A. Qui sera chargé de l’étude des plans ?
La conception, l’élaboration et le suivi de l’exécution des plans devraient être, en toutes circonstances et sans exception aucune, le produit d’un dialogue et d’un échange d’opinions entre l’État et les partenaires sociaux (les citoyens et la diaspora). Cette dernière mérite sa place dans le projet étant donné l’importance du rôle qu’elle sera inévitablement appelée à jouer dans le financement du processus et peut-être dans une part de son exécution (voir L’Orient-Le Jour du jeudi 26 janvier 2012).
En effet, étant donné l’environnement politique extérieur et les tiraillements politiques internes qui déchirent la société libanaise, tous les citoyens devraient unanimement se rendre à l’évidence : la diaspora est la source de financement du projet de développement national la plus appropriée à l’heure actuelle.
Afin d’amener cette diaspora à participer à ce projet, il faudrait donc lui offrir une place de choix dans le processus d’élaboration, d’exécution et de suivi du projet dans son ensemble. Cela est clairement indiqué dans le schéma proposé.
En ce qui concerne les citoyens, qui représentent le troisième maillon de la chaîne, et non des moindres, le processus ainsi que le mode de leur participation à l’élaboration du plan et le suivi de son exécution feront l’objet d’un système complexe de communications dont les détails techniques restent à mettre au point. En bref, ce qui est requis, c’est en priorité de permettre à tout citoyen qui le désirerait d’exprimer son opinion sur tous les sujets couverts par le plan. Ces suggestions devraient être sérieusement considérées et évaluées par les commissions mixtes chargées de l’élaboration. Ces commissions, une fois formées, auront pour tâche d’étudier et de préparer les plans, puis de les soumettre en fin de parcours à une discussion générale suivie d’un vote qualificatif pour obtenir leur acceptation à la majorité simple. Une fois approuvés en commissions, les plans seront ensuite soumis aux ministres concernés qui les proposeront au Parlement pour approbation.
Quoique subtil en apparence, ce processus est, à notre avis, le meilleur, capable de résoudre les nombreux problèmes auxquels font face l’État et la nation toute entière dans leur quête d’une meilleure justice sociale et la participation du citoyen à la gouvernance.
B. Comment démarrer le projet ?
Les étapes à suivre en vue de démarrer ce projet à la fois ambitieux et vital pour le pays seraient, à mon avis, les suivantes :
1- obtenir l’appui du président de la République ;
2- trouver le financement nécessaire pour le projet, après en avoir estimé le coût et la durée ;
3- « vendre » le projet à l’opposition et à la majorité ;
4- « vendre » le projet à l’administration ;
5- « vendre » le projet au Conseil du développement et de la reconstruction (CDR) ;
6- « vendre » le projet à l’opinion publique (les divers secteurs représentés à travers les commissions d’études) ;
7- mettre en place les mécanismes de communication (B3 et B4) ;
8- former les commissions ;
9- recueillir les demandes de participation des citoyens au travail des commissions.
C. La composition des commissions de planification et de suivi
Dans le tableau suivant nous avons taché d’identifier les membres des commissions d’étude de chacun des dix-huit plans, à raison de deux membres par groupe. Ces commissions seront formées avant le lancement du projet. Elles seront subséquemment chargées du suivi de l’exécution de ces plans.
Cette liste est fournie à titre indicatif. Sa composition peut être modifiée à tout moment si les participants le jugent utile (voir encadré ci-dessous).
D- Le processus de construction du plan national
Une fois le principe du projet approuvé, les détails suivants demanderaient à être étudiés consciencieusement :
1- un accord sur ce choix des plans individuels qui seront étudiés (liste préliminaire proposée) ;
2- un accord sur la formation des commissions d’études et le choix de leurs membres (liste préliminaire proposée) ;
3- un accord sur le choix des moyens de communication entre les commissions ;
4- un accord sur le choix des moyens de communication entre le public et les commissions ;
5- un accord sur le choix du plan international qui servira de modèle au plan libanais ;
6- un accord sur la détermination du rôle futur du citoyen dans le suivi de l’exécution du plan national ;
7- l’identification des plans individuels précédemment élaborés qui pourraient servir de base de travail pour
la construction du plan
national ;
8- l’étude approfondie du plan modèle international sélectionné et comment s’en inspirer ;
9- pour chaque plan individuel la procédure suivante devrait être adoptée :
a) La mise en application des méthodes de collecte des informations.
b) La tabulation des informations.
c) L’analyse des informations.
d) L’évaluation des résultats de l’analyse.
e) La détermination des objectifs que l’on se propose d’atteindre.
f) Le choix des mesures à adopter pour atteindre ces objectifs.
g) Les réformes jugées nécessaires pour atteindre ces objectifs.
h) L’analyse du coût anticipé pour introduire ces réformes.
i) L’analyse du coût anticipé pour atteindre les objectifs.
j) Le programme calendrier pour réaliser les réformes.
k) Le programme calendrier pour atteindre les objectifs.
l) La tabulation des informations.
m) La rédaction du plan individuel.
10- Les diverses commissions étudient les plans individuels proposés ;
11- les diverses commissions discutent entre elles autour de l’adoption du plan individuel proposé ;
12- les diverses commissions votent pour l’acceptation du plan individuel proposé ou sa modification ;
13- Les dix-huit plans sont soumis au Conseil des ministres pour approbation et au Parlement pour ratification.
E. Conclusions
Le projet peut apparaître à première vue complexe dans son application. Cependant j’estime qu’il n’existe pas de meilleure approche pour atteindre les buts que nous nous sommes fixés.
Quand le citoyen aura pris part directement à l’étude et à l’élaboration du plan, il sera en mesure de réaliser pleinement l’étendue et l’importance de la tâche qui lui est assignée. Il deviendra ainsi plus conscient de ses responsabilités en tant que Libanais.
D’autre part, en faisant participer la diaspora aux différentes étapes d’étude, nous encouragerons les émigrés à prendre part, par la suite, à l’exécution et/ou au financement des projets de développement qui en font partie.
George SABAT, ACMI
– L’astérisque accompagnant tous les plans dans l’illustration de la première partie de cette étude ne devrait figurer que sur les sept plans suivants : agricole, industriel, touristique, éducationnel, social, énergie, environnemental. À notre connaissance, ils sont les seuls à avoir fait l’objet d’une étude poussée et globale par l’administration durant la dernière décennie.


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