L’épilogue de l’affaire Charbel Nahas n’en finit pas de susciter des remous au sein du Courant patriotique libre. Le ministre démissionnaire a eu des mots assez amers vis-à-vis du chef du CPL, Michel Aoun, lors de la passation des pouvoirs au ministère du Travail, alors que le député du Kesrouan a semblé vouloir minimiser le différend autant que possible. Charbel Nahas reste « un ami », a-t-il dit.
Mais le problème dépasse désormais la personne même de Charbel Nahas. C’est le choix de son successeur, Sélim Jreissati, dont Michel Aoun a par ailleurs vanté le bagage juridique, qui est source de conflits au sein du courant aouniste. Plusieurs cadres du CPL pensaient ainsi qu’à la suite de la « rébellion » Nahas, et pour éviter une reproduction d’un tel cas de figure, leur chef profiterait de l’occasion pour nommer un ministre qui viendrait du noyau dur du Courant. Aussi une liste de noms avait-elle été soigneusement concoctée et remise à l’ancien Premier ministre pour qu’il fasse son choix.
Or c’est justement là que le bât blesse. Et profondément. Car sitôt la démission de Charbel Nahas entre ses mains, Michel Aoun aurait, selon des sources bien informées et proches du CPL, convoqué chez lui à Rabieh celui qui fut, durant l’exil du général à Paris, et durant les moments les plus difficiles de la tutelle syrienne, son fidèle représentant à Beyrouth, en l’occurrence l’ancien directeur de la Sûreté générale entre 1988 et 1990, le général Nadim Lteif. Ce même Nadim Lteif qui, au mois d’août 2001, fut arrêté, incarcéré et humilié sous le mandat Lahoud par l’appareil sécuritaire qui gouvernait le pays sous l’égide la Syrie, en raison même de son appartenance au courant aouniste et de sa fidélité totale au général Aoun.
Durant cette réunion à Rabieh, Michel Aoun a informé Nadim Lteif – membre du « Conseil des sages » du CPL depuis 2005, mais qui avait progressivement pris ses distances du Courant au cours des dernières années – qu’il souhaitait le voir succéder à Charbel Nahas au ministère du Travail. L’objectif étant de permettre au général Aoun de renouer avec une partie importante de sa base désenchantée, au fil des dernières années, par les politiques du général, tant au plan partisan purement interne qu’au niveau de la ligne générale du Courant. La nomination du général Lteif, un homme connu pour sa grande intégrité et sa fidélité à toute épreuve aux principes fondateurs du CPL, aurait également permis à Michel Aoun de jeter les bases d’une réconciliation avec les icônes du parti, ce fameux « Conseil des sages » qui jouit d’un très grand respect dans les rangs des partisans aounistes en raison de leur résistance pure et dure à la tutelle syrienne entre 1990 et 2005. Et c’est donc sur base de cet accord que le général Lteif a quitté Rabieh ce jour-là...
Quelle n’a donc pas été la surprise de l’ancien directeur de la SG lorsque, sans nouvelles du chef du CPL dans les heures qui ont suivi leur rencontre, c’est par la voie des médias qu’il a appris, comme tout le monde, la nomination de Sélim Jreissati. Une nouvelle qui a d’ailleurs fait l’effet d’un coup de tonnerre, d’une véritable douche froide au sein du CPL même. Pourquoi Sélim Jreissati ? Selon certaines théories, ce serait en raison de son aide aux autorités syriennes dans l’élaboration des derniers amendements constitutionnels, ou encore de sa position sur le Tribunal spécial pour le Liban. M. Jreissati a en effet participé aux conférences de presse organisées par le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, le député Mohammad Raad, contre le TSL, qualifiant celui-ci d’« anticonstitutionnel et illégal ». Sans oublier le fait qu’il avait fait partie de la garde rapprochée de l’ancien président Émile Lahoud, à qui il doit sa nomination au Conseil constitutionnel durant les années 2000... les années, notamment, de la fermeture de la MTV et de l’invalidation du mandat de Gabriel Murr...
En fait, selon des sources politiques proches du CPL, Sélim Jreissati aurait été récompensé pour toutes ses positions, et c’est l’apport d’Émile Lahoud qui aurait joué le rôle déterminant dans sa nomination. Le Hezbollah en a aussitôt exprimé le souhait auprès de Michel Aoun, qui a accepté, compte tenu des capacités de l’homme sur le plan légal et constitutionnel.
Au regard de tout ce qui précède, la question qui turlupine les milieux de l’opposition est la suivante : pourquoi le chef du CPL a-t-il reconnu, et sans la moindre objection, au Hezbollah un droit de regard sur le choix de ses ministres, alors qu’il refuse systématiquement au président de la République le droit de nommer des ministres ou des candidats à des postes administratifs ? Drôle de cohérence...
Mais le problème dépasse désormais la personne même de Charbel Nahas. C’est le choix de son successeur, Sélim Jreissati, dont Michel Aoun a par ailleurs vanté le bagage juridique, qui est source de conflits au sein du courant aouniste. Plusieurs cadres du CPL pensaient ainsi qu’à la suite de la « rébellion » Nahas, et pour éviter une reproduction d’un tel cas de figure, leur chef profiterait de l’occasion...


M. Sakr Lebnan a raison. Il y en a un, ici, qui pollue le débat avec ses commentaires indécents. L'information (qui est en l'occurence de la DESINFORMATION) n'y gagne rien. Les propos de ce triste sire discréditent L'Orient-Le Jour.
15 h 36, le 29 février 2012