Rechercher
Rechercher

Nos lecteurs ont la parole

Il faut croire…

Karim DAHER
« Il faudrait comprendre que les choses sont sans espoir et être pourtant décidé à les changer. » C’est par ces mots que Scott Fitzgerald, auteur mythique des années vingt du siècle écoulé, essayait d’insuffler la foi à ses camarades de ce qui fut jadis appelé la « lost generation ».
Faisant moi-même partie d’une autre « lost generation », j’ai gravité sans trop le vouloir, ces dernières décades, dans un environnement fiscal et financier où le racket fiscal des contribuables et le vol organisé des finances de l’État étaient de mise.
Je savais qu’il était difficile d’espérer dans un environnement clientéliste et confessionnel rongé jusqu’à la lie par la corruption, mais j’avais aussi conscience que si l’on ne faisait rien pour changer la donne et redonner une certaine vertu à « la chose publique », c’était de l’existence même de cette nation libanaise qu’il en allait. C’est la raison pour laquelle j’ai voulu avec d’autres amorcer un prémisse de changement en contestant puis en nous opposant à ce qui peut être défini aujourd’hui comme une « inquisition fiscale ». Le combat était inégal car nous n’avions pour arme que notre seul savoir académique et pour munitions notre logique juridique. Mais il était dit que l’aboutissement concluant de cette entreprise passait inexorablement par le respect d’une trilogie de principes sacro-saints : la foi, l’intégrité et l’audace... La foi sans laquelle aucune tempête ne peut être mâtée, l’intégrité qui au moindre ratage fait ressortir un passé synonyme d’héritage lourd à porter quand l’heure de faire chanter arrive, et enfin l’audace, seul carburant de toute véritable action tranchante et concluante.
À l’heure qu’il est et « au bout de cette longue nuit », nous commençons à enregistrer quelques succès de rang, et la justice administrative représentée par le Conseil d’État a délivré récemment un délibéré qui est une véritable décision de principe condamnant l’État à plus de rigueur et à moins d’arbitraire dans ses entreprises de contrôle et d’imposition des contribuables. L’administration elle-même, sentant se lever le vent du changement, fait circuler des directives fixant des règles strictes de contrôle et mettant en garde contre tout irrespect des normes ou dépassement de prérogatives par ses agents.
Cela n’est toutefois pas suffisant pour donner une pérennité à cette entreprise et enregistrer son action dans une dynamique de continuité. C’est pourquoi il a été décidé de lancer très prochainement une Association libanaise pour la défense des intérêts des contribuables (Aldic), seul vecteur commun à tous les secteurs économiques et à toutes les classes sociales. Celle-ci aura pour but, d’une part de renseigner le contribuable sur ses droits et obligations et relayer son action auprès du fisc, et d’autre part d’être une véritable antichambre législative pour proposer des projets de lois et règlements modernes et adaptés en compensant la léthargie du Parlement, trop occupé par ses diatribes de caniveau. Car voyez-vous, dans un pays comme le nôtre, le changement ne viendra jamais de la suprastructure mais bien de l’infrastructure que nous représentons tous.
Ce message est adressé à tous ceux qui, dans ces colonnes ou ailleurs, ont enregistré des doléances ou émis des souhaits de changement. L’espoir reste permis à condition qu’il commence sur le perron de votre porte.
D’autres ont déjà essayé et ont réussi dans des domaines variés. Je pense notamment à l’écologie avec Feu vert, ou à la sécurité routière avec Kunhadi, ou à défense des droits des serviteurs à gage avec Human Rights Watch, pour ne citer que ceux-là, voire tous ceux qui ont lutté et continuent de le faire contre le cancer et la délinquance, et d’autres encore et encore. Notre société a besoin de l’aide et de la participation de toutes et de tous. Elle a aussi et surtout besoin de comprendre et de croire... pour espérer.

Karim DAHER
« Il faudrait comprendre que les choses sont sans espoir et être pourtant décidé à les changer. » C’est par ces mots que Scott Fitzgerald, auteur mythique des années vingt du siècle écoulé, essayait d’insuffler la foi à ses camarades de ce qui fut jadis appelé la « lost generation ».Faisant moi-même partie d’une autre « lost generation », j’ai gravité sans trop le vouloir, ces dernières décades, dans un environnement fiscal et financier où le racket fiscal des contribuables et le vol organisé des finances de l’État étaient de mise.Je savais qu’il était difficile d’espérer dans un environnement clientéliste et confessionnel rongé jusqu’à la lie par la corruption, mais j’avais aussi conscience que si l’on ne faisait rien pour changer la donne et redonner une certaine vertu à « la...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut