Alors que le régime syrien fait la sourde oreille face à toutes les décisions et initiatives arabes et internationales qui tentent de sortir la Syrie de la crise, la question est de savoir si le pouvoir baassiste campera sur sa position. Auquel cas, la prochaine conférence d’Istanbul ne donnera pas de meilleurs résultats que ceux de la conférence de Tunis. La machine à tuer ne s’arrêtera que lorsque les parties qui s’affrontent se lasseront, au point de réclamer une « solution de répit ». Quoi qu’il en soit, le timing d’une pareille solution n’est encore connu de personne, même si certains le situent après les élections présidentielles en Russie, aux États-Unis et en France.
Selon des sources diplomatiques, aucune issue à la crise en Syrie ne se présente à court terme. Mais les décideurs planchent sur une solution politique similaire à la solution yéménite. Or pareille solution ne saurait être mise en œuvre unilatéralement, par la seule partie arabe ou internationale, mais doit faire l’objet d’une coopération entre les États-Unis, d’une part, et la Russie, d’autre part, à l’instar de ce qui s’est passé au Yémen. Ce scénario débuterait par la capitulation du président Assad en faveur de son second Farouk el-Chareh et en contrepartie de garanties qui lui seraient données. Dans ce cas, la structure de gouvernance actuelle serait maintenue, le temps de procéder à des élections législatives libres, conformément à une nouvelle loi électorale, qui décideraient du système à adopter éventuellement. Ce scénario devrait éviter de réitérer l’exemple de l’Irak, où le chaos a amené des fondamentalistes de tous bords à tenter de s’arracher une part du pouvoir. En outre, la Russie est consciente que le président Assad, indépendamment de sa victoire face aux opposants, ne pourra sortir gagnant politiquement et se maintenir au pouvoir.
Comment mettre en œuvre cette solution ?
Les efforts déployés dans ce sens vont de pair avec les pressions militaires et économiques. Les premières se fondent sur un soutien indirect à l’opposition, notamment l’Armée syrienne libre, qui viserait non pas à déclencher un affrontement déséquilibré avec les forces du régime, mais à permettre une guerre de résistance. Les pressions économiques impliquent quant à elles d’accroître les sanctions, de manière à épuiser le régime militairement, financièrement et économiquement. Cette approche devrait conduire le régime à accepter la solution politique, sous les auspices du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, en sa qualité de délégué de l’ONU et de la Ligue arabe. La Russie et la Chine ont d’ailleurs exprimé leur disposition à coopérer étroitement avec M. Ban. Il est désormais clair en tout cas que la solution militaire n’est pas une option pour régler la crise puisque l’intervention de forces étrangères est écartée et l’armement de l’opposition rejeté par crainte d’une guerre civile, dont les répercussions affecteraient gravement la région. Sans compter que l’armée syrienne reste majoritairement soudée, alors que l’opposition est divisée et ne paraît pas encore en mesure d’offrir un substitut au président Bachar el-Assad.
Finalement, dans l’attente d’une solution durable et démocratique pour la Syrie, et avant la conférence d’Istanbul, plusieurs développements, positifs ou négatifs, sont susceptibles d’influer sur les résultats.
Selon des sources diplomatiques, aucune issue à la crise en Syrie ne se présente à court terme. Mais les décideurs planchent sur...

