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Liban - Liban

Menaces à peine voilées du Baas prosyrien contre Mikati

Une fois n’est pas coutume : la majorité et l’opposition s’accordent pour dire que le coup de gueule du chef du gouvernement, Nagib Mikati, mercredi dernier en Conseil des ministres va au-delà d’une divergence de vues au sujet des nominations ou d’une question de prérogatives.


Le Baas et le Hezbollah en particulier estiment que la réaction de M. Mikati cache d’autres motifs qu’ils se sont cependant bien gardés de préciser. C’est ainsi que le secrétaire général du Baas prosyrien, l’ancien ministre Fayez Chokr, a indiqué lors d’une conférence de presse en sa résidence à Nabi Chit (Baalbeck) que « la bouderie du Premier ministre est suspecte et soulève de nombreuses interrogations dans un pays qui agonise ». « Je m’adresse au chef du gouvernement pour lui demander s’il aurait réagi de la même manière si l’incident (qui a conduit M. Mikati à réclamer une suspension des Conseils des ministres) s’était produit avec les communautés chiite ou druze ou encore avec (le chef des Forces libanaises) Samir Geagea ? Aurait-il osé taper du poing sur la table ? » s’est-il interrogé, en affirmant avoir la preuve de « quelque chose de caché ». « Il reste que l’intérêt du Liban est plus important que Mikati à qui nous demandons d’en tenir compte, loin des fanfaronnades », a-t-il dit, avant de critiquer la politique officielle qui consiste à tenir le Liban à l’écart de la crise syrienne. « Cette politique ne tient pas la route puisqu’elle le place (le gouvernement) dans une zone grise, incolore et inodore, plus proche de l’hostilité que de l’appui » à Damas, a-t-il estimé.
M. Chokr a ensuite adressé une mise en garde à peine voilée au chef du gouvernement en faisant remarquer qu’il suit la même politique qu’aurait suivie M. Saad Hariri à sa place. « Si certains croient pouvoir miser sur une partie déterminée pour assurer leur pérennité, je dois les avertir que leur tour ne va pas tarder à venir. On verra bien quel sort sera réservé à ceux qui abandonnent leurs peuples », a-t-il dit.
Par ailleurs, lors d’un meeting oratoire à Kfarkila, M. Ali Fayad, député du Hezbollah, a affirmé redouter que « certains n’aient un agenda et des calculs cachés », en allusion à M. Mikati, jugeant « inadmissible que celui qui est censé gérer le Conseil des ministres s’attèle à paralyser le gouvernement ». « La situation critique dans le pays ne peut pas être réglée par un coup de poing sur la table, mais par une mentalité ouverte et responsable, tenant compte des susceptibilités politiques et des poids des forces politiques et communautaires », a-t-il dit, alors que le ministre de la Santé, Ali Hassan Khalil, plaidait pour un dialogue et une réorganisation de l’action du gouvernement, pour qu’il soit plus productif.
Alors que le député Hassan Fadlallah faisait état de prochains contacts pour régler la crise gouvernementale, son collègue, Yassine Jaber, a assuré que M. Mikati ne démissionnera pas « en dépit de l’absence d’harmonie entre les membres de son équipe ». « N’oublions pas que nous sommes aux portes des législatives et que chaque partie essaie de gagner le maximum de voix en sa faveur », a-t-il relevé.
Au sein de l’opposition, les députés Ahmad Fatfat, Atef Majdalani et Serge Tor Sarkissian ont déploré « une mascarade gouvernementale ». « La suspension des Conseils des ministres serait une excuse pour ne pas renouveler le protocole conclu avec le Tribunal spécial pour le Liban », a déploré M. Fatfat, alors que M. Tor Sarkissian s’interrogeait sur le point de savoir « quel intérêt le CPL a à lancer des guerres fictives contre les présidents de la République et du Conseil ».
Le député Ammar Houry a vu dans le comportement de M. Mikati « une manœuvre pour améliorer les conditions de négociations au sein de son équipe tout en marquant des points au sein du gouvernement et dans la rue ».
Pour le ministre de l’Économie, Nicolas Nahas, le chef du gouvernement ne pouvait pas agir autrement. « Il a suspendu les Conseils des ministres pour des raisons non pas personnelles, mais en rapport avec l’intérêt national supérieur », a-t-il dit à la LBCI, en accusant le bloc du Changement et de la Réforme de vouloir « imposer les consultations préalables à tous les sujets qui doivent être discutés en Conseil des ministres ».
Quoi qu’il en soit, selon le ministre d’État, Ahmad Karamé, M. Mikati n’est pas près de renoncer au candidat dont il avait proposé le nom pour la présidence du Conseil de discipline.

Une fois n’est pas coutume : la majorité et l’opposition s’accordent pour dire que le coup de gueule du chef du gouvernement, Nagib Mikati, mercredi dernier en Conseil des ministres va au-delà d’une divergence de vues au sujet des nominations ou d’une question de prérogatives.
Le Baas et le Hezbollah en particulier estiment que la réaction de M. Mikati cache d’autres motifs...
commentaires (6)

Jabbour, vous passez votre temps à faire vos comptes d'épicier en recensant bêtement le nombre de ministres qui représentent tel ou tel leader clownesque. Ceux de la majorité fictive actuelle nous rendraient bien service, et on les applaudirait volontiers, s'ils menaient des actions probantes, constructives et efficaces au lieu de passer leur temps à bouder comme des gamins à la moindre contrariété car c'est bien eux qui, les premiers, et parce qu'ils se croient tout permis, ont commencé à bloquer les réunions ministérielles dès la formation du gouvernement.

Robert Malek

09 h 58, le 06 février 2012

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Commentaires (6)

  • Jabbour, vous passez votre temps à faire vos comptes d'épicier en recensant bêtement le nombre de ministres qui représentent tel ou tel leader clownesque. Ceux de la majorité fictive actuelle nous rendraient bien service, et on les applaudirait volontiers, s'ils menaient des actions probantes, constructives et efficaces au lieu de passer leur temps à bouder comme des gamins à la moindre contrariété car c'est bien eux qui, les premiers, et parce qu'ils se croient tout permis, ont commencé à bloquer les réunions ministérielles dès la formation du gouvernement.

    Robert Malek

    09 h 58, le 06 février 2012

  • Quelle est la différence entre le Baas et le Likoud ? Le premier détruit son propre peuple , le second essaie de détruire les autres. Quels sont les points communs entre le Baas et le Hezbollah ? Tous les deux utilisent la résistance pour installer leur dictature.

    Saleh Issal

    07 h 33, le 06 février 2012

  • Encore un chantage de l’ancien ministre Fayez Chokr,et qui fait désormais partie de notre folklore libanais de menacer quand on se sent assez faible . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    06 h 08, le 06 février 2012

  • Le sercrétaire général du parti-chantage se lève en monsieur Chantage contre le président du Conseil des ministres et tout le Liban. Dans toute l'histoire arabe depuis cianquante ans, que sait faire le parti Ba3s à part le chantage envers tous les pays arabes ? Sur le plan arabe, qu'a-t-il jamais fait de bon le Ba3s syrien pour la cause palestinienne, à part le chantage dans toutes les directions ? Il en a toujours détruit des bases essentielles, comme les forces palestiniennes résistantes et l'unité du peuple palestinien. Il a suffi que le régime du Ba3s chancelle pour que le Hamas s'en délie et revienne au bercail palestinien. L'entente Mechaal-Abbas hier le montrait bien clairement. Alors que le secrétaire général du parti-chantage se calme. Il ne se contente plus même de la politique de "mise à l'écart du Liban" concernant la crise syrienne. Il veut un appui clair et franc à son régime tueur des enfants syriens. Et que le Hezbollah, lui, réfléchisse à son engagement aveugle et l'impasse dans laquelle il s'est enfoncé. Qu'il écoute ce que disent de lui et de son secrétaire général les milliers de "terroristes" dans les rues de toutes ville syriennes.

    Halim Abou Chacra

    00 h 02, le 06 février 2012

  • - - Monsieur Ahmad Karamé dira ce qu'il veut , tout comme Nicolas Nahas qui ne sont que la garde rapprochée du PM . Mais en fin de compte , combien de députés ces messieurs représentent-ils en conseil des ministres et quel est leur vrai poids politique ? sans oublier l'anticonstitutionnalité du geste de leur chef , et celui du président de la République ainsi que ses réclamations " abusives " .. Face à la majorité réelle dans cette majorité qui est dans son droit dans ses comportement et dans ses justes réclamations constitutionnelles ! Dire la vérité et les choses telles quelles sont ne veut pas dire que ce sont des menaces voilées , surtout quand c'est une personne politique responsable qui le fait ! Il y a chaque jour " pires " déclarations qui nous viennent de l'autre côté , qui sont des vraies menaces , mais ne sont jamais relevées comme tel !

    JABBOUR André

    00 h 00, le 06 février 2012

  • Il faut que ce M. Chokr arrête de délirer comme çà!Qu'il arrête de fumer la moquette en quelque sorte...vous me direz qu'il habite à Nabi Chit...alors,ce n'est pas tout à fait de sa faute...il voit rouge,en quelque sorte...du rouge bien de là-bas..mais se rend il compte seulement qu'il parle du premier ministre du gouvernement que lui et ses amis ont voulu et constitué?Crise de schizophrénie aÏgue,manifestement...he,M. Chokr,c'est M. Mikati qui est PM,pas M. Hariri...on se réveille!

    GEDEON Christian

    19 h 17, le 05 février 2012

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