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Nos lecteurs ont la parole

Triste fin

Raymond NAHAS
J’ai retrouvé un ami que j’avais perdu de vue depuis longtemps et qui est venu me présenter ses vœux pour la nouvelle année 2012.
Au cours de notre conversation, il m’a avoué ressentir une terrible angoisse car depuis son jeune âge, il avait travaillé nuit et jour pour se faire une place au soleil ; il avait créé un empire dans sa branche avec ses deux fils qui étaient aussi travailleurs que leur père. Ces derniers venaient de lui déclarer qu’ils voulaient quitter ce Liban inhospitalier, pour aller s’installer à Abou Dhabi et à Dubaï où, à l’occasion d’un séjour de vacances, ils avaient apprécié la discipline, la joie de vivre et la tranquillité de l’atmosphère qui règne dans ces deux émirats.
Ils ont avoué à leur père qu’au Liban, ils vivaient dans une angoisse perpétuelle, à la merci de mafieux ou de milices, qui semaient la terreur dans leur localité et ses environs, et qu’ils ne voulaient plus se soumettre au diktat de ces énergumènes qui, parce qu’ils sont affiliés à un parti, se croient tout permis.
En étudiant la situation à tête froide, et en lisant L’Orient-Le Jour chaque matin, je me rends compte que nous vivons sur un volcan en ébullition. Meurtres, rapts, insultes, provocations, menaces sont notre menu quotidien.
Quand on voit des villageois libanais attaqués par des soldats syriens, quand on se rend compte de tous les crimes commis pendant des années et demeurés impunis, quand on voit des assassins se promener dans les rues, devant des gendarmes qui n’osent pas agir, quand on voit des régions entières du Liban interdites à la police et à l’armée, quand on voit des débits de boissons et des restaurants huppés plastiqués pour les empêcher de vendre l’alcool, alors que nous sommes un pays touristique par excellence, quand on voit enfin toutes armes aux mains de gens inconscients, qui souvent ne sont pas libanais, on se demande avec effroi où nous allons.
Je demande à mes concitoyens de garder le sourire, de croire encore à un Liban uni, d’espérer en cette Vierge du Liban qui nous a protégés depuis des siècles, et de demander à Dieu de déciller enfin les yeux de nos dirigeants, qui doivent ne penser que Liban et ne pas faire de notre beau pays le champ de bataille du Moyen-Orient.

Raymond NAHAS
J’ai retrouvé un ami que j’avais perdu de vue depuis longtemps et qui est venu me présenter ses vœux pour la nouvelle année 2012.Au cours de notre conversation, il m’a avoué ressentir une terrible angoisse car depuis son jeune âge, il avait travaillé nuit et jour pour se faire une place au soleil ; il avait créé un empire dans sa branche avec ses deux fils qui étaient aussi travailleurs que leur père. Ces derniers venaient de lui déclarer qu’ils voulaient quitter ce Liban inhospitalier, pour aller s’installer à Abou Dhabi et à Dubaï où, à l’occasion d’un séjour de vacances, ils avaient apprécié la discipline, la joie de vivre et la tranquillité de l’atmosphère qui règne dans ces deux émirats. Ils ont avoué à leur père qu’au Liban, ils vivaient dans une angoisse perpétuelle, à la merci de...
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