Comment nos trois ministres (attention, ma position n’est pas du tout politique et je compte au moins une vieille connaissance parmi les ministres, que je respecte d’ailleurs tous pour leur honnêteté et leur probité) peuvent-ils accepter pareil camouflet ? Ils avaient en grande pompe annoncé sur les écrans des télévisons qu’ils allaient lutter aussi bien contre des parents malveillants que contre des mafias organisées pour arracher ces enfants des rues. Eh bien, de deux choses l’une : ou bien ils nous racontent des bobards, ou alors ils ne peuvent appliquer leurs décisions et les mafias sont plus puissantes qu’eux. Dans les deux cas, c’est une situation grave qui doit être éclaircie.
Si notre gouvernement est incapable de faire respecter une décision aussi banale que celle qui consiste à sévir contre ce genre de mendicité, que dire des grandes décisions critiques qui mettent en danger la nation ? Qu’on ne vienne pas nous dire, à propos de cette affaire, que le 14 et le 8 Mars mettent chacun des bâtons dans les roues de l’autre camp. Qu’on ne vienne pas nous dire aussi que ce n’est pas une décision importante, car toute décision quand elle est prise est importante et doit être appliquée. Il y va de la crédibilité des pouvoirs publics, que de minables mafieux mettent à l’épreuve.
Voyons donc, messieurs, nous, simples citoyens, aimerions voir appliquer vos décisions que vous avez pris soin de médiatiser en grande pompe. J’espère qu’un sursaut d’honneur vous poussera à poursuivre encore une fois ces mafieux et à les déraciner de notre société. Ils nous font honte. Toute l’enfance libanaise est maltraitée quand un seul enfant l’est. Le pont de Dora est un pont de la honte et je vous conjure de le débarrasser de cette honte.
Ce matin-même, en passant sur ce pont, et à la vue de ces mêmes enfants, j’avais la rage au cœur et à l’esprit, en pensant que des esclavagistes sont toujours en liberté, en train d’exploiter l’enfance innocente... Innocente pas pour très longtemps car rien qu’au regard de ces enfants, on commence à déceler une dureté qu’on ne voit que dans les yeux des délinquants.
Messieurs les ministres, il y a bien des patrouilles de la force publique qui font la chasse aux malfaiteurs. Ces mêmes patrouilles ne peuvent-elles pas aussi débusquer les « esclavagistes mafieux » qui vous défient et défient la société en entier ? Ne vaut-il pas la peine de mobiliser tous les moyens pour enrayer ce véritable fléau qu’est la mendicité organisée, surtout celle des enfants ?


Vous savez bien qui sont ces mendiants et de qui ils relèvent! Osez leurs enlever leurs armes!
09 h 47, le 16 mars 2012