Le SNPL, syndicat de pilotes de ligne très majoritaire à Air France, déplorait « l’absence de rendez-vous pendant le conflit » contre un encadrement plus strict du droit de grève, qui doit s’achever ce soir. Il doit être reçu demain au ministère des Transports. « On ira à cette réunion » et « ce que l’on obtiendra ou pas conditionnera la suite du mouvement », a indiqué Yves Deshayes, président du SNPL, soulignant que l’actuel préavis de grève était reconductible. « On les reçoit quand ils veulent », a réagi le ministre des Transports Thierry Mariani, ajoutant qu’il était « hors de question » que le gouvernement « bouge sur le texte » qui est « non seulement utile, mais indispensable ».
Si les préavis (du 6 au 9 février) ont été déposés par l’ensemble des syndicats – pilotes, hôtesses et stewards, personnel au sol et prestataires –, les pilotes d’Air France restent en pointe dans la mobilisation, qui a entraîné des centaines d’annulations de vols. Le SNPL avançait hier un taux de plus de 60 % de grévistes, du même ordre que la veille. Air France annonçait, en plus des annulations préventives déjà décidées, de nouvelles annulations « à chaud », c’est-à-dire de dernière minute selon la terminologie de l’entreprise : 5 % des vols court et moyen-courriers (qui représentent 95 % des quelque 1 500 vols quotidiens assurés en moyenne par la compagnie). À la mi-journée, la compagnie assurait que le programme de vols se déroulait en conformité aux prévisions, soit 60 % de ses vols long-courriers et 70 % des vols court et moyen-courriers.
Depuis le début, la compagnie prévient en amont ses passagers et facilite le report ou l’annulation de billets, de sorte que la situation soit calme dans les aéroports, certains passagers ayant par ailleurs bénéficié d’une solution alternative de voyage (autre vol d’Air France par exemple).
Cette grève, qui coûte de 8 à 10 millions d’euros par jour à la compagnie selon la direction, intervient alors que le groupe Air France-KLM a annoncé en janvier un plan d’urgence visant à économiser deux milliards d’euros sur trois ans et que doit se tenir vendredi un comité central d’entreprise censé lancer un vaste chantier de renégociation des accords d’entreprise.
(Source : AFP)

