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Liban

Les élèves du Lycée français en « mission humanitaire »

Les élèves du Lycée français à Achrafieh se sont acquittés de la tâche de collecter des fournitures scolaires pour des enfants moins nantis qu’eux, des camarades éloignés et qu’ils ne connaissent pas et qui fréquentent les écoles publiques de Fnaydiq dans le Akkar.

Les élèves du lycée avec leur professeur Olivier Mouras.

Boîtes de crayons de couleur, stylos à bille, crayons mines, piles de cahiers, tables, chaises, bureaux et étagères... Il a fallu un mois pour le Grand Lycée franco-libanais, à Achrafieh, pour collecter ces fournitures afin de les envoyer à des élèves moins nantis dans trois différentes écoles publiques de Fnaydiq, dans le Akkar.
Deux camions venant de Fnaydiq sont arrivés au Grand Lycée à Achrafieh pour charger les fournitures scolaires et les meubles.
Cette initiative a été notamment inspirée par un article de presse. Le texte avait abordé le problème de la pauvreté dans le Akkar, ainsi que les projets d’aide de l’Unicef dans la région.
Une initiative, intitulée « La municipalité se développe à travers ses enfants », avait été lancée début 2011. Elle offre un soutien aux habitants de certains villages du Akkar. Fnaydiq figure parmi eux. Le projet fournit aux écoles des livres, des autobus et même des matériaux de construction pour améliorer la qualité des installations.
Quelques élèves du Lycée français d’Achrafieh se sont réunis pour parler de leur projet visant à rassembler des fournitures scolaires pour les écoles de Fnaydiq.
Laurent a 11 ans. Sa mère, journaliste, lui a parlé de la pauvreté dans le Akkar. « Elle m’a décrit l’école de Fnaydiq. Là-bas, les enfants manquent de tout », indique le garçon qui espère devenir acteur un jour « pour faire rire les gens tristes ».
À son tour, Laurent a raconté à ses camarades de classe la situation dans les écoles de Fnaydiq. Son professeur de mathématiques, Olivier Mouras, réfléchit à une aide, une action de volontariat que les élèves du Lycée français d’Achrafieh pourraient entreprendre. L’initiative a ainsi vu le jour. Elle a commencé avec les classes primaires et s’est élargie ensuite pour inclure environ 700 élèves du lycée, note le directeur du primaire Olivier Hussenet. « Une liste des besoins de l’une des écoles de Fnaydiq m’a été fournie : des stylos à bille, des crayons mines, des crayons de couleur, des cahiers, des gommes... Ce qui a été recueilli en deux semaines dépassait de loin ce qui avait été demandé. Nous avons donc décidé de remettre notre collecte aux trois écoles publiques de la localité », explique de son côté M. Mouras.
Chaque classe a choisi de donner une sorte d’objet. Certaines ont opté pour des stylos à bille, d’autres des crayons ; de nombreux élèves ont remis plusieurs choses.
« C’était très touchant de voir certains élèves, dans les petites classes, venir avec des fournitures scolaires enveloppées dans du papier cadeau », souligne M. Hussenet.
Impressionnés par l’effort des élèves, les responsables de l’école, à leur tête la proviseure Fabienne Decaestecker, ont décidé de contribuer à l’initiative en remettant quelques meubles dont l’école n’avait plus besoin, notamment des pupitres, des bureaux, des tables, des chaises et des étagères. La classe de Laurent a donné des crayons de couleur. « J’ai remis quatre paquets de crayons de couleur, un paquet de crayons mines et deux cahiers », dit-il.
Sara, 11 ans et qui rêve de devenir graphiste, fréquente la même classe que Laurent. Elle a donné quatre paquets de crayons de couleurs. « Ça les aidera à colorier leurs cartes de géographie. Peut-être qu’ils seront plus heureux s’ils savent que quelqu’un les aide et pense à eux », dit-elle.
Karen, 8 ans, dont la classe a donné des gommes, dont six qu’elle a elle-même fournis, a pris l’initiative de remettre également un paquet de crayons de couleur : « Vous savez, ils ont besoin de colorier leurs dessins. Je pense qu’ils n’ont que des crayons mines, ils doivent donc voir tout en gris. Ils sont pauvres déjà et assez tristes. Les crayons de couleur leur permettront peut-être d’être moins malheureux », explique-t-elle, ajoutant qu’elle rêve de devenir architecte afin qu’elle puisse construire des maisons pour les sans-abri.
Ivan est dans la classe de Karen. Il a également donné six gommes blanches, exactement comme celle qu’il utilise. Il s’inquiète au sujet des enfants de son âge vivant à Fnaydiq. « Que font-ils si jamais ils cueillent les pommes et n’ont pas un évier avec de l’eau courante pour les laver ? Ils tombent malades, ils peuvent même en mourir. Vous savez, ils n’achètent pas leurs fruits et légumes dans des magasins propres, comme nous faisons », explique l’enfant de huit ans, qui veut devenir chirurgien un jour pour sauver les enfants malades
du cœur.
Une délégation de Fnaydiq s’est rendue au Lycée français pour transporter les dons recueillis. En regardant les camions chargés, Khaled Issa, directeur de l’une des écoles de la localité, explique : « Nous manquons de tout. Vous ne pouvez pas comparer nos écoles à une école publique à Beyrouth. Alors imaginez la différence entre notre situation et celle du Lycée français. Ces fournitures scolaires feront une différence pour nous. Mais nous avons encore besoin de beaucoup de choses, comme les ordinateurs pour nos étudiants, ainsi que d’un laboratoire », dit-il.
Dans les mois à venir, les élèves du Lycée français se rendront à Fnaydiq et rencontreront les enfants qu’ils ont aidés. « Je veux juste voir s’ils sont heureux », dit Karen. « Nous voulons savoir comment les élèves du village sont en train d’utiliser les fournitures que nous avons collectées, si ce que nous avons envoyé leur a été utile », explique Laurent. « Nous avons assez d’argent, alors qu’ils sont dans le besoin. Nous devons donc les aider », ajoute-il.
L’initiative des fournitures scolaires se poursuivra tout au long de l’année. Elle contribuera également à fournir des articles necéssaires à la nouvelle année scolaire 2012-2013.
Karem est en terminale. « À la fin de l’année, nous vendons des gâteaux pour collecter des fonds pour le soirée de promo. Cette année, un certain pourcentage de cette somme servira à financer les fournitures scolaires à Fnaydiq. De plus, avant les vacances, nous mettrons de grosses caisses dans les couloirs afin que nous puissions continuer notre collecte », explique t-il.
Patrick, qui est en première, s’intéresse aussi à ce que cette initiative touche les classes secondaires du lycée.
Karem, qui est originaire du village d’al-Ain dans le Hermel – qui est aussi pauvre et reculé que Fnaydiq – souligne que « les étudiants à Beyrouth ignorent comment les gens vivent dans les zones rurales, loin de la capitale. Moi je sais parce que je suis né là-bas. Je suis content que ma propre école prenne cette initiative pour faire la différence. »
Boîtes de crayons de couleur, stylos à bille, crayons mines, piles de cahiers, tables, chaises, bureaux et étagères... Il a fallu un mois pour le Grand Lycée franco-libanais, à Achrafieh, pour collecter ces fournitures afin de les envoyer à des élèves moins nantis dans trois différentes écoles publiques de Fnaydiq, dans le Akkar.Deux camions venant de Fnaydiq sont arrivés au Grand Lycée à Achrafieh pour charger les fournitures scolaires et les meubles.Cette initiative a été notamment inspirée par un article de presse. Le texte avait abordé le problème de la pauvreté dans le Akkar, ainsi que les projets d’aide de l’Unicef dans la région.Une initiative, intitulée « La municipalité se développe à travers ses enfants », avait été lancée début 2011. Elle offre un soutien aux habitants de certains villages...
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