Caroline Scheufele, passionnée par les pierres.
« Tout ce qui nous arrive n’est pas un hasard », aime à souligner Caroline Scheufele, se souvenant de son propre parcours qui l’a menée presque naturellement à la tête de la maison, fondée en 1836 par Louis-Ulysse Chopard. Après des études à l’École internationale de Genève, elle s’envole pour l’Allemagne pour y apprendre le dessin et la gemmologie. La jeune femme gribouille depuis longtemps des croquis d’animaux, des clowns et des montres, inspirée par l’univers de son père Karl qui avait racheté la marque d’horlogerie en 1963. À 16 ans, elle dessine justement un clown que son père, pour lui faire une surprise, habillera de diamants le transformant en bijou. Il deviendra alors un classique. « Lorsque j’ai commencé, nous n’avions pas de ligne de bijoux... J’avais toujours pensé qu’en général, une femme s’achète une montre, mais deux ou trois paires de boucles d’oreille. J’ai pu ainsi convaincre mon père que nous avions un nom magnifique qui se prêtait aussi très bien à la joaillerie. »
Une grande curiosité
« J’étais passionnée par les pierres, confie-t-elle. Si mon père était dans un autre domaine, j’aurais peut-être été architecte. »
À 18 ans, Caroline Scheufele intègre l’entreprise familiale et manie à la fois la création et les affaires. C’est elle qui aura l’idée de décliner la fameuse collection horlogère « Happy Diamonds » en une ligne de bijoux, conçue sur le même principe, avec son diamant qui bouge en semi-liberté sur le cadran. Elle qui, à l’occasion de l’ouverture d’une de leurs boutiques à Cannes, imagine une possible collaboration avec le mythique festival cinématographique. Elle qui redessinera la fameuse palme d’or du festival, exécutée en or 24 carats, coulée à la main dans un moule en cire, puis fixée sur un cristal de roche taillé en forme de diamant. Elle enfin qui veillera depuis 1985 à la production et au développement de la marque, en parfaite entente avec son frère Karl-Friedrich qui s’occupe des montres pour hommes.
Le tapis rouge, qui lui est familier, lui a permis de croiser de nombreuses stars. De choisir les plus en vue et d’en faire des égéries. Cate Blanchett, Marion Cotillard, Angelina Jolie, Sharon Stone, Catherine Deneuve en sont quelques-unes. En 2001, elle crée le trophée Chopard qui récompense des révélations masculines et féminines du cinéma, lors du festival. Très impliquée dans des associations caritatives, Caroline Scheufele collabore activement avec Elton John Aids Foundation, José Carrera’s international Leukaemia foundation, ou encore la WWF’s Tiger initiative. En 2011, elle a reçu le Award of courage AMFAR au cours du célèbre gala annuel.
Lucide, décidée, elle conclut, avec une belle sérénité : « Notre objectif est de continuer à créer, inventer des choses qui n’ont pas encore été faites. Ce n’est pas évident, à une époque où le monde ne va pas très bien. »

