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Nos lecteurs ont la parole

Les Libanais en otages

Par Joseph W. ZOGHBI
Les millions de Libanais restent perplexes et impuissants devant l’insouciance des autorités convaincues qu’elles sont libres d’agir comme elles l’entendent à leurs postes de responsabilité. Ces responsables croient vraiment qu’ils sont les propriétaires absolus des vies et des destinés de leurs concitoyens. Ils s’arrêtent de travailler quand ils veulent et détournent les lois et la Constitution à leur guise, sachant très bien que le peuple, lui-même divisé et sectaire bien que subissant les mêmes injustices, ne peut réagir de crainte que chaque mouvement ne soit compris comme une provocation « sectaire ». Forts de ce constat, ils cultivent leur ego d’une manière outrancière et sans aucun égard.
Le résultat ? Ou bien les ressources de l’État sont pillées sans aucun scrupule, ou bien l’État tout entier est paralysé par les querelles. L’un ou l’autre des cas de figure laisse le pauvre citoyen désespéré devant la tournure que prennent toujours les événements. C’est un drame humain incroyable que d’être ainsi frustré sans pouvoir réagir.
La paralysie touche tous les aspects de la vie quotidienne : sécurité, eau, électricité, circulation, environnement, éducation, santé, culture... Le citoyen est avide d’amélioration de son quotidien, et même s’il l’espère toujours, il n’y croit plus. Il est confronté à chaque heure de la journée à des mensonges, à des coups bas des uns et des autres. Se rendent-ils compte que ce citoyen n’est pas idiot et comprend très bien les entourloupes et les malhonnêtetés de chacun des protagonistes ?
Plus dangereux, il voit des régions entières de son pays passer sous le contrôle d’« éléments incontrôlés » qui pourraient fort bien, un jour, pointer leurs fusils de ce côté de la frontière. Nous sommes témoins encore une fois de l’insouciance des responsables de notre sécurité. Et qu’on ne vienne pas nous dire le contraire, les faits s’étalent au grand jour et il n’y a aucune réaction pour nous informer de ces faits.
Le Liban risque sa peau et ses dirigeants cultivent leur ego. Ils laissent aussi filer le temps, qui est tellement nécessaire pour que nous nous développions et que nous passions à autre chose que l’inquiétude face aux premières nécessités de la vie. Le potentiel humain du Liban est important ; il est tout autant frustré de ne pouvoir compter sur son pays pour exploiter son talent. Ce potentiel qui s’effrite au fil des jours et des années en se délocalisant vers d’autres cieux alors que nos « responsables » boudent...
Révoltant, humiliant, insoutenable, inconcevable. Alors que la solution est devant nous. Honnêteté, intégrité, justice, sérieux, franchise. Il suffit de choisir sa série pour que le Liban devienne le paradis de Dieu sur terre.
Notre cœur saigne car le Libanais sait au fond de lui-même que cette « normalisation » de la vie politique n’arrivera que si l’exécutif applique scrupuleusement le texte et l’esprit de la Constitution et des lois, et si le législateur comble les manquements et les insuffisances de ces lois. Mais il sait aussi que ni l’un ni l’autre ne se fera jamais.
Les millions de Libanais restent perplexes et impuissants devant l’insouciance des autorités convaincues qu’elles sont libres d’agir comme elles l’entendent à leurs postes de responsabilité. Ces responsables croient vraiment qu’ils sont les propriétaires absolus des vies et des destinés de leurs concitoyens. Ils s’arrêtent de travailler quand ils veulent et détournent les lois et la Constitution à leur guise, sachant très bien que le peuple, lui-même divisé et sectaire bien que subissant les mêmes injustices, ne peut réagir de crainte que chaque mouvement ne soit compris comme une provocation « sectaire ». Forts de ce constat, ils cultivent leur ego d’une manière outrancière et sans aucun égard. Le résultat ? Ou bien les ressources de l’État sont pillées sans aucun scrupule, ou bien l’État tout...
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