Aloha George Clooney !
d’Alexander Payne
Avec George Clooney et Shailene Woodley
Dès la première phrase du film, le ton est donné : Hawaï n’est pas le paradis sur terre et même si les hommes s’habillent en clodos, en tongs et chemises fleuries, et même si le ciel bleu et la mer offrent cet effet paradisiaque, n’empêche qu’il y a des maladies et des malheurs à Hawaï.
Deuxième claque assénée dès le début du film par Alexander Payne, ce scénariste et réalisateur génial qui a donné déjà des films délicieux, des comédies douces-amères, mais tellement réelles comme Mr Schmitt ou Sideways, c’est qu’il nous présente un Clooney aux cheveux en désordre, à l’allure débraillée, au regard un peu hagard, perdu entre une femme qui vient de tomber dans le coma après un stupide accident de ski nautique et deux fillettes (l’une de 17 et l’autre de 10 ans) dont il ne s’est pas occupé depuis belle lurette. Bref, une autre facette de Mr. Nespresso. La gifle s’avère donc très rafraîchissante et cela n’est pas pour nous déplaire.
Merci Alexander Payne qui a osé déconstruire l’image de l’acteur le plus sexy et pris des risques avec ce rôle à contre-emploi. George Clooney a tellement encore à montrer de son talent et, jusqu’à présent, on ne lui a pas offert cette occasion. Pourtant les frères Coen avaient su présenter le côté comique dans O Brother ou Burn After Reading.
À Hawaï, donc, Matt King (George Clooney) mène une vie tranquille et dépourvue de grand intérêt jusqu’à l’accident de sa femme. Victime d’un accident de bateau, Elizabeth King (Patricia Hastie) a sombré dans le coma et il y a peu de chances qu’elle se réveille un jour. Dévasté, Matt King se rend alors compte qu’il ne lui reste que ses filles. Avec elles, il va entreprendre un voyage initiatique qui lui ouvrira les yeux sur bien des réalités. Adapté du roman de l’auteure hawaïenne Kaui Hart Hemmings, le film au scénario bien ficelé et aux dialogues justes offre à voir également une galerie d’acteurs secondaires très crédibles qui entourent l’acteur principal. Ce film, qui a reçu deux Golden Globe (meilleur acteur et meilleur film dramatique) et coup de cœur de l’année, n’est pas à rater.
Cinemacity, Empire Dunes/ Sodeco/
Galaxy, Espace,
Grand Cinemas ABC
Polisse,
de Maïwenn
Avec Karine Viard, Marina Foïs, Joey Starr...
Maïwenn filme le quotidien des policiers de la BPM (Brigade de protection des mineurs) avec réalisme et exactitude, sans trémolos ni autres fioritures sentimentales. Gardes à vue de pédophiles, arrestations de pickpockets mineurs, mais aussi pause déjeuner où l’on raconte les problèmes de couple et la vie intime de ces policiers qui sont obligés de supporter et leurs tracas et ceux des autres. Les auditions de parents maltraitants et les dépositions des enfants risquent d’hérisser le poil. Les dérives de la sexualité chez les adolescents font à la fois sourire et pleurer. Tout ce tableau de liens intimes, de fous rires, de solidarité entre collègues et d’amours entrecroisées, croqué par cette réalisatrice talentueuse qui a su surfer entre le documentaire, la fiction et trouver l’équilibre sans indécence ni vulgarité entre les pleurs et le rire, explique comment cette œuvre cinématographique a gagné le grand prix du jury à Cannes. On ne peut qu’avoir un coup de cœur pour ce film tellement intimiste, interprété par des acteurs impliqués, tel Joey Starr ou le reste de la brochette de comédiens qui font vibrer.
Métropolis Empire Sofil
Warhorse,
de Steven Spielberg
Avec Emily Watson, Peter Mullan et David Thewlis.
Les cinéastes sont de grands enfants. On en a à présent la confirmation. Après avoir exploré les multiples possibilités que leur offre la technologie en matière de cinéma, après avoir touché à tous les genres, les voilà l’un après l’autre retomber avec plaisir en enfance. D’abord Martin Scorsese et son Hugo Cabret, actuellement en salles, qui rend hommage au premier magicien de l’image, et maintenant Steven Spielberg qui offre à voir une production à la sauce Walt Disney. Un grand enfant qui s’amuse à raconter la belle amitié entre un cheval et son maître et que la guerre de 14-18 va séparer. Si au début du film on se croirait dans Little House On the Prairie (Spielberg dirige même ses acteurs à l’ancienne : gros plans sur leurs visages et leurs émotions), on est vite propulsé dans l’horreur et l’enfer de la guerre. Au fil du temps, le cheval va changer de mains et parfois même de camps, rappelant l’histoire de The Red Violin, mais avec moins de symbolisme. Tantôt chez les Allemands, tantôt chez les Français ou Anglais, l’équidé vole pourtant la vedette à l’homme, et les images les plus fortes sont celles où Spielberg murmure à l’oreille des chevaux. Certes, il y a certaines longueurs qui auraient pu être évitées dans ce mélodrame qui n’est pas un grand cru Spielberg, mais on ne peut que s’incliner devant une très belle photographie et une tentative réussie de faire revivre le cinéma d’avant.
Planète Abraj/city Complex Tripoli,
Grand Cinemas ABC/Concorde/Saïda Mall


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