"Notre vie physique n’est qu’une tentative continue pour s’unir avec l’absolu."
Il est difficile de croire qu’il existe quelque part une autre Mecque, une autre Arabie saoudite que cette terre austère de l’islam rigoriste et de l’interdit que l’on croit connaître sans même avoir besoin d’y mettre les pieds. Et pourtant, malgré le règne des innombrables princes et leur atroce moutawa, malgré l’exubérance du pétrole et le fourmillement des pèlerins, malgré les voiles de la prohibition et le poids du silence imposé, une ville, une terre différente, inconnue, inexplorée, oubliée, continue de respirer. Une Mecque intime, secrète, mystérieuse, timide, farouche, insondable, que l’on ne rencontre que dans l’œuvre de Rajaa Alem, probablement nulle part ailleurs.
Cette Mecque-là, la romancière, dramaturge et conteuse saoudienne aspire à l’entretenir, à la faire vivre, à la retenir d’une chute dans l’oubli, établissant avec elle une relation quasi fusionnelle. « La Mecque est ma première ville, elle a façonné mon identité et me représente comme mon empreinte digitale », affirme-t-elle lors d’un entretien avec L’Orient Littéraire dans son domicile parisien. « Ma bonne fortune a voulu que je naisse dans la ville vers laquelle se dirige le cinquième de la population mondiale pour accomplir ses prières quotidiennes, dans ce centre d’une énergie universelle, ajoute-t-elle. C’est comme si nous autres Mecquiens nous trouvions au cœur d’un mouvement de marées haute et basse d’énergie chaque jour. Cela élargit nos perspectives. »
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Cette Mecque-là, la romancière, dramaturge et conteuse saoudienne aspire à l’entretenir, à la faire vivre, à la retenir...

