Le premier projet est un concours destiné uniquement aux femmes, qui récompense la meilleure initiative économique dans quatre catégories distinctes : la « production agricole », le « tourisme rural/écologique », la « production à partir de l’olive et de l’huile d’olive » et l’« industrie agroalimentaire ». L’appel à candidatures est donc officiellement lancé, et ce jusqu’au 1er mars. « Notre objectif n’est pas d’assister financièrement ces femmes, mais de leur offrir les outils nécessaires pour qu’elles développent leurs propres projets », a insisté la présidente de Nowara, Wafa’ Dikah Hamzé. C’est pour cette raison que le prix attribué aux quatre gagnantes, d’un montant de 3 000 dollars, ne se fera pas en liquide, mais sous forme de formation ou d’achat de matériel nécessaire à leur projet. « Ce genre d’initiative est bénéfique en milieu rural car il crée une compétition positive entre les entrepreneures », a ajouté de son côté le ministre de l’Agriculture, Hussein Hajj Hassan. Le nom des gagnantes sera annoncé en juin prochain au cours d’une cérémonie spéciale.
Œuvrer à la continuité des projets, une priorité selon Hajj Hassan
Le deuxième projet de « développement socioéconomique des populations rurales du Sud-Liban », compte sur environ 120 000 euros, cofinancé par le ministère des Affaires étrangères italien, le ministère de l’Agriculture au Liban et l’ONG italienne CTM Onlus. L’association libanaise Nowara se chargera, quant à elle, de son suivi et de son bon fonctionnement. « Ce projet, qui s’étale sur une durée de trois ans, a pour objectif de former les bénéficiaires et de leur apporter un soutien aussi bien technique que financier », a expliqué Mme Hamzé. « La situation économique des régions rurales libanaises est catastrophique, la part de l’agriculture dans le PIB ne dépasse pas les 5 % et une grande partie de la main-d’œuvre du secteur agricole fait partie du travail informel », a-t-elle ajouté. Selon un sondage de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), 200 000 à 220 000 agriculteurs ne bénéficieraient d’aucune protection sociale ou d’assurance-maladie. C’est pour toutes ces raisons que, selon Mme Hamzé, la marge de manœuvre est encore très grande et le changement possible.
« Apporter un soutien financier et matériel est une bonne chose pour encourager les initiatives personnelles, mais à long terme, ce n’est certainement pas suffisant », a affirmé le ministre de l’Agriculture. « Ce qu’il faut promouvoir ce sont des dynamiques qui permettent la continuité de ces projets dans le temps, une fois la durée du financement écoulée », a-t-il ajouté. Pour ce faire, M. Hajj Hassan a proposé d’effectuer des études de marché pour tout produit fabriqué afin d’être sûr qu’il y aura une demande suffisante, de mettre en place des plans économiques pour tout projet naissant et enfin d’assurer aux bénéficiaires du projet des sessions de formation en vente et marketing. « Il ne suffit pas de tisser un tapis pour qu’il se vende, il faut savoir s’introduire sur le marché et attirer les clients. Tout cela nécessite un savoir-faire qui s’apprend », a ajouté le ministre.

