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Économie - Liban - Marchés

De quel leadership a besoin le secteur financier ?

Les crises économiques qui se succèdent depuis 2008 à l’échelle mondiale semblent avoir remis en cause le fondement même du fonctionnement des marchés financiers et des décisions qui y sont prises. Retrouver la stabilité, la croissance et l’emploi grâce à une bonne gouvernance du secteur financier, telle était la question débattue hier au cours d’une conférence sur l’importance du leadership.

Salamé : Le système bancaire libanais a su se montrer résilient dans un contexte de crise économique mondiale.

C’est sous le patronage de la Banque du Liban (BDL), que le groupe al-Bank wal-moustathmer a organisé hier à Beyrouth une conférence sur la bonne gouvernance du secteur financier et son rôle dans la sortie des crises économiques. À l’honneur, le gouverneur de la Banque centrale turque, Erdem Basci, et le gouverneur de la BDL, Riad Salamé, qui ont exposé leur soutien à une intervention plus appuyée des autorités publiques pour les règlementations des marchés financiers.


« Depuis 2008, les crises financières se succèdent à l’échelle mondiale et rien ne semble être en mesure de les arrêter », a affirmé M. Salamé. La cause, selon lui : la suprématie des institutions financières et des agences de notation en ce qui concerne la régulation des marchés financiers. « Elles exercent une forte pression sur les gouvernements grâce à leur capacité à financer les économies nationales et à créer des emplois », a souligné le gouverneur de la BDL. Il a par ailleurs regretté que les autorités publiques n’arrivent pas à adopter une réglementation commune des marchés à l’échelle mondiale, pour contrebalancer le poids des grandes institutions financières, « qui prennent des décisions cohérentes les unes avec les autres et réagissent très rapidement à tout changement ».

Un besoin urgent de réformes
Pour le gouverneur de la BDL, les règles imposées depuis des années par les marchés financiers rendent beaucoup plus difficile toute tentative de réforme que les États voudraient implanter. Cependant, depuis 2008, les banques centrales interviennent beaucoup plus en injectant dans le système des liquidités pour empêcher le secteur financier et bancaire de sombrer, « ce qui prouve qu’il y a un réel besoin de changement au niveau des réglementations des marchés ».
« Au Liban, nous avons évité, tant bien que mal, de rentrer dans cette dynamique en éloignant ainsi le pays des aléas des marchés financiers », a indiqué M. Salamé, qui s’est par ailleurs félicité de la confiance dont jouit aujourd’hui le Liban auprès des créanciers. « Plus de 13 000 personnes ont bénéficié de prêts subventionnés et 100 000 autres de prêts pour l’habitat, sans que cela n’affecte les piliers financiers, garants de la stabilité du pays », a ajouté M. Salamé, qui a toutefois insisté sur l’importance de réformes à l’échelle mondiale « car un seul pays ne peut affronter seul à long terme les remous internationaux ».

Une réflexion sur l’aspect humain du leadership
« On oublie trop souvent que derrière toute décision se cachent des personnes et toutes les crises, qu’elles soient financières ou économiques, sont avant tout des crises de leadership », a affirmé le vice-gouverneur de la BDL, Raed Charafeddine. Pour lui, les sociétés devraient accorder davantage d’attention aux systèmes d’éducation scolaires et universitaires, « car finalement nos leaders sont à l’image de notre société ». Le vice-gouverneur de la BDL a pointé du doigt les institutions qui forment les élites et les futurs leaders ainsi que les entreprises « qui devraient avoir à l’esprit qu’elles font partie de la société et que c’est dans leur intérêt de lui donner une valeur ajoutée, parallèlement aux profits financiers qu’elles peuvent en tirer ».
Réformer donc le système, mais en plaçant l’homme au centre du débat.

C’est sous le patronage de la Banque du Liban (BDL), que le groupe al-Bank wal-moustathmer a organisé hier à Beyrouth une conférence sur la bonne gouvernance du secteur financier et son rôle dans la sortie des crises économiques. À l’honneur, le gouverneur de la Banque centrale turque, Erdem Basci, et le gouverneur de la BDL, Riad Salamé, qui ont exposé leur soutien à une intervention plus appuyée des autorités publiques pour les règlementations des marchés financiers.
« Depuis 2008, les crises financières se succèdent à l’échelle mondiale et rien ne semble être en mesure de les arrêter », a affirmé M. Salamé. La cause, selon lui : la suprématie des institutions financières et des agences de notation en ce qui concerne la régulation des marchés financiers. « Elles exercent une forte pression sur les...
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