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À La Une - Terrorisme

Thaïlande : un deuxième suspect libanais recherché

Atris Hussein accuse le Mossad de l’avoir piégé.

Atris Hussein, escorté par la police thaïlandaise. Pairoj/

Après l'arrestation de Atris Hussein, la semaine dernière, la police thaïlandaise est à la recherche d'un deuxième suspect libanais. Selon les autorités thaïlandaises, James Sammy Paolo, 40 ans, serait un complice d'Atris Hussein, un libano-suédois accusé de possession illégale de produits chimiques potentiellement explosifs et soupçonné d'avoir planifié un attentat à Bangkok.

James Sammy Paolo, contre qui un mandat d'arrêt à été émis, est suspecté des mêmes crimes. Le chef de la police thaïlandaise, le général Priewpan Damapong, a déclaré aux médias thaïlandais qu'un portrait robot de Paolo a été donné par Atris.

"Atris et Paolo avaient prévu d'envoyer des produits vers d'autres pays et avaient loué 10 conteneurs pour les transporter", a précisé le général Damapong. Selon le Bangkok Post, les autorités thaïlandaises tentent de déterminer si Paolo est toujours en Thaïlande et ont contacté Interpol.

 

De son côté, Atris Hussein rejette les charges qui pèsent contre lui. "Je suis à 100% innocent", a-t-il déclaré dans une entrevue qu’il a accordée de sa prison au journal suédois Aftonbladet. La police thaïlandaise a précisé avoir effectué une descente dans une propriété louée par le suspect, et y avoir trouvé une importante quantité de fertilisants et du nitrate d'ammonium. Le nitrate d'ammonium est couramment utilisé dans l'agriculture sous forme d'engrais mais peut entrer dans la composition de bombes. Sa possession nécessite un permis en Thaïlande.

 

"La plupart des produits que la police a trouvés dans mon dépôt ont été placés là par quelqu’un d’autre, probablement par le Mossad (le service de renseignement israélien)", a indiqué à Aftonbladet M. Hussein, qui est également suspecté d’être un membre du Hezbollah, ce que le parti chiite a fermement démenti vendredi dernier. "Un soir, on m’a fait sortir de prison et on m’a placé dans une voiture qui m’a conduite vers une maison je ne sais où, a-t-il ajouté. Là-bas, j’ai été interrogé par trois hommes qui étaient probablement du Mossad. Je connais leurs prénoms. Ils disent que j’ai menti sur un certain nombre de choses".

 

M. Hussein, qui a obtenu la nationalité suédoise en 1994, estime que les Israéliens l’ont piégé en raison de ses appartenances religieuse et politique. "Je suis un musulman chiite (…) et je vis dans une région à l’extérieur de Beyrouth où le Hezbollah a une grande influence, mais je ne suis pas membre du mouvement, a-t-il affirmé à Aftonbladet. Je suis plutôt de gauche. En Suède, j’avais voté pour les sociaux-démocrates. C’est peut-être pour ces raisons-là que j’ai été soupçonné par le Mossad. Ils me surveillaient".

 

Atris Hussein, qui avait émigré en Suède en 1989, a travaillé pendant plus de dix ans comme coiffeur dans la ville de Gothenburg. Marié et père de quatre enfants, il est rentré au Liban en 2005, "pour y vivre de manière permanente". A Beyrouth, il a ouvert une pépinière spécialisée dans la vente d’arbres miniatures, "comme le bonsaï japonais". "Mais les affaires n’étaient pas bonnes", précise-t-il au journal suédois. M. Hussein a alors décidé de se lancer avec un partenaire libanais dans le commerce de produits asiatiques qu’ils achètent et exportent vers différents pays, dont le Liban. "Nous achetons des ventilateurs, des photocopieuses, (…) mais pas de fertilisants ni de produits chimiques", assure-t-il.

 

Selon la police thaïlandaise, les produits chimiques retrouvés dans la propriété louée par M. Hussein étaient placés dans des sacs sur lesquels étaient marqués "litière pour chat". Ces sacs, toujours selon la police, devaient ensuite être empaquetés dans des boîtes pour ventilateurs avant d’être exportés.

 

Cependant, le New York Times, dans son édition de jeudi, indique que ces produits étaient destinés à rester en Thaïlande. Citant un analyste des services de renseignement américain sous couvert d’anonymat, le journal précise que les matières explosives devaient être utilisées dans le cadre d’un attentat contre des cibles israéliennes dans le pays. "C’est un plan de dernier recours que le Hezbollah décidera probablement d’exécuter si Israël lance une attaque contre des sites nucléaires iraniens, indique l’analyste au NYT. Le Hezbollah va viser les Israéliens partout dans le monde".

 

Bien qu’incertaine, l’influence du parti chiite se serait développée ces dernières années dans la région de l’Asie du Sud, selon un chercheur interrogé par le journal new-yorkais. "Le Hezbollah a pénétré plusieurs communautés chiites – dont le nombre est estimé à 2,5 millions de personnes - dans différents pays de la région", affirme Zachary Abuza, professeur de sciences politiques au National War College, à Washington. "Le groupe libanais n’hésite pas à faire des donations, précise-t-il. Il est également impliqué dans des affaires de blanchiment d’argent et de ventes illégales de produits contrefaits".

 

Ces derniers jours, les autorités thaïlandaises ont renforcé les mesures de sécurité à Bangkok et dans les zones touristiques du pays en raison d'informations américaines et israéliennes faisant état de menaces terroristes. L'ambassade américaine en Thaïlande avait mis en garde vendredi dernier contre de possibles attaques de "terroristes étrangers" dans plusieurs quartiers touristiques de la capitale Bangkok et avait appelé ses ressortissants à la prudence.

 

Pour le journal Bangkok Post, cette mise en garde a été lancée par Washington pour faire pression sur les autorités thaïlandaises afin de permettre aux enquêteurs américains d’interroger le suspect libano-suédois. "Les États-Unis veulent que la Thaïlande coopère plus avec eux dans la lutte contre le terrorisme", estime Kachadpai Burusapatana, ancien secrétaire général du Conseil pour la sécurité nationale thaïlandaise. Selon lui, la police thaïlandaise doit "traiter cette affaire de manière très discrète", "sans publicité", surtout qu’elle ne possède toujours pas de preuves solides contre Atris Hussein. "Si la Thaïlande ne parvient pas à traiter cette affaire de manière responsable, elle pourrait se retrouver empêtrée dans un conflit entre les États-Unis et des groupes terroristes", avertit-il.

Après l'arrestation de Atris Hussein, la semaine dernière, la police thaïlandaise est à la recherche d'un deuxième suspect libanais. Selon les autorités thaïlandaises, James Sammy Paolo, 40 ans, serait un complice d'Atris Hussein, un libano-suédois accusé de possession illégale de produits chimiques potentiellement explosifs et soupçonné d'avoir planifié un attentat à Bangkok.
James Sammy Paolo, contre qui un mandat d'arrêt à été émis, est suspecté des mêmes crimes. Le chef de la police thaïlandaise, le général Priewpan Damapong, a déclaré aux médias thaïlandais qu'un portrait robot de Paolo a été donné par Atris.
"Atris et Paolo avaient prévu d'envoyer des produits vers d'autres pays et avaient loué 10 conteneurs pour les transporter", a précisé le général Damapong. Selon le Bangkok Post, les...
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