chaker Kawwas, il a fait assumer à l’Arabie saoudite et au Qatar la responsabilité des attentats de Damas et d’Alep, avant de mettre en garde, dans un communiqué, « les instruments libanais contre les conséquences de toute implication dans les actes terroristes en Syrie, à travers le trafic d’armes vers la Syrie et l’accueil de terroristes ». « Les règlements de comptes ne tarderont pas », a-t-il menacé.
Sur le terrain, des manifestations continuent d’être organisées par les partisans et les détracteurs du régime syrien. Deux manifestations antagonistes ont ainsi eu lieu samedi, au centre-ville, sans qu’il n’y ait des heurts. Hier, à Saadnayel, dans la Békaa, c’est l’imam de la mosquée Bilal ben Rabah de Saïda, le cheikh salafiste Ahmad el-Asir, qui a fait une deuxième apparition publique, pour participer à une manifestation organisée par les tribus de la Békaa. Dans son allocution, cheikh Asir a critiqué la communauté internationale « parce qu’elle n’a pas fait preuve de plus de fermeté à l’égard du régime syrien », affirmant vouloir continuer de soutenir la révolution syrienne jusqu’à la chute du régime.
Il a par ailleurs dit avoir « décelé des éléments positifs » dans le dernier discours du secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, qu’il a désigné comme étant son « partenaire ».


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Je partage entièrement la vision de M. Hamadé et suis ahurie par celle de M. Arslane... Tôt ou tard, les despotes sont destinés à disparaître. En ce qui concerne B. el-Assad, le plus tôt sera le mieux. Pour la Syrie, pour le Liban, pour la région et pour l'humanité.
12 h 03, le 19 mars 2012