Il existe toutefois des différences de tonalité au sein du bloc, certains de ses membres affichant leur optimisme pour ce qui est de la reprise des réunions du cabinet, alors que d’autres se montrent plus sceptiques.
À l’issue d’un entretien avec le métropolite grec-orthodoxe de Beyrouth, Mgr Élias Audi, le ministre des Télécoms, Nicolas Sehnaoui, a souligné qu’un bloc de dix ministres au sein du gouvernement « devrait être pris en considération, d’autant que c’est le bloc qui représente les chrétiens au sein du pouvoir exécutif ». « Toutes les parties devraient reconnaître ce partenaire essentiel », a-t-il ajouté.
« Lorsque le chef druze réclame quelque chose, il l’obtient, et il en est de même pour le duo chiite. Mais dès qu’il s’agit des chrétiens, tout le monde veut fourrer son nez. Cela ne doit plus se répéter, nous serons intraitables à ce sujet », a-t-il dit.
Moins radical, le ministre du Tourisme, Fadi Abboud, s’est déclaré « optimiste » à l’issue d’une visite chez le mufti de la République, cheikh Mohammad Rachid Kabbani. « Les propos tenus hier (mercredi) par le Premier ministre étaient clairs. Le gouvernement se porte très bien et je pense que ce qui s’est passé n’est qu’un nuage d’été. »
Démentant les informations selon lesquelles il prendrait le portefeuille du Travail de son collègue Charbel Nahas afin de régler le problème issu de la décision de M. Nahas de ne pas signer le décret sur les indemnités aux salariés au titre des transports, M. Abboud a souligné que le bloc du Changement et de la Réforme allait soumettre une proposition de loi au cours de la séance législative de la Chambre sur cette question et que le député Nabil de Freige, du bloc du Futur, a présenté lui aussi un texte à ce sujet. « Si l’une des deux propositions est adoptée, le problème est réglé », a-t-il dit.
Cependant, pour le député Nabil Nicolas, l’un des faucons du CPL, « la décision de paralyser le Conseil des ministres a été prise pour couvrir la fuite du président de la République et du Premier ministre devant leurs responsabilités ».
Affirmant lui aussi que le général Aoun « représente les chrétiens au sein du gouvernement », il a démenti tout « désaccord » à l’intérieur de son bloc. « Si au cours de la discussion, deux personnes donnent des avis divergents, peut-on parler de désaccord ? » s’est-il interrogé.
De son côté, le ministre d’État Panos Manjian, qui représente le Tachnag, a souligné « la solidarité totale » des composantes du bloc du Changement et de la Réforme et appelé à ne pas « jouer sur cette corde ».
Hamadé : Il n’y a plus de pouvoir au Liban
Du côté de l’opposition, le bloc du Futur, qui s’est réuni hier sous l’égide de son président, Fouad Siniora, a imputé au « gouvernement et aux forces qui y prédominent la responsabilité de la détérioration de la situation » au Liban, évoquant par ailleurs des « comportements revanchards » dans diverses institutions du secteur des télécoms ainsi qu’à l’Université libanaise.
Cependant, le bloc s’est montré satisfait des propos attribués mercredi au président de la République et selon lesquels Baabda a pris note de la décision du secrétaire général de l’ONU de proroger pour trois nouvelles années le mandat du Tribunal spécial pour le Liban. Ces propos « mettent fin à une phase de surenchères et de batailles illusoires desquelles le pays se serait bien passé », a souligné le bloc.
Quant à Marwan Hamadé, député du Chouf, il a estimé qu’il n’y avait « plus de pouvoir au Liban » et que « tout se déglingue ». « Il faudra reconstruire, comme dit cheikh Samy Gemayel », a-t-il ajouté.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
J'admire la lucidité et l'intelligence de M. Marwan HAMADE. Il sait de quoi il parle. Quand le Liban aura un gouvernement digne de ce nom, et qu'il se remettra au travail, au-delà des querelles partisanes, le Liban se reconstruira plus beau et plus juste qu'avant. La seule est question est: mais quand ?
12 h 16, le 17 février 2012