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Liban - Éclairage

La « rébellion » de Nahas n’arrange personne...

Le dernier entretien Nabih Berry-Michel Aoun à Aïn el-Tiné marque-t-il un tournant décisif dans la crise ministérielle ? C’est en tout cas l’avis de certains observateurs, qui ne sont pas sans constater que le président de la Chambre a de nouveau endossé l’habit du médiateur après avoir tâté le pouls des protagonistes, par le biais du tandem habituel Ali Hassan Khalil et Hussein Khalil, et compris que tout le monde ne souhaite qu’une seule chose : sortir de l’impasse. D’autant que le secrétaire général du Hezbollah a fixé les limites à ne pas franchir lors de ses dernières apparitions télévisées en proclamant le caractère indispensable du gouvernement Mikati dans le tumulte régional actuel.
Nabih Berry repart donc en mission. Après avoir rencontré Nagib Mikati à deux reprises, il a obtenu grâce à un ami commun que M. Aoun se rende à Aïn el-Tiné. Les deux hommes ont donc déjeuné ensemble pour plancher sur une sortie de crise, et le président de la Chambre a tenté d’expliquer au chef du Courant patriotique libre que c’est à lui qu’il revenait de trouver un moyen de débloquer la situation : en l’occurrence en demandant à « son » ministre du Travail, Charbel Nahas, de signer le décret sur les indemnités de transport. M. Berry a ajouté qu’il était envisageable de discuter de la proposition de loi du député Ibrahim Kanaan sur les indemnités de transport et les bourses scolaires au Parlement, mais après la signature par M. Nahas du décret, lequel peut être amendé après son adoption, a-t-il souligné. Une condition posée par le Sérail, pour qui l’examen de la proposition de loi à la Chambre et son adoption n’exemptent pas le ministre du Travail de son devoir constitutionnel de signer le décret. Pour la présidence du Conseil, il s’agit d’une question de principe : la rebuffade de Charbel Nahas ne constitue pas qu’une atteinte à la Constitution, mais pourrait marquer un précédent grave, en ce sens que le ministre outrepasse dans son acte les prérogatives du président de la République et du chef du gouvernement. Il s’agit donc, aux yeux du Sérail, de rien moins qu’une « insurrection ». Qu’à cela ne tienne, un député aouniste reconnaît que M. Nahas finira par signer le décret demain, mercredi, puisque Michel Aoun s’est déjà engagé dans ce sens auprès de Nabih Berry durant leur entretien, et que les atermoiements du ministre ne visent qu’à gagner du temps pour trouver une issue cosmétique honorable. Ce qui fait hurler le camp du 14 Mars, pour qui ce retard irresponsable, mais volontaire, bloque l’action du Conseil des ministres.
Les milieux du Sérail affirment ainsi que le ministre a été chargé depuis plusieurs mois de plancher sur un projet de loi sur le redressement des salaires, les indemnités de transport et les bourses scolaires, et s’interrogent sur les raisons pour lesquelles ce projet de loi n’a jusqu’à présent pas vu le jour. Et, surtout, pourquoi le CPL n’a-t-il décidé que maintenant de présenter une proposition de loi sur cette question, après de longs mois d’inaction ? Pour ces sources du Sérail, le discours aouniste victimaire et accusateur, qui rejette en permanence la responsabilité sur les autres, n’améliore pas la situation. Et de se demander pourquoi les ministres aounistes ne se rendent-ils pas à l’évidence et ne reconnaissent pas qu’ils n’ont tout simplement pas su faire leur devoir. La négligence est manifeste au niveau du dossier du courant électrique, affirme-t-on ainsi de source ministérielle. Les bateaux de fuel que le ministre Gebran Bassil achemine vers le Liban ne pourront que compenser la quantité de production de courant électrique assurée par la centrale de Zouk, puisque cette dernière sera bientôt fermée pour rénovation. Le Liban risque bientôt de replonger dans le noir, précise cette source.
Mais retour aux considérations qui animent le président Berry, en l’occurrence le mot d’ordre fixé par le patron du Hezbollah : l’heure n’est pas à la chute des gouvernements au Liban. Avec la démission du cabinet, le 8 Mars perd en effet le pouvoir et la majorité parlementaire. C’est donc sous l’influence manifeste de Hassan Nasrallah que Nabih Berry a obtenu de Michel Aoun un assouplissement de ses positions. De plus, ni les menaces de M. Mikati de remettre son tablier, ni sa visite à Paris à Saad Hariri, ni ses contacts intensifiés avec Fouad Siniora et les députés du courant du Futur ne sont de nature à rassurer le 8 Mars. Contrairement à ses camarades au sein de la majorité, le Premier ministre a d’ailleurs été épargné par les chefs de file de l’opposition lors du meeting du 14 février dernier au BIEL, ce qui n’aide pas à apaiser les craintes de l’équipe au pouvoir...
Pourtant, un ministre proche de Nagib Mikati s’efforce de démentir. Encore une fois, la position du Premier ministre concernant l’affaire de l’indemnisation du transport ne découle pas, dit-il, d’une volonté d’en découdre avec le CPL, ses ministres et son chef. Il s’agit d’une question de principe et de préservation des usages et des coutumes constitutionnels, du règlement intérieur du Conseil des ministres en vigueur depuis 1992, et des prérogatives du président de la République, du président du Conseil et du Conseil des ministres. Mais « la rébellion » de Charbel Nahas n’ira pas bien loin, souligne-t-il, en estimant que le ministre du Travail signera le décret avant la séance parlementaire de mercredi.
Le dernier entretien Nabih Berry-Michel Aoun à Aïn el-Tiné marque-t-il un tournant décisif dans la crise ministérielle ? C’est en tout cas l’avis de certains observateurs, qui ne sont pas sans constater que le président de la Chambre a de nouveau endossé l’habit du médiateur après avoir tâté le pouls des protagonistes, par le biais du tandem habituel Ali Hassan Khalil et Hussein Khalil, et compris que tout le monde ne souhaite qu’une seule chose : sortir de l’impasse. D’autant que le secrétaire général du Hezbollah a fixé les limites à ne pas franchir lors de ses dernières apparitions télévisées en proclamant le caractère indispensable du gouvernement Mikati dans le tumulte régional actuel. Nabih Berry repart donc en mission. Après avoir rencontré Nagib Mikati à deux reprises, il a obtenu grâce à...
commentaires (2)

Jabbour, c'est tellement clair pour tous qu'il va peut-être démissionner et provoquer une ènième crise gouvernementale. C'est à la carte ça aussi.

Robert Malek

08 h 49, le 21 février 2012

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Commentaires (2)

  • Jabbour, c'est tellement clair pour tous qu'il va peut-être démissionner et provoquer une ènième crise gouvernementale. C'est à la carte ça aussi.

    Robert Malek

    08 h 49, le 21 février 2012

  • - - Le ministre Charbel Nahas ne signera pas le décret avant la séance parlementaire , mais après ! que cela soit clair pour tous . Les règlements en conseil des ministres suivis illégalement et anticonstitutionnellement depuis 1992 , devront dorénavant changer et embrasser la constitution de A à Z , et le PM n'a plus d'autres choix que de s'y conformer avec le président de la République à la lettre de cette constitution de tAEF sinon , ce sera la troisième République avec une nouvelle constitution !!! Choisissez messieurs c'est à la carte .

    JABBOUR André

    00 h 38, le 21 février 2012

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