Mais, en ce début de semaine, les yeux des Libanais restent fixés sur les développements en Syrie et sur le feuilleton des milliards envolés qui devrait enregistrer un nouvel épisode entre le gouvernement et le Parlement dans le courant de la semaine, tant ces deux dossiers pèsent sur la scène politique et paralysent le gouvernement. Si des solutions sont amorcées, le gouvernement pourrait alors songer à se pencher sur les vrais problèmes qui intéressent les Libanais et qui portent sur la multiplication des effondrements d’immeubles, le dernier en date ayant eu lieu hier à Tyr, après la chute d’un bâtiment en construction vendredi soir à Tabarja, et sur les stocks de viande avariée qui circulent sur le marché. Sans parler de la hausse de la criminalité dans toutes les régions du pays...
Pour en revenir aux milliards, les chiffres varient selon le camp politique. Pour Amal et le Hezbollah, il s’agit de régler la question des 11 milliards de dollars dépensés hors budget entre les années 2006 et 2009. Le général Michel Aoun y ajoute cinq milliards dépensés hors budget en 2010 par le gouvernement présidé par Saad Hariri et le 14 Mars préfère parler de 17 milliards, mettant dans un même sac les onze milliards du gouvernement Siniora et les six milliards dépensés en plus du budget prévu, par le gouvernement Mikati. Il faudrait d’abord commencer par fixer la somme litigieuse avant de penser à une solution. Or, selon les informations ayant filtré du dernier Conseil des ministres qui s’est tenu vendredi, cette mission quasi impossible aurait été confiée au Premier ministre après le rejet par de nombreux ministres du projet présenté par le ministre des Finances Mohammad Safadi. Nagib Mikati, précisent les sources proches du Sérail, aurait même déjà élaboré un projet de loi général qui permettrait de légaliser le processus des dépenses hors budget en les soumettant au contrôle de la Cour des comptes, réglant ainsi du même coup la question des onze milliards des gouvernements Siniora et celle du crédit de six milliards pour couvrir les dépenses de son gouvernement au cours de l’année écoulée. Comme pour la question du financement du TSL, il sortirait la solution de son chapeau au cours de la réunion du Conseil des ministres à Baabda mercredi prochain. Apparemment, tous les protagonistes au sein du gouvernement seraient convaincus de la nécessité de clore ce dossier pour se consacrer enfin aux nominations administratives, notamment au sein du corps judicaire, qui devraient passer au compte-gouttes, sans faire l’objet d’une entente globale. En effet, des sources proches de la majorité révèlent que la réunion tenue entre le président de la République et le général Michel Aoun sous l’égide du patriarche Raï la semaine dernière n’aurait pas donné les fruits escomptés, les deux hommes n’ayant pas réussi à s’entendre sur les noms, mais ils se sont tout de même mis d’accord pour respecter un mécanisme précis pour les nominations.
Reste à savoir si l’opposition, et le courant du Futur en particulier, acceptera la formule qui sera présentée par Nagib Mikati mercredi, alors que les ministres Gebran Bassil et Ali Hassan Khalil, ainsi que le chef du bloc parlementaire de la Résistance Mohammad Raad ont répété hier qu’ils rejetaient toute idée de compromis sur le dossier des milliards, réclamant le respect de la loi à ce sujet.
Toutefois, le règlement de l’affaire des milliards en Conseil des ministres devrait permettre la tenue de la réunion parlementaire de jeudi, la précédente réunion ayant été levée faute de quorum. Les députés de l’opposition ont déjà fait savoir qu’ils pourraient participer à la réunion de jeudi consacrée à l’examen de plusieurs projets et propositions de lois, si le principe de traiter simultanément le dossier des onze et des six milliards de dollars est adopté. Dans ce cas, le président de la Chambre pourrait inverser l’ordre du jour de la séance et commencer par le vote des projets non conflictuels, laissant les milliards pour la fin, quitte à ce que ce dossier soit reporté à une autre séance, faute de temps.
En définitive, la situation interne reste sous contrôle en dépit des déclarations politiques parfois enflammées. Mais le Liban n’en finit pas de tourner dans un cercle vicieux, en attendant l’évolution de la situation en Syrie.
S. H.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Pourquoi avec un pareil titre le Journal laisse-t-il entendre le détournement et le vol de l'argent public c'est exactement le genre de rumeur qui détruit a priori la démocratie et son gouvernement d'ailleurs les commentaires vont dans ce sens et c'est bien ce que souhaite GMA! C'est totalement irresponsable de votre part! Jacques Beauchard
18 h 22, le 12 mars 2012