La chancelière allemande Angela Merkel a vanté hier à Pékin les atouts de la monnaie unique et la capacité des Européens à surmonter la crise de la dette. Adrian Bradshaw/Reuters
« L’euro en tant que monnaie commune a rendu l’Union européenne plus forte », a ainsi assuré Mme Merkel dans un discours à l’Académie chinoise des sciences sociales (CASS). Se voulant rassurante face à des Chinois de plus en plus sceptiques sur la construction européenne, elle a fait état de « grands progrès de l’Union européenne et des pays qui ont l’euro, ces deux dernières années ». Mais elle s’est montrée ferme, aussi. « Seuls ceux qui respectent le pacte de stabilité pourront recevoir de l’aide » du nouveau fonds européen, a-t-elle mis en garde, après l’adoption lundi par les Européens du nouveau pacte de discipline budgétaire fortement inspiré par l’Allemagne.
Le Premier ministre Wen Jiabao, que la chancelière a rencontré dans l’après-midi, a pour sa part souligné qu’il était « urgent » que l’Europe règle la crise de la dette, lors d’une conférence de presse conjointe avec la chancelière. « La Chine envisage une participation accrue pour résoudre la crise de la dette européenne » à travers le Fonds européen de stabilité financière ou son successeur, le Mécanisme européen de stabilité (MES), a ajouté M. Wen. « La compétition internationale est devenue plus dure ces 20 dernières années et l’Europe doit s’adapter », a pour sa part expliqué la chancelière aux chercheurs de la CASS, qui conseillent le gouvernement chinois. Elle s’est dit « persuadée que (l’Europe) est sur la bonne voie » avec les réformes entreprises. « L’économie allemande a considérablement profité de l’euro », a reconnu Mme Merkel, dont la visite de trois jours en Chine avec une délégation de patrons allemands doit permettre de resserrer les liens entre la première économie européenne et la deuxième du monde.
« Les entrepreneurs allemands doivent être traités sur un pied d’égalité avec les entreprises chinoises », a encore demandé la chancelière qui veut que la Chine et l’Allemagne développent « une norme commune dans le domaine des voitures électriques ».
(Source : AFP)

