Boko Haram a revendiqué les assauts.
Au moins 121 cadavres ont été comptabilisés samedi à Kano, la deuxième ville du Nigeria, où les corps des victimes jonchaient les rues au lendemain d'une spectaculaires série d'attaques.
Les corps, portant souvent des blessures par balle, étaient entassés à la morgue du principal hôpital de Kano. Une centaine de personnes attendait à l'extérieur pour recueillir les dépouilles de leurs proches, alors qu'un couvre-feu de 24 heures a été décrété par les autorités locales.
Des représentants de la Croix Rouge locale et de l'Agence nationale des situations d'urgence ont indiqué qu'ils continuaient de collecter les dépouilles pour les emmener dans des morgues. "Beaucoup d'organisations participent à l'évacuation des corps dans les rues", a déclaré une source à la Croix Rouge ayant requis l'anonymat. "D'après notre décompte, nous en avons pour l'instant 121", a-t-elle ajouté.
Le premier quotidien dans le nord, le Daily Trust, a rapporté qu'un porte-parole du groupe Boko Haram avait revendiqué les assauts, expliquant que le groupe avait agi en représailles après le refus du gouvernement de libérer plusieurs de ses membres actuellement emprisonnés.
Selon la police, à Kano, ce sont huit sites qui ont été visés par ces assauts "coordonnés": des bureaux de la police, des services de l'immigration et la résidence d'un responsable de la police. Une vingtaine de déflagrations ont retenti en l'espace de quelques minutes, selon le correspondant de l'AFP. Des tirs ont aussi retenti et pris de panique, des habitants ont pris la fuite.
L'une des attaques a été menée par un kamikaze qui a visé un QG régional de la police et fait au moins trois morts, selon une source policière. Un homme qui entendait se faire exploser a tenté de se rapprocher en voiture d'un convoi de la police, selon une source policière. Il aurait sauté de son véhicule avant de se faire abattre. Selon un témoin, la voiture de l'assaillant aurait continué de rouler avant d'exploser.
Un correspondant de la chaîne de télévision privée nigériane Channels a péri en couvrant ces évènements. Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ, basé à New York) a condamné ce "meurtre" et appelé dans un communiqué les autorités nigérianes a tout faire "pour que ses tueurs soient traduits en justice".
De nombreuses attaques meurtrières, attribuées à Boko Haram et souvent revendiquées par elle, ont secoué le pays ces derniers mois. Elles ont essentiellement touché le nord-est et Kano avait jusqu'a présent été épargnée.
Le président Goodluck Jonathan a décrété l'état d'urgence dans des parties de quatre Etats le 31 décembre, après une vague d'attentats attribués à Boko Haram qui ont fait plusieurs dizaines de morts. Kano n'était jusqu'à présent pas concerné par la mesure. L'organisation islamiste a revendiqué des attentats visant en particulier des églises le jour de Noël. Le plus meurtrier a fait 44 morts dans une église catholique près d'Abuja, la capitale. Elle avait aussi revendiqué l'attentat suicide d'août 2011 contre le siège des Nations unies à Abuja (25 morts).
Les récentes violences ont fait craindre des représailles de chrétiens et une escalade des violences interconfessionnelles.
Le Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique et premier producteur de pétrole du continent, compte 160 millions d'habitants, dont environ autant de musulmans, majoritaires dans le nord, que de chrétiens, plus nombreux dans le sud.
Des représentants de la Croix Rouge locale et de l'Agence nationale des situations d'urgence ont indiqué qu'ils continuaient de collecter les dépouilles pour les emmener dans des morgues. "Beaucoup d'organisations participent à l'évacuation des corps dans les rues", a déclaré une source à la Croix Rouge ayant requis l'anonymat. "D'après notre...


Les chrétiens tués au Nigeria hier s'élèvent à plus de 150. Où sont ceux qui parlent de l'amour du prochain mais prompts à justifier ces crimes en les chargeant sur le compte de complots imaginaires et avoir ainsi la tête tranquille et la satisfaction secrète car il ne s'agit pour eux que de mécréants ?
07 h 25, le 22 janvier 2012