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Nos lecteurs ont la parole

À la recherche du bonheur

Par Carole DIB
Au détour d’un quartier lugubre, sous un pont, dans une niche creusée par les vagues se blottit chaque nuit un mendiant.
Un peu plus loin, au détour d’une rue où s’alignent les Ferrari, sous un ciel illuminé de feux d’artifice, dans un jardin taillé de diamants, un riche festoie chaque nuit.
C’est un exemple mineur de la justice chez les hommes. Un parmi tant d’autres, et dans plus d’un domaine. Que dis-je, justice ! Voilà un sujet qui a fait couler beaucoup d’encre au cours des siècles précédents, qui a rassemblé les peuples par milliers sur les places publiques, qui a engendré des réformes au sein des sociétés et des gouvernements, qui a accouché des principes à la base du système socialiste et de centaines d’autres lois. Un sujet qui a toujours été un rêve, une cible aussi mouvante que les gens qui lui courent après.
Je n’ai nullement la prétention d’ajouter à ce qui a été déjà dit ou fait. Je ne suis ni une analyste sociopolitique ni un dictionnaire juridique. Je ne suis ni le mendiant ni le riche. Je suis une personne coincée dans l’entre-deux et qui se contente d’observer et de commenter... sévèrement. Alors ? Justice et égalité par la loi des hommes ? Oublions. Après deux millénaires d’essais, il est peut-être temps de déclarer la cause en instance. Infinie !
Par contre, Dieu aurait-il un remède plus efficace ? À en croire les apparences, il est permis d’en douter. En effet, on dirait que l’injustice est présente partout dans notre monde. Le mendiant contre le riche, la personne hyperchanceuse contre celle qui se débat contre un mauvais sort à répétition, la perte d’un enfant dans un accident contre la survie d’un centenaire, les pays qui font valoir les droits des hommes contre ceux ravagés par la guerre, des innocents derrière les barreaux contre des criminels en liberté, des individus qui ont faim de nourriture contre ceux qui ont faim de pouvoir. On pourrait allonger indéfiniment la liste. Ayant perdu foi en l’homme, je me demande pourtant pourquoi Dieu n’intervient-Il pas.
Étrangement, un jour, je trouvai ma réponse en lisant un proverbe qui n’a absolument rien à voir avec le thème de ce texte : « We all live with the objectives of being happy...Our lives are all different and yet, the same. » Soudain, une idée me traversa l’esprit : c’était peut-être ça ! Le but ultime de chaque être vivant est d’avoir accès au bonheur. La justice, la richesse, l’amour, la chance ne sont que des outils qui nous y mènent. Des variantes qui leurrent parfois et détournent l’attention de la vraie finalité : le bonheur.
C’est ainsi que je compris la justice de Dieu. Ou, du moins, c’est ainsi que je crus en comprendre mon interprétation personnelle. Peut-être que Dieu disposerait d’une calculatrice bien programmée pour chaque individu qui permettrait d’additionner ses joies, de retrancher ses peines, de multiplier par les beaux événements et de diviser par les drames. Peut-être s’agit-il d’équations mathématiques très complexes dont Lui seul possède les formules. Le résultat ? À la fin de la vie de chacun, courte ou longue, passée sous le pont ou dans des draps de soie, le ratio « bonheur » serait toujours égal à une même valeur. Peut-être est-ce la définition de la justice. Mais seulement peut-être...
Au détour d’un quartier lugubre, sous un pont, dans une niche creusée par les vagues se blottit chaque nuit un mendiant. Un peu plus loin, au détour d’une rue où s’alignent les Ferrari, sous un ciel illuminé de feux d’artifice, dans un jardin taillé de diamants, un riche festoie chaque nuit.C’est un exemple mineur de la justice chez les hommes. Un parmi tant d’autres, et dans plus d’un domaine. Que dis-je, justice ! Voilà un sujet qui a fait couler beaucoup d’encre au cours des siècles précédents, qui a rassemblé les peuples par milliers sur les places publiques, qui a engendré des réformes au sein des sociétés et des gouvernements, qui a accouché des principes à la base du système socialiste et de centaines d’autres lois. Un sujet qui a toujours été un rêve, une cible aussi mouvante que les gens...
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