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Nos lecteurs ont la parole

Il pleut...

Éliane ZEENNY-KHAYAT
Il pleut sur tout, tout le temps, depuis longtemps
Il pleut sur les gravats et sur les souvenirs,
Il pleut sur les fêlures et dans les failles
Des filets de larmes suintent de partout
Se mêlant à l’humidite ambiante, si perçante
Flaque malodorante, gouttes amères
Il pleut fort des injures et des sacrilèges odieux
Comme des grêlons durs, sournoisement douloureux
La honte ruisselle et s’immisce là où elle peut
Il tombe des trombes de crachats et d’ironie
Des courants d’air de démence et de perfidie
Il tombe des averses de promesses, autant de mensonges dégoulinants
Il pleut autant sur le juste et bon que sur l’autre, sur le pauvre, sur le riche
Sauf que l’un tremble et l’autre sue
L’un et l’autre postillonnent et s’éclaboussent, s’accusant vertement
Des torrents de dérives dévalent, nous menant au
naufrage
Il pleut, depuis des éternités, dehors comme dedans
Même le soleil ne veut plus de nous, même la chaleur s’est tirée
Celle céleste et celle du cœur
Pénurie de parapluies, simples abris, espaces sûrs, interdits
Transis de froid et mouillés jusqu’à la moelle
Transpercés d’insécurité et de gerçures
Comme des gueux contrits
Nous ne rions plus vendredi et pleurons quand même
dimanche
Noyer nos chagrins, brasser dans la houle, surfer sur des crêtes acérées
Attendre le prochain arc-en-ciel, la prochaine éclaircie
C’est ce que l’on sait faire de mieux, attendre à l’infini...

Éliane ZEENNY-KHAYAT
Il pleut sur tout, tout le temps, depuis longtempsIl pleut sur les gravats et sur les souvenirs, Il pleut sur les fêlures et dans les failles Des filets de larmes suintent de partoutSe mêlant à l’humidite ambiante, si perçante Flaque malodorante, gouttes amèresIl pleut fort des injures et des sacrilèges odieuxComme des grêlons durs, sournoisement douloureux La honte ruisselle et s’immisce là où elle peutIl tombe des trombes de crachats et d’ironieDes courants d’air de démence et de perfidieIl tombe des averses de promesses, autant de mensonges dégoulinants Il pleut autant sur le juste et bon que sur l’autre, sur le pauvre, sur le riche Sauf que l’un tremble et l’autre sue L’un et l’autre postillonnent et s’éclaboussent, s’accusant vertementDes torrents de dérives dévalent, nous menant au naufrage Il...
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