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Liban - L’Éclairage

Mikati enverra-t-il tout valser après son voyage en France ?

Invité par le président français Nicolas Sarkozy pour une visite officielle de trois jours, le Premier ministre Nagib Mikati sera à Paris le 9 février pour une série d’entretiens. Outre l’Élysée, il sera notamment reçu à Matignon par son homologue François Fillon, ainsi que par de nombreux responsables français avec lesquels il planchera sur les relations bilatérales (politiques, économiques, financières et militaires), sur l’aide de la France au Liban (soutien à l’armée et aux FSI, relance de Paris III, renforcement des échanges économiques et commerciaux...) et sur l’épineuse question de la pérennité des Casques bleus français au sein de la Finul – sans oublier, naturellement, la situation régionale et les derniers développements en Syrie et leur impact sur le Liban.


Cette visite est une étape importante pour le Premier ministre ; un signe patent d’ouverture occidentale au gouvernement libanais après un boycottage imposé par la manière de faire chuter l’équipe Hariri, et qui sera sans doute le prélude à (bien) d’autres escales dans de grandes capitales pour Nagib Mikati.

 

Lequel a fort à faire sur le plan local : à la veille de cette visite, le ton est très nettement monté entre les différents « gouvernements » de la majorité qui composent le cabinet, surtout de la part du chef du CPL Michel Aoun, qui a pris un soin particulier à ne pas épargner le locataire du Sérail « qui fait tout pour embêter » le gendre-ministre Gebran Bassil, et ce malgré le dîner de réconciliation tenu au domicile de ce dernier il y a deux semaines. Les propos de Michel Aoun ont généré des réactions extrêmement négatives, parfois même de la part de ténors du CPL, qui se sont fortement étonnés d’un « ton » et d’un « langage » qui n’ont épargné « personne, y compris le chef de l’État ».

 

Climax de la crise : le scandale du mazout rouge, à propos duquel aussi bien Michel Sleiman que Nabih Berry et Nagib Mikati ont exigé une enquête aussi transparente que possible. Sachant qu’il faut ajouter à cela les répercussions du décret sur le réajustement salarial ainsi que le tsunami provoqué par le dossier de l’électricité, venu envenimer une ambiance déjà orageuse à cause, entre autres, des nominations et du budget... Résultat des courses : le cabinet Mikati ressemble à un conglomérat de plusieurs gouvernements, le Conseil des ministres à une série d’émirats et de barricades, et la solidarité gouvernementale est totalement dynamitée.


De plus, les contacts en coulisses ont tous échoué à adoucir l’atmosphère. Les leaders de la majorité, précisément Michel Aoun, ont refusé l’invitation au dialogue lancée par le président Sleiman, aussi bien que les appels à la trêve. Le chef du CPL a même redoublé ses attaques contre le locataire de Baabda : il insiste notamment pour placer son poulain, Tanios Mechlib, à la tête du Conseil supérieur de la magistrature, au détriment d’Alice Chaptini, et répète à qui veut l’entendre que les nominations ne seront possibles que si le juge Mechlib préside le CSM, assénant une gifle retentissante au mécanisme constitutionnel en vigueur.


C’est dans cette tension que le procureur du TSL Daniel Bellemare a fait escale à Beyrouth pour une tournée d’adieu auprès des différents responsables à qui il a assuré que le tribunal est sur les bons rails, qu’il a été formé pour que cessent les assassinats au Liban et qu’il ira jusqu’au bout et fera la lumière sur tous les dossiers, précisant qu’un nouvel acte d’accusation sera rendu public d’ici à la fin février. Le juge canadien a précisé qu’il y aura de nouveaux noms et confirmé le renouvellement du TSL qu’il quittera avant la fin 2012 pour raisons de santé.


Mille questions à propos de ce renouvellement : s’imposera-t-il sans bruits ni fureurs, dans une mise en scène semblable à celle du financement et sans répercussions sur la scène locale ? Sans que le gouvernement ne chute ? Un ministre en exercice assure que Nagib Mikati observe et intensifie ses contacts, préparant minutieusement sa visite à Paris à l’issue de laquelle il se consacrera pleinement au dossier du TSL. Au Sérail, on garantit que le renouvellement est chose acquise, pendant que les milieux du président de la Chambre répètent que Nabih Berry est agacé par le gouvernement et par certains ministres qui agissent en dehors des institutions et au-dessus de la Constitution. Un agacement que M. Mikati n’a pas caché partager.


Est-ce que ce mécontentement sera traduit par des actes au lendemain du voyage en France ? Un responsable sécuritaire dit que Nagib Mikati va sans doute présenter sa démission pour coincer tout le monde, mettre un terme au chantage dont il est la victime et paver la voie à un gouvernement harmonieux qui œuvrerait enfin à sauver le pays.

Invité par le président français Nicolas Sarkozy pour une visite officielle de trois jours, le Premier ministre Nagib Mikati sera à Paris le 9 février pour une série d’entretiens. Outre l’Élysée, il sera notamment reçu à Matignon par son homologue François Fillon, ainsi que par de nombreux responsables français avec lesquels il planchera sur les relations bilatérales (politiques, économiques, financières et militaires), sur l’aide de la France au Liban (soutien à l’armée et aux FSI, relance de Paris III, renforcement des échanges économiques et commerciaux...) et sur l’épineuse question de la pérennité des Casques bleus français au sein de la Finul – sans oublier, naturellement, la situation régionale et les derniers développements en Syrie et leur impact sur le Liban.
Cette visite est une étape...
commentaires (3)

Ce gouvernement est une vraie débandade dont le seul responsable est Aoun toujours hanté par ses obsessions du pouvoir qu'il estime être le seul, avec ses proches, à mériter. Bizarre tout de même qu'à son âge il n'ait pas encore compris comment ça fonctionne, faisant et disant n'importe quoi au point que son propre camp en soit indisposé. Et l'autre ici qui poursuit son radotage bête et idiot sans se rendre compte qu'il est seul sur son nuage...

Robert Malek

11 h 18, le 01 février 2012

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Commentaires (3)

  • Ce gouvernement est une vraie débandade dont le seul responsable est Aoun toujours hanté par ses obsessions du pouvoir qu'il estime être le seul, avec ses proches, à mériter. Bizarre tout de même qu'à son âge il n'ait pas encore compris comment ça fonctionne, faisant et disant n'importe quoi au point que son propre camp en soit indisposé. Et l'autre ici qui poursuit son radotage bête et idiot sans se rendre compte qu'il est seul sur son nuage...

    Robert Malek

    11 h 18, le 01 février 2012

  • Tout est dit et se confirme, ce gouvernement se prépare a l’après Bashar et la fin du règne du "Fakihisme" politique au Liban. Il est temps que le gouvernement jette son tablier et laisse la place a des gens compétents pour remettre certaine pendule a l'heure pour le bien du pays et du citoyen. Les partisans populistes du changement et de la reforme n'ont littéralement rien fait, les promoteurs du "koulouna lil 3amal" ont échoué sur toute la ligne, les pourfendeurs de la corruption se sont avéré pire que leurs prédécesseurs car ces derniers se sont peut être remplis les poches, mais au moins ils ont réussis a laisser derrière eux une économie saine, une certaine infrastructure routière, la reconstruction du centre ville, même si cela fut au dépend des intérêts de certains citoyens, une téléphonie qui fonctionnait et au moins 18 heures d’électricité par jour, sans oublier la crédibilité du Liban auprès des instances internationales.

    Pierre Hadjigeorgiou

    03 h 28, le 01 février 2012

  • - - Il n'a qu'à démissionner au lieu de menacer sans cesse , directement ou indirectement par la voix de ses représentants ou bien comme vous le faites ICI , par journalistes interposés ! Et pourquoi pas un gouvernement démissionnaire pour la forme , la parade et les affaires courantes , jusqu'en 2013 et même avant si certains le souhaitent !?!? Vous ne ferez pas fléchir GMA , et rien ne changera sa détermination à vouloir obtenir son droit , tous ses droits , comme les autres associés dans cette République bananière de tAEF , qui eux , obtiennent ce qu'ils veulent sans efforts ni réclamations ! Sommes-nous devenus des marginaux depuis tAEF sans qu'on ne le sache ?? Non messieurs , détrompez-vous , ça ne se passera PLUS comme du temps des " autres " depuis 20 ans ! NOUS existons et nous comptons nous faire entendre et nous faire respecter , et ce n'est pas ces quelques voix " vendues " cassées , rouillées et usées , qui nous empêcheront de le faire .. RDV pris pour 2013 .

    JABBOUR André

    00 h 11, le 01 février 2012

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