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Nos lecteurs ont la parole

Sortir du pétrin

George SABAT, ACMI
J’avoue ne rien comprendre
à ce qui se passe à l’heure
actuelle.
En effet, prenons le cas des augmentations salariales prévues depuis le mois d’octobre 2011. J’ai lu précédemment que notre ministre des Finances avait calculé que celles-ci allaient coûter à l’État aux alentours de 750 millions de dollars par an. Je trouve un tel chiffre plutôt élevé, même pour 200 000 fonctionnaires. N’empêche que l’État n’a pas à l’heure présente les moyens de payer de telles sommes sans s’endetter davantage ou sans lever de nouveaux impôts, ce qui soulèverait des montagnes de protestations.
Alors, quelle est la solution ?
Revoyons les faits tels qu’ils se présentent à l’heure actuelle :
1. Le Liban vit, à présent, à crédit en signant chaque année trois milliards de dollars de traites pour payer le service de sa dette actuelle de
$ 60 milliards (et non $ 54 milliards comme l’indiquent les « rapports officiels »).
2. D’autre part, le Liban gaspille chaque année trois autres milliards de dollars qu’il pourrait économiser, s’il le voulait vraiment. Le malheur, c’est qu’il ne le veut pas. Autrement il aurait engagé depuis belle lurette les réformes nécessaires pour atteindre cet objectif.
3. L’état catastrophique de notre infrastructure (on nous fait entrevoir des pénuries d’eau en septembre, sans compter les coupes sombres de l’électricité, l’engorgement de nos routes, et l’accumulation phénoménale des déchets nocifs) nécessite un nouvel investissement de  20 milliards de dollars, dixit le ministre Mohammad Safadi. À l’heure présente, nous n’en avons pas le moindre sou. Les 450 millions de dollars requis pour démarrer le projet de l’électricité ont été soutirés au contribuable après mille efforts et discussions en Parlement. À propos, qu’en avons-nous fait ?
Mais cela est une autre question, n’est-ce pas ?
4. On nous promet monts et merveilles qui proviendraient de l’exploitation de nos richesses pétrolières et gazières sans nous donner le moindre détail concret. Israël travaille sur cette question depuis 2007 et espère commencer à récolter cette année ou l’année suivante. À ce train-là, si nous commencions « demain » à travailler (Inch’Allah), nous pourrions espérer récolter en 2018. Mais entre-temps, qu’allons-nous faire ?
Alors, que faire ? Un État n’est pas bien différent d’un fond de commerce. Tous deux se doivent d’être bien gérés si leurs propriétaires veulent éviter la faillite.
Quant à la manière de sortir du pétrin, elle ne diffère pas sensiblement dans les deux cas. À peu près le même processus devrait être suivi. En ce qui concerne l’État libanais, voici comment je l’imagine.
1. Nous devrions commencer par établir un état aussi précis que possible de notre actif et de notre passif. Pour ce faire, il faudrait d’abord déterminer avec précision où en est l’État libanais sur le plan financier. En d’autres termes, mettre notre comptabilité publique en ordre. C’est ce que précisément le président de la commission parlementaire des Finances est en train d’essayer de réaliser, quoique avec un succès mitigé, vu les circonstances...
2. Deuxième étape : étudier le meilleur moyen de nous sortir du pétrin durant les cinq prochaines années. Pour ce faire, il faudrait évaluer les montants suivants :
a- Les dépenses pour subvenir aux besoins sociaux des citoyens (les plans d’éducation, de santé et d’aide sociale) ainsi que les dépenses de fonctionnement de l’État (plan de débours budgétaire).
b- Les investissements pour remettre en état notre infrastructure nationale (les plans d’eau, d’électricité, de routes et transports, de traitement des déchets, le coût estimé de développement des ressources gazières et pétrolières, etc.).
c- Les revenus qui proviendraient du développement économique du pays, plus communément appelé produit intérieur brut ou PIB (les plans d’agriculture, d’industrie, du tourisme, des télécommunications, du commerce, des services, etc.).
d- Les revenus directs qui proviendraient de la levée d’impôts raisonnables et équitables. En d’autres termes une stratégie fiscale qui ne risquerait pas de ruiner le bon peuple, mais, par contre, réussirait à éviter le gaspillage de trois milliards de dollars par an dont souffre le Trésor à l’heure actuelle.
3. Troisième étape : ayant ainsi établi une liste aussi précise et compréhensive que possible des besoins de l’État et de ses ressources anticipées au cours des cinq prochaines années, nos dirigeants seraient alors à même de déterminer, avec plus ou moins de précision, l’étendue du financement dont ils auraient forcément besoin pour exécuter ce programme ambitieux. Cet exercice budgétaire, communément appelé stratégie financière, viendrait couronner ce travail minutieux.
4. Quatrième étape : cette dernière approche, la recherche des commanditaires, consisterait à examiner les différentes possibilités qui se présentent à l’État pour équilibrer ses recettes et ses débours au moyen de dons ou d’emprunts aux meilleures conditions possibles. Il va sans dire que, dans ce contexte, une politique étrangère adroite pourrait grandement faciliter l’octroi de l’aide internationale requise. D’autre part, la perspective de revenus futurs en provenance de l’exploitation de nos ressources potentielles pétrolières et gazières pourrait sans conteste influencer favorablement les prêteurs ou donateurs étrangers, à condition de leur démontrer que nous sommes sérieux à tous les points de vue. De même, il est conseillé à nos dirigeants de bien négocier les termes de tels emprunts afin de ne pas renouveler l’erreur qui nous a conduits à accumuler une dette nationale de soixante milliards de dollars.
À bon entendeur, salut.

George SABAT, ACMI
J’avoue ne rien comprendre à ce qui se passe à l’heure actuelle.En effet, prenons le cas des augmentations salariales prévues depuis le mois d’octobre 2011. J’ai lu précédemment que notre ministre des Finances avait calculé que celles-ci allaient coûter à l’État aux alentours de 750 millions de dollars par an. Je trouve un tel chiffre plutôt élevé, même pour 200 000 fonctionnaires. N’empêche que l’État n’a pas à l’heure présente les moyens de payer de telles sommes sans s’endetter davantage ou sans lever de nouveaux impôts, ce qui soulèverait des montagnes de protestations.Alors, quelle est la solution ?Revoyons les faits tels qu’ils se présentent à l’heure actuelle :1. Le Liban vit, à présent, à crédit en signant chaque année trois milliards de dollars de traites pour payer le service...
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