Le campus de la LAU en ébullition.
Le report des élections a surpris la plupart des étudiants. Si quelques-uns en sont soulagés, trouvant celles-ci inutiles et risquées, les partis politiques ont exprimé leur mécontentement, après un travail électoral de plus de deux mois. C’est dans cette optique que les étudiants du CPL, des FL et du Hezbollah ont fait un sit-in à l’intérieur des campus pour contester la décision de l’administration de l’université. Il convient de rappeler que les élections allaient être gagnées d’office par le 8 Mars à Beyrouth après la décision de boycott du courant Futur, et que la bataille devait se faire entre CPL et FL à Byblos seulement.
L’organisation étudiante des Forces libanaises s’est empressée de publier un communiqué accusant le CPL « d’avoir fabriqué une empoignade sans fondement et joué le rôle de la victime pour annuler des élections qu’il allait perdre à coup sûr ». D’autre part, dans la nuit suivant le report des élections, un e-mail anonyme a été envoyé aux étudiants, accusant la direction de l’université de partialité en faveur du 14 Mars. « La victoire du 8 Mars était certaine ; nous croyons que cette décision est le résultat de la pression médiatique et politique exercée sur l’université et son président par le courant du Futur, ce qui prouve que les décisions prises au sein de la LAU sont dictées par Koraytem », expliquait le message.
Des accusations réfutées par le directeur exécutif des relations publiques et médiatiques à la LAU, Christian Oussi, qui affirme que « les élections ont été reportées car la direction est soucieuse d’assurer une atmosphère de sérieux et de travail aux étudiants à l’approche des examens finaux ». « Avec toute la tension politique qui règne dans le pays, nous avons jugé plus sage d’ajourner ces élections. Celles-ci ne sont pas annulées, elles ont juste été reportées. » Concernant l’obligation de la direction de mener tôt ou tard ces élections, M. Oussi explique « que rien n’oblige l’université à organiser des élections ;
celles-ci sont menées chaque année parce que nous désirons sincèrement que les étudiants participent aux décisions prises au sein de l’université ».
CPL, courant du Futur et Hezbollah
Jusqu’à présent, les étudiants qui avaient décuplé leurs efforts pour gagner les élections encaissent mal le coup. Christian el-Hage, président du Social Club de Jbeil (CPL), assure que « la machine électorale du CPL reste prête pour le scrutin ». « Nous n’avons jamais demandé le report de cette échéance, bien au contraire. Nos chances étaient bien meilleures en cette saison, et la direction doit savoir que ce n’est pas la solution idéale pour nous faire oublier qu’un de nos étudiants a été attaqué par des supporters des FL. Nous attendons toujours des mesures envers les coupables, que tout le monde connaît », ajoute-t-il.
De son côté, le courant du Futur semble le seul à se réjouir du report. Le responsable au campus de Beyrouth, Mohammad Mulla, a affirmé que « les élections allaient refléter en tout cas un taux de participation très faible, surtout à Beyrouth, d’où la justesse de la décision prise par l’université ». Mulla a finalement révélé que le courant du Futur ne boycottera pas les élections si elles sont reprises durant le prochain semestre, une révélation qui confirme les craintes des étudiants du Hezbollah.
« Cela prouve que cette décision a été prise en leur faveur, et que l’université n’est pas vraiment impartiale », affirme Baker Berjaoui, responsable au sein du parti chiite. « En plus, quelques heures avant l’annonce de l’université de reporter les élections, l’organisation estudiantine du 14 Mars appelait au boycott à Jbeil comme à Beyrouth », ajoute-t-il. « Toute cette histoire nuit à la LAU qui a paru trop faible pour mener des élections, et incapable de contrôler ses étudiants. En fait, nous avons peur que cela entre dans la coutume et que tout perdant œuvre dorénavant pour l’annulation du scrutin. » Berjaoui a assuré que le Hezbollah n’était pas l’auteur du message anonyme envoyé, expliquant que « le parti n’utilise pas des méthodes aussi grossières ».
Alors que les étudiants entament le second semestre, une question subsiste : les urnes se rempliront-elles jamais à la LAU ?


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Quand nos universitaires feront preuve qu'il sont plus évolués, plus sages et même plus mûrs, moins passionnés et moins agressifs que les chefs politiques de leurs courants, éternellement excités ? Quand ?
02 h 44, le 27 janvier 2012