Toutes ces catégories. Ces cases. Ces types. Ces genres. Dans lesquels on nous range les uns derrière les autres. Les uns contre les autres.
Pas pour se serrer et avoir chaud ensemble, non. Pour nous opposer.
Nous diviser. Pour mieux régner. Contrôler. Classifier. Violemment.
Sans douceur. Sans explication. Sur des impressions. Sans chance de pouvoir être différent. Autre. Unique. Soi-même. Il faut absolument que l’on classe, même si vous ne demandez rien.
On nous pousse violemment à construire pour soi-même. À faire notre place dans la case. À regarder nos nombrils. On efface la douceur.
Gomme les échanges honnêtes. Surtout ne pas construire ensemble.
Ensemble comme un ensemble d’éléments uniques. Qu’on ne pourrait cataloguer, non surtout pas. On nous joue le répertoire du il faut répertorier. On nous joue des tours. On nous construit des gratte-ciel pour nous ranger dans des cases. Mais on oublie juste de gratter à la surface. À la surface de la terre. À la surface des choses. De la simplicité. De l’authentique. De l’unique. J’aime les gens parce qu’ils sont tous des individus uniques et non parce que je peux les classer derrière des types, des cases, des codes.
Des codes. Des cases. Des conventions. Des obligations. Des traditions.
Des valeurs à conserver, au dépit de la vraie valeur d’un homme s’il le faut. Tout ça nous fait de l’ombre si l’on essaye d’être soi-même.
On se fait de l’ombre les uns aux autres. On devient l’ombre d’un homme.
Il paraît que « c’est comme ça et il n’y a qu’à s’y faire ». Il paraît qu’il faut savoir paraître. Qu’il faut montrer des signes. Extérieurs, les signes. Des signes et des cases, donc. C’est comme ça, il faut répondre à ses obligations. Aller toujours plus haut, plus vite. Mais la vie n’est pas un simple chemin sur une échelle. La vie, c’est une mosaïque de parcours. Il faudrait les replier ces échelles. Il faudrait nous laisser être honnêtes avec nous-mêmes. Honnêtes et doux.
Il faudrait que la seule règle qui existe soit celle de l’honnêteté douce.
J’ai oublié de vous souhaiter une joyeuse année. Je ferai plus d’efforts avant l’aube de deux mille treize. En attendant, je vous souhaite que deux mille douze soit l’année de la douceur et de l’honnêteté. L’année des échelles qui se replient. L’année de ceux qui ne rentrent pas dans des cases. L’année des signes intérieurs.
Adriana LEBBOS


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