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Liban

Neuilly-sur-Seine veut associer le Liban au projet d’exposition universelle en France

Visite Le maire de la commune, Jean-Christophe Fromantin, donnera une conférence à l’USJ sur « Le temps des territoires ».
10/03/2012
PARIS, de Carole DAGHER

C’est un élu local français pas comme les autres qui s’apprête à visiter le Liban – qu’il connaît pour s’y être rendu nombre de fois en tant qu’entrepreneur à la tête d’une société d’import-export. Jean-Christophe Fromantin, maire de Neuilly-sur-Seine et conseiller général des Hauts-de-Seine, fait son déplacement au pays du Cèdre à un moment ascendant de sa propre carrière politique. Il y donnera une conférence à l’Université Saint-Joseph inspirée du thème de son essai récemment publié sous le titre Le temps des territoires (François Bourin éditeur), dans lequel il préconise une nouvelle approche basée sur une optimisation du rôle des territoires dans la dynamique de développement de la France.
Rien ne prédisposait à la politique ce jeune homme porté sur les affaires, l’innovation et la recherche de nouvelles formes de compétitivité dans les entreprises, par ailleurs coureur de marathon et champion du Tour de France à la voile en 1980. Rien, sauf peut-être une certaine idée de la politique, orientée vers l’intérêt public, celui de la cité, la polis. C’est en s’opposant à l’ancien porte-parole du chef de l’État Nicolas Sarkozy, David Martinon, et à sa liste soutenue par Jean Sarkozy, le fils du président, que la liste de Jean-Christophe Fromantin l’emporte aux élections municipales (plus de 61 % des voix) et qu’il se fait élire maire de Neuilly, la ville dont Nicolas Sarkozy avait été maire de 1983 à 2002. « Je garde mon équipe et ma liberté », affirme alors au Figaro celui qui se pose comme un « challenger » du parti au pouvoir. S’il réussit à se ménager au final le soutien de l’UMP, ce « candidat non encarté », selon ses termes, est attaché à son indépendance, tout en gardant une ligne politique de droite. Se proclamant « contre l’héritage en politique », il refuse de se laisser récupérer et réédite aux élections cantonales de mars 2011 l’exploit de se faire élire conseiller général des Hauts-de-Seine dans le canton nord de Neuilly-sur-Seine en recueillant 70,24 % des suffrages exprimés, face à la conseillère sortante de l’UMP. Désormais « happé » par la politique, qui prend l’essentiel de son temps, Fromantin publie son premier livre : Mon village dans un monde global (François Bourin éditeur), pour expliquer le sens de son engagement et prôner un renouveau à partir des territoires. Élu « homme politique de l’année 2011 », catégorie « Élu local », par le jury du prix du Trombinoscope (composé de journalistes politiques et présidé en 2011 par Arlette Chabot), le maire de Neuilly-sur-Seine fonde un parti dénommé Territoires en mouvement. Puis il publie son deuxième essai, véritable programme électoral articulé autour de douze orientations, propose la candidature de Paris pour l’organisation de l’Exposition universelle de 2025 et prépare activement sa candidature aux élections législatives de juin prochain.

Deux thèmes
De tous ses projets, de ce tourbillon politique qui lui est propice depuis quatre ans, il parle avec enthousiasme et confiance. « Mon sens politique vient de ma capacité d’émerveillement », confie à L’Orient-Le Jour celui qui dit avoir grandi à Saintes, Dunkerque, Strasbourg et Paris, découvrant ainsi la richesse et la diversité des territoires de la métropole française. Le Liban se trouve tout naturellement dans la trajectoire de cet homme politique qui monte. « Il y a eu une relation de confiance qui s’est construite très progressivement avec les Libanais de Neuilly, dit-il, et le rapprochement s’est fait au travers de deux initiatives. » En 2010, il plante un cèdre, en compagnie de l’ambassadeur du Liban, sur une place de la ville dont il est devenu le maire, affermissant, par ce symbole, les relations avec la communauté franco-libanaise de Neuilly-sur-Seine. À l’automne 2011, l’association Amitiés Neuilly Liban organise sous son patronage et celui de l’ambassadeur du Liban en France, et en leur présence à tous deux, une soirée de la littérature francophone libanaise autour de cinq écrivains libanais ou d’origine libanaise, dans l’amphithéâtre de la mairie que Fromantin a mis à sa disposition. Le succès est au rendez-vous, avec plus de 500 personnes présentes.
Le maire de Neuilly-sur-Seine saisira l’occasion de son séjour au Liban pour défendre deux thèmes qui lui tiennent à cœur. Le premier concerne la candidature de Paris pour l’organisation de l’Exposition universelle de 2025, à laquelle il « souhaite voir le Liban participer, en amorçant une réflexion sur la mise en place d’un tel projet ». Pour cela, « il faudrait créer un réseau des pays avec qui la France entretient des relations fortes, dans le cadre de la Méditerranée et de la francophonie », précise-t-il. À cette fin, des études prospectives ont déjà été réalisées par l’Atelier parisien d’urbanisme, en lien avec des architectes, des maires, des économistes-urbanistes, des réalisateurs et des écrivains (tels que Jacques Attali et Olivier Mongin), pour penser les aménagements de « l’axe majeur » Étoile-Neuilly-Défense. Ce projet devait être présenté le lundi 12 mars au Centre d’accueil de la presse étrangère au Grand Palais, et avec la participation de Jean-Pierre Lafon, ancien ambassadeur de France au Liban et président d’honneur du Bureau international des expositions.
Le second thème que Jean-Christophe Fromantin abordera au Liban, au cours de sa conférence à l’USJ, portera sur le rôle des collectivités territoriales face à un « pouvoir qui se renforce verticalement ». Or « la crise actuelle met en difficulté l’État-providence. Faute d’avoir les moyens d’une vraie politique économique, il faut que les États se mettent dans une situation où les gens se retrouvent et recréent des richesses, et cela se fait à partir des territoires », grâce à l’initiative locale.
Ce thème ne manquera pas d’intéresser les Libanais, d’autant plus que la Constitution préconise une décentralisation administrative, laquelle, vingt-cinq ans après Taëf, attend toujours d’être mise en œuvre. Fromantin se dit frappé par le fait que « le Liban est un pays où l’attachement et le sentiment d’appartenance sont extrêmement forts ». Il salue « une diaspora très attachée à ses racines, malgré les conflits, les tensions et les complexités de cette région du monde ». « C’est quelque chose de formidable », commente-t-il. Avec le même enthousiasme qu’il met dans tout ce qu’il entreprend.

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Jaber Kamel

Je me souviens encore d'un temps où certains internautes annonçaient la fin de la bonne réputation des libanais de la diaspora en occident, certains continuent à débattre et d'autres ont disparu, Fromantin vient en une phrase de remettre les pendules à l'heure en parlant du libanais en tant qu'esprit décomplexé, attaché à ses racines et connaissant des succés sous toutes les lattitudes. Vive nous.

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