Des militaires rebelles ont rejoint hier des manifestants antirégime à Khaldiya. Photo AFP
Le secrétaire général de la Ligue arabe a indiqué hier vouloir se rendre demain au siège de l’ONU afin de solliciter le soutien du Conseil de sécurité sur le plan de sortie de crise arabe pour la Syrie. Une réunion est également prévue lundi à New York avec le Conseil de sécurité pour lui « demander de ratifier » ce plan, a indiqué Nabil el-Arabi, qui a dans le même temps sommé le gouvernement syrien de mettre fin aux opérations militaires contre « des civils sans défense ».
Néanmoins, le Conseil reste divisé. Européens et pays arabes travaillent à mettre au point un projet de résolution basé sur l’initiative arabe qui prévoit un transfert des pouvoirs du président Bachar el-Assad à son vice-président ainsi qu’un départ « pacifique » du chef de l’État contesté. Ils se heurtent cependant à l’intransigeance de la Russie, proche alliée de Damas et opposée à toute décision hostile au pouvoir syrien. Un opposant syrien résidant en France, Haitham Manaa, a même appelé la Ligue arabe à consulter la Russie avant de se rendre à l’ONU, estimant que « la Russie pourra appuyer cette initiative si elle sent qu’elle en fait partie. Mais si elle est marginalisée, elle s’y opposera ».
Les observateurs de la Ligue reprennent leur mission
Toujours au niveau diplomatique, le ministre tunisien des Affaires étrangères Rafik Abdessalem a déclaré hier que le régime syrien « doit écouter son peuple » qui aspire à la démocratie, aujoutant que « les observateurs tunisiens faisant partie de la mission de la Ligue arabe restent en Syrie ». Les autorités syriennes ont donné leur accord à une prolongation d’un mois de cette mission en l’absence des observateurs des monarchies arabes du Golfe qui ont quitté Damas. Ceux encore présents en Syrie ont d’ailleurs repris hier leur mission malgré les doutes exprimés jusque dans les rangs de l’organisation quant à leur utilité, la répression n’ayant pas faibli depuis leur déploiement le 26 décembre.
Par ailleurs, les Nations unies, la Croix-Rouge et la France ont condamné le meurtre mercredi d’un responsable du Croissant-Rouge syrien, Abdelrazak Jbeiro. De son côté, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a demandé au gouvernement syrien « d’enquêter sur ce crime » dont le pouvoir et les rebelles se rejettent la responsabilité. Parallèlement, le ministère français des Affaires étrangères a déclaré que la France « est vivement préoccupée par la détérioration de la situation à Hama », cible d’une « offensive de grande ampleur » des forces syriennes, réclamant aussi la sécurité pour les humanitaires.
Triple offensive sur Homs, Hama et Douma
Profitant des divisions de la communauté internationale, le régime a pousuivi hier ses opérations militaires contre la révolte qui ne faiblit pas. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), 49 personnes ont été tuées hier : 34 civils, huit soldats et sept militaires dissidents. La chaîne al-Jazira affirmait néanmoins que 62 personnes avaient été tuées, citant des opposants.
À Homs, l’armée syrienne a lancé une offensive, et 26 civils dont neuf enfants ont été tués, indique l’organisation basée en Grande-Bretagne. Dans la province de Deraa, un adolescent a par ailleurs été tué par des tirs aveugles des forces de sécurité sur une manifestation étudiante dans la ville de Nawa, selon l’Observatoire qui cite des habitants. L’OSDH a en outre fait état d’accrochages violents entre militaires dissidents et soldats dans cette région, faisant « quatre morts et cinq blessés dont un officier » parmi les forces régulières. De plus, quatre civils ont péri dans la ville de Hama, où près de 600 personnes ont été arrêtées. Deux personnes ont en outre péri dans la banlieue de Damas et une autre dans la province d’Idleb. Les forces syriennes ont également lancé une offensive contre Douma, à 20 km de la capitale, et y affrontaient la résistance de soldats insoumis, qui avaient brièvement pris cette ville le 21 janvier, a indiqué l’OSDH, précisant que plus de 200 personnes y ont été arrêtées.
Malgré l’acharnement du régime, les militants prodémocratie ont poursuivi leurs manifestations et ont appelé à des rassemblements aujourd’hui pour « le droit à l’autodéfense » face à la répression, sur leur page Facebook « Syrian Révolution 2011 ».
Des dizaines de milliers de Syriens ont par ailleurs manifesté à travers le pays, selon les médias officiels, pour apporter leur soutien au régime qui se targue de l’appui de son peuple pour en finir avec la crise. Les manifestants, brandissant des drapeaux de la Syrie et des portraits de M. Assad, ont exprimé leur refus de toute ingérence étrangère, selon les médias. « Jamais un peuple dirigé par Bachar ne sera vaincu » ou encore « nous sommes tous Bachar, tous des révolutionnaires », criaient les protestataires à Damas.
Par ailleurs, onze pèlerins iraniens ont été enlevés en Syrie, d’après le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast, qui a demandé au gouvernement syrien d’intervenir pour les libérer, a rapporté hier l’agence IRNA.
Signalons finalement que l’Irak a indiqué avoir renforcé la sécurité aux abords de la longue frontière qu’il partage avec la Syrie afin de « prévenir tout trafic » et « empêcher des éléments terroristes » de la traverser.
Néanmoins, le Conseil reste divisé. Européens et pays arabes travaillent à mettre au point un projet de résolution basé sur l’initiative arabe qui prévoit un transfert des pouvoirs du président Bachar el-Assad à son vice-président ainsi qu’un départ « pacifique » du chef de l’État contesté. Ils se heurtent cependant à...

