Ainsi, alors qu’une partie de l’opposition réformatrice a décidé de boycotter le scrutin pour protester contre la répression dont elle a été victime depuis la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad en 2009, la télévision a multiplié les émissions sur ces législatives et les appels à une large mobilisation des électeurs. « En étant présent lors du scrutin législatif, le peuple iranien qui a participé par millions (aux manifestations pour l’anniversaire de la révolution islamique le 11 février) va porter un autre coup dur à l’ennemi », a affirmé mercredi le guide suprême iranien l’ayatollah Ali Khamenei.
Mais la faiblesse des débats politiques, généralement limités aux différentes factions conservatrices au pouvoir, et l’absence d’enjeux politiques visibles ont abouti à une précampagne particulièrement morne. Si 3 444 candidats ont été autorisés à briguer les 290 sièges du Majlis, la bataille va se jouer entre des conservateurs plus divisés que jamais au sein d’une nébuleuse de coalitions créées pour la circonstance et aux contours souvent flous.
L’un des deux principaux protagonistes de cet affrontement est le Front uni de conservateurs, proche de l’actuel président du Parlement Ali Larijani et du maire de Téhéran Mohammad Baqer Qalibaf, qui met en avant son opposition au président Ahmadinejad et prône plus de « rationalisme » en politique. Ce courant, qui domine le Parlement sortant, fait face à un Front de la persistance de la révolution islamique tout aussi conservateur, mais qui se présente comme le véritable défenseur de la ligne du guide suprême et dénonce la « mollesse » politique de MM. Larijani et Qalibaf face à l’opposition. Cette coalition disparate défend le président Ahmadinejad tout en dénonçant son directeur de cabinet Esfandiar Rahim Mashaie, bête noire des conservateurs pour sa vision d’un islam ouvert et nationaliste.
Les proches de M. Ahmadinejad, qui semble avoir eu un temps le projet de présenter ses propres candidats avant la crise politique qui a déchiré le camp conservateur en 2011, ont pour leur part été peu visibles jusqu’à présent. Ces derniers jours, la presse a cependant commencé à évoquer la présence de candidats individuels soutenus en sous-main par le gouvernement, notamment en province. Et alors que l’économie est malmenée par les sanctions occidentales liées au programme nucléaire iranien controversé et que l’isolement international croissant de l’Iran pèse de plus en plus sur la vie quotidienne de nombreux Iraniens, ces sujets ont été quasiment absents du débat jusqu’à présent.
Les réformateurs, eux, laminés par une répression qui a interdit leurs deux principaux mouvements et a envoyé leurs principales figures en prison ou en résidence surveillée, ont largement décidé de bouder le scrutin. De petits partis réformateurs présentent toutefois quelques listes à Téhéran et en province, dans l’espoir de maintenir leur présence au Majlis. Le Parlement sortant compte une soixantaine de députés réformateurs. De plus, l’ancien président réformateur Mohammad Khatami n’a pas pris position. Son prédécesseur conservateur, Akbar Hachemi Rafsandjani, en froid avec le pouvoir actuel, a en revanche apporté un soutien implicite aux réformateurs en recevant des délégations de leurs mouvements ayant décidé de participer au scrutin.
(Source : AFP)


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