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Culture - Exposition

Le « Vivarium » de Omar Fakhoury chez Agial

Omar Fakhoury fait partie de cette génération d’artistes multidisciplinaires qui inscrivent leurs œuvres dans une réflexion sur la vie de la cité. En l’occurrence Beyrouth, ville obsédante et ambivalente, à laquelle il reconnaît une grande emprise sur son travail.

« Wooden Structure », acrylique sur toile, 150 x 100 cm.

Sans être un artiste engagé, ce trentenaire (il est né en 1979) est en quelque sorte le peintre de son temps, plus précisément de son environnement urbain, architectural, voire socio-économique – dans une précédente œuvre notamment, une vidéo intitulée Lira-dollar. Un environnement dont il arrive à exprimer, de manière sous-jacente, l’instabilité, la précarité, le chaos, sinon la déliquescence, à travers l’exploration d’un même thème.
Ainsi, alors qu’avec ses chantiers à chaque coin de rue, ses gratte-ciel poussant comme des champignons, ses buildings flambant neufs, Beyrouth donne à première vue une image de dynamisme tourné vers l’avenir, Omar Fakhoury en saisit, lui, les ombres architecturales désenchantées qui la hantent.
En reproduisant d’un pinceau sûr, sur des toiles à fond gris, les abris de fortune et autres constructions errantes qui, de croisement de rues en terrains vagues et chantiers de construction, ponctuent son territoire, l’artiste dessine le visage souterrain, plus sombre, désillusionné et las, de la flamboyante capitale
libanaise.
Dans la quinzaine d’acryliques sur toiles de différentes dimensions qu’il présente jusqu’au 18 février à la galerie Agial* sous l’intitulé «Vivarium», Omar Fakhoury décline ainsi, avec un paradoxal réalisme poétique, une par une, les représentations de guérites de soldats, de conteneurs gîtes d’ouvriers et de cabanons divers construits par empilement de sacs de sable ou de blocs de béton, de panneaux de tôle, de sacs de jute, de pneus ou de branchages... Autant de vivariums évocateurs de temps de guerre, de fractionnement, d’instabilité et de dénuement... Et qui, d’une certaine manière, sont les gardiens fantômes de l’âme profonde de Beyrouth!
Diplômé en dessin et peinture de l’UL et titulaire d’une maîtrise en beaux-arts de la Sorbonne Paris I, Omar Fakhoury est actuellement professeur d’histoire de l’art à l’Université libanaise, ainsi qu’à l’Institut d’études scéniques et audiovisuelles (Iesav) de l’USJ. Il a à son actif trois expositions individuelles, dont deux dans des galeries à Paris et une au Goethe Institut de Beyrouth, ainsi que des participations à des collectives, aussi bien au Liban qu’en France, à Liverpool, Amsterdam ou encore Istanbul. Un talent à suivre...

* Hamra, rue Abdel Aziz. Tél. : 01/345213.
Sans être un artiste engagé, ce trentenaire (il est né en 1979) est en quelque sorte le peintre de son temps, plus précisément de son environnement urbain, architectural, voire socio-économique – dans une précédente œuvre notamment, une vidéo intitulée Lira-dollar. Un environnement dont il arrive à exprimer, de manière sous-jacente, l’instabilité, la précarité, le chaos, sinon la déliquescence, à travers l’exploration d’un même thème. Ainsi, alors qu’avec ses chantiers à chaque coin de rue, ses gratte-ciel poussant comme des champignons, ses buildings flambant neufs, Beyrouth donne à première vue une image de dynamisme tourné vers l’avenir, Omar Fakhoury en saisit, lui, les ombres architecturales désenchantées qui la hantent. En reproduisant d’un pinceau sûr, sur des toiles à fond gris, les abris...
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