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À La Une - Syrie

"Miser sur Assad, c'est se vouer à l'échec", prévient Washington

Washington ferme son ambassade à Damas ; Riyad met en garde contre une "catastrophe humanitaire" en Syrie ; plus de 60 personnes tuées à Homs, violemment pilonnée.

Des manifestants anti-Assad ont brûlé des pneus lundi à Darayya, près de Damas. Handout/

Barack Obama s'est engagé à rester ferme dans l'application des sanctions infligées à la Syrie et à accentuer la pression sur son homologue Bachar el-Assad pour l'amener à renoncer au pouvoir. "Je pense qu'il est très important pour nous d'essayer de résoudre cela sans recourir à une intervention militaire extérieure et je pense que c'est possible", a dit le président des Etats-Unis dans un entretien diffusé lundi par la chaîne NBC.

 

Joignant la parole aux actes, les Etats-Unis ont fermé leur ambassade à Damas et évacué lundi leurs derniers fonctionnaires présents en Syrie, le régime syrien n'ayant pas répondu aux inquiétudes de Washington en matière de sécurité, a rapporté CNN. Citant un haut responsable du département d'Etat, la chaîne d'information a expliqué que l'ambassade était devenue "une cible potentielle" d'attentat suicide.

 

Les propos de M. Obama interviennent alors que le blocage reste entier au niveau de la communauté internationale face au conflit en Syrie.

Samedi, la Chine et la Russie ont opposé au Conseil de sécurité de l'ONU leur veto au projet de résolution condamnant la répression en Syrie et soutenant le plan arabe de sortie de crise. Le plan arabe prévoit un arrêt des violences et le transfert des pouvoirs de Bachar el-Assad à son vice-président avant l'ouverture de négociations avec l'opposition.

 

Ce double véto, le deuxième depuis le début de la révolte en Syrie il y a près de 11 mois, a provoqué l'indignation dans le monde arabe, en Occident et au sein de l'opposition syrienne.

Mais la Russie, alliée de Damas, a contre-attaqué lundi. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov, attendu mardi à Damas, a dénoncé la réaction "indécente et hystérique" de l'Occident, et expliqué avoir opposé son veto parce que la résolution ne mentionnait pas la nécessité pour l'opposition de se distancer "des extrémistes armés".

 

La Chine a de son côté assuré qu'elle ne cherchait pas à protéger la Syrie, et a renvoyé pouvoir et opposition dos à dos en appelant "toutes les parties" à cesser les violences.

 

Le porte-parole du président Obama, Jay Carney, a affirmé, sans toutefois citer Pékin ou Moscou, que certains pays "ne devraient pas essayer de parier sur le régime Assad, car c'est un pari perdu d'avance". "Tout miser sur Assad, c'est se vouer à l'échec", a insisté M. Carney lors de son point de presse quotidien, en assurant que M. Assad possédait un contrôle "au mieux, très limité" sur son pays en proie à une révolte réprimée dans le sang depuis mars 2011, et que ses ressources financières se tarissaient. Il a aussi qualifié le pouvoir en place à Damas de "régime criminel".

 

 

Une pancarte brandie à Idleb : "Qui bombardes-tu

Bachar? Les habitants de Deraaet de Homs?

Tueur d'enfants..." Photo Youtube

 

Après l'échec des efforts diplomatiques à l'ONU, les Etats-Unis et l'Union européenne ont annoncé leur volonté de renforcer les sanctions contre Damas. Après Washington, Londres a dit réfléchir à "d'autres moyens de faire pression" sur le régime syrien.

Et à Paris, le président français Nicolas Sarkozy a promis que l'Allemagne et la France ne laisseraient "pas tomber le peuple syrien" et n'accepteraient pas "le blocage d'une communauté internationale", lors d'une conférence de presse commune avec la chancelière allemande Angela Merkel. Plus tôt, Gérard Longuet, ministre de la Défense, s'était lui aussi indigné du veto sino-russe, assurant qu'il y a "des cultures politiques qui méritent des coups de pied au cul".

 

Une source diplomatique européenne a indiqué à notre correspondante aux Nations unies, Sylviane Zehil, que dans cette affaire de veto, le rôle du représentant russe aux Nations unies Vitali Tchourkine, tiendrait plus du "télégraphiste que du véritable négociateur", M. Tchourkine s’étant vu opposé deux "niet" de Moscou, après avoir laissé entendre, la semaine dernière, que des progrès étaient possibles sur la question de la résolution.

 

A Riyad, le conseil des ministres saoudien a appelé lundi à "des mesures décisives" pour arrêter "l'effusion de sang en Syrie", mettant en garde contre "une catastrophe humanitaire" dans ce pays. L’Arabie saoudite, qui a fait montre de fermeté à l'encontre du régime syrien depuis le début des troubles en Syrie, n'a pas précisé la nature des mesures décisives qu'il préconise.

L'appel de Riyad intervient alors que les ministres des Affaires étrangères des six monarchies pétrolières du Golfe, dont l'Arabie saoudite, doivent tenir une réunion samedi dans la capitale saoudienne consacrée à la crise syrienne.

 

Sur un ton beaucoup plus alarmiste, le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil el-Arabi, a affirmé lundi que l'usage des armes lourdes contre la population en Syrie marque une escalade qui pousse le pays vers la guerre civile.

 

Les forces syriennes ont repris lundi matin les bombardements à Homs, fief de l'opposition, et auraient fait plus de 60 morts, selon des opposants. Le pilonnage a principalement visé les quartiers de Baba Amro, Inchaat et Khaldiyé.

 

"C'est la première fois que nous subissons une telle attaque" à Baba Amro, a déclaré Omar Chaker, un militant de ce quartier joint par l'AFP à Beyrouth, alors que le bruit des bombardements retentissait clairement au téléphone.

Selon lui, les chars ont pris position dans l'université de Homs pour bombarder Baba Amro. "Il n'y a pas d'abri ni d'endroit pour se cacher à Homs. Plusieurs maisons se sont transformées en hôpitaux de fortune où les blessés reçoivent les premiers secours, mais nous ne sommes pas bien équipés".

 

Un des hôpitaux de campagne a été touché dans le pilonnage, selon l'opposition. Des vidéos diffusées sur internet montrent des corps parfois en sang gisant dans la rue parmi les cris et les pleurs.

 

De son côté, le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, a exhorté la communauté internationale à agir vite pour "empêcher un nouveau massacre", après le pilonnage qui avait fait plus de 230 morts samedi à Homs, selon les militants.

 

Homs n’était pas le seul théâtre des violences en Syrie aujourd’hui. "Plus de 200 véhicules militaires encerclent les villes de Zabadani (au nord-ouest de Damas) et Madaya", a souligné l'OSDH. Au moins dix personnes ont été tuées dans ces bombardements, assure l’Observatoire.

Dans la province d'Idleb (nord-ouest), quatre personnes ont été tuées, deux femmes et un enfant après la chute d'une roquette sur un champ agricole et un homme par les tirs d'un sniper dans la ville même d'Idleb.

A Sarghaya, dans la région de Damas, deux civils dont un enfant ont été tués par des tirs contre le véhicule où ils circulaient. Et à Alep (nord), un civil de 45 ans a été tué par des tirs des forces de sécurité sur un bus aux abords de la ville, selon la même source.

 

Les autorités syriennes, elles, démentent toujours toute implication dans les violences en accusant encore une fois "des gangs terroristes" d'être derrière ces violences. "Un ouvrier a été tué et six autres blessés par les tirs d'un groupe terroriste armé" contre leur bus à Homs, a affirmé l'agence officielle syrienne Sana et "une explosion a provoqué la mort de plusieurs terroristes qui préparaient des bombes artisanales dans un immeuble" du quartier de Khaldiyé, selon la télévision publique.

 

Face à la poursuite de la répression du régime, des déserteurs de l'armée syrienne ont annoncé lundi la constitution d'un "Conseil suprême révolutionnaire" afin de "libérer" la Syrie du règne du président Bachar el-Assad. Cet organe, destiné à remplacer l'Armée syrienne libre, est présidé par le général Moustafa Ahmed al Cheikh, plus haut gradé parmi les déserteurs, qui est en exil en Turquie. Son porte-parole est le commandant Maher al Naimi, qui occupait cette fonction au sein de l'ASL, dit un communiqué transmis à Reuters.

 

Barack Obama s'est engagé à rester ferme dans l'application des sanctions infligées à la Syrie et à accentuer la pression sur son homologue Bachar el-Assad pour l'amener à renoncer au pouvoir. "Je pense qu'il est très important pour nous d'essayer de résoudre cela sans recourir à une intervention militaire extérieure et je pense que c'est possible", a dit le président des Etats-Unis dans un entretien diffusé lundi par la chaîne NBC.
 
Joignant la parole aux actes, les Etats-Unis ont fermé leur ambassade à Damas et évacué lundi leurs derniers fonctionnaires présents en Syrie, le régime syrien n'ayant pas répondu aux inquiétudes de Washington en matière de sécurité, a rapporté CNN. Citant un haut responsable du département d'Etat, la chaîne d'information a expliqué que l'ambassade était devenue "une cible...
commentaires (3)

La bêtise commise par les Russes au vote des Nations Unies causera une guerre civile et élargira les dimensions de la crise syrienne.

SAKR LEBNAN

04 h 55, le 07 février 2012

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Commentaires (3)

  • La bêtise commise par les Russes au vote des Nations Unies causera une guerre civile et élargira les dimensions de la crise syrienne.

    SAKR LEBNAN

    04 h 55, le 07 février 2012

  • Entièrement d'accord avec toi André, une armada de chameaux armés jusqu'aux dents pourraient venir à bout de la flotte russe, mais il se trouve que cette stratégie du gonflement des soumis a été utilisée dans le passé par ces sio/yanky quand il s'était agi d'envoyer saddam contre l'Iran.On connait la suite, le retour de bâtons qui ne saurait tarder sur ces "puissances" du golfe pour les quelles Xtian m'interdit d'appeler golfettes. Je ne le ferai plus Xtian , promis.

    Jaber Kamel

    21 h 43, le 06 février 2012

  • - - Je ne comprend pas pourquoi toutes ces " puissantes " armées qui sont hyper équipées , du Qatar , des émirats , d'Arabie ; de Bahrein , du Koweit , et d'Oman , ne viennent pas au secours de ces " pauvres " civils Syriens massacrés par l'armée du régime , selon eux et leurs médias ... !! La ligue Arabe pourrait voter une telle intervention , au lieur d'aller se faire se faire humilier publiquement devant toutes les caméras du monde , au conseil de sécurité de l'ONU , voulant se frotter au plus fort que soi , comme la Russie et la Chine , qui peuvent à eux seuls s'ils le voulaient , acheter toutes ces monarchies et émirats au poids sur la balance ... en deux secondes , si vous voyez ce que je veux dire .. ! Il faut que ces cheikhs et émirs atterrissent sur terre , ils ont suffisamment volé plus haut que les nuages , avec des ailes de fourmis factices , posées par leurs (Z) amis US , pour les faire planer et les faire rentrer dans le mur ou la colline Chino / Russe ..

    JABBOUR André

    07 h 01, le 06 février 2012

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