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Liban - Sécurité Des Bâtiments

Qui est donc chargé d’inspecter les bâtiments vétustes des grandes villes ?

Le drame de Fassouh a rouvert le débat sur l’inspection et le contrôle des constructions, anciennes et neuves, et sur la création d’une cellule nationale de gestion des catastrophes.

Les bâtiments anciens, non dotés de béton armé, doivent être entretenus pour éviter les risques d’effondrement.

Une fois de plus, au Liban, il aura fallu attendre la catastrophe pour ouvrir les vrais débats. L’effondrement d’un immeuble à Fassouh, Achrafieh, dans la soirée de dimanche, et la mort de dizaines de personnes piégées dans les décombres, a relancé la question du contrôle à effectuer sur les anciennes bâtisses, comme celui à exercer préalablement sur les nouvelles constructions. Dans une déclaration télévisée, le député Mohammad Kabbani, président de la commission des Travaux publics et des Transports, a même estimé que 20 % des bâtiments de Beyrouth seraient menacés en cas de séisme.
D’autre part, le cafouillage observé lors des premières heures de sauvetage, malgré les efforts prodigués par la Défense civile, a ramené sur le tapis la question de la gestion des catastrophes et la nécessité de la création d’une institution unique pour présider aux efforts de sauvetage.
Pour discuter de l’urgence de ces deux points, la commission des Travaux publics a tenu une réunion extraordinaire hier pour discuter de la catastrophe de Fassouh, présidée par le député Kabbani, en présence de plusieurs représentants d’institutions concernées. Kabbani a déclaré, à l’issue de la réunion, qu’il allait présenter dans les deux semaines qui suivent une loi à caractère de double urgence pour la création d’une cellule de gestion des catastrophes, dont il revendique lui-même la nécessité depuis plus de dix ans. « Dès qu’on ouvre ce sujet, on nous ramène au Haut Comité de secours, or celui-ci est chargé de l’indemnisation des victimes et leurs familles, pas de la planification pour faire face aux catastrophes », s’est-il écrié. À une question de L’Orient-Le Jour sur les chances que cette loi soit adoptée bientôt, le député a estimé que « cette catastrophe a marqué ces esprits, le Parlement sera probablement motivé pour franchir ce pas ».
Le député a également promis de suivre l’affaire du projet de décret exécutif pour la création de bureaux de contrôle chargés de la sécurité publique. Abordant le sujet des responsabilités, il a rappelé que celle de l’entretien du bâtiment incombe aux propriétaires non aux municipalités, mais il a quand même demandé à celles-ci de faire une inspection des bâtiments vétustes.
C’est également ce qu’a martelé hier le président du conseil municipal de Beyrouth, Bilal Hamad, au cours d’une conférence de presse. « Ce n’est pas la municipalité qui est responsable de l’état des bâtiments, mais les propriétaires, a-t-il dit. Les citoyens devraient signaler n’importe quel signe de délabrement dans les immeubles qu’ils habitent. Nous serons alors habilités à mener une inspection du bâtiment en question. »
Il a dit que suite à cette catastrophe, le conseil municipal cherche à établir un mécanisme qui lui permette d’inspecter systématiquement les anciens bâtiments à risque, sachant que la loi ne lui accorde pas cette prérogative à la base.

Durée de vie et entretien
Pour Élie Bsaibès, président de l’ordre des ingénieurs, « c’est aux municipalités d’effectuer des inspections sur les bâtiments menacés, et si elles ne peuvent le faire, des bureaux spécialisés doivent être chargés de cette mission ». Interrogé par L’Orient-Le Jour sur ce drame, il a déploré que toutes les grandes villes, et pas seulement Beyrouth, comportent un grand nombre de bâtiments vétustes non entretenus. « Les bâtiments, comme les êtres, ont une durée de vie, explique-t-il. À partir d’un certain âge, il faut les entretenir. Il y a certainement eu des signes avant-coureurs dans le cas de l’effondrement de Fassouh et il aurait fallu alerter les autorités concernées. »
Selon Bsaibès, la surveillance doit être opérée autant sur les nouveaux que sur les anciens bâtiments, notamment pour l’application des lois de construction antisismique. Que fait l’ordre à ce niveau ? « En tant qu’ordre, nous ne sommes pas responsables de l’adoption des lois, nous les appliquons, répond-il. La sécurité du bâtiment est notre préoccupation depuis des dizaines d’années, et c’est ce qui a permis d’éviter le pire jusque-là. Pour ce qui est de la responsabilité, elle est partagée. Les ingénieurs qui ont construit les anciens bâtiments ne sont plus responsables de leur vétusté. Pour ce qui est des nouveaux, nous avons un droit de regard sur les plans, mais plus aucun rôle au niveau de l’exécution. »
L’ingénieur lance un cri d’alarme : « En cas de tremblement de terre, beaucoup de bâtiments sont menacés. Il est très important de renforcer les bâtiments de l’État, qui ont le potentiel de contenir un grand nombre de personnes et qui doivent être opérationnels en cas de catastrophe, comme les hôpitaux et autres. »
Surtout, selon Bsaibès, « il ne faut pas oublier cette affaire une fois que les décombres seront déblayées, il faut que le message soit constamment répété, notamment par les médias ».
Est-ce que la vétusté du bâtiment est la seule cause de l’effondrement de l’immeuble de Fassouh ? Une commission d’enquête a été chargée par le Conseil des ministres pour apporter des réponses claires au drame. Dans des propos publiés sur le site Internet de L’Orient-Le Jour, Élias Tawil, Directeur général de l’urbanisme, explique que dans tous les immeubles des années 20, 30 et 40, le béton armé n’est pas à la base des techniques de construction. « Tous les anciens immeubles font donc l’objet de doutes, dit-il. Pire, ce sont des bombes à retardement. En outre, si cet énorme risque existe à l’état statique, les facteurs à effets mécaniques, comme les séismes, ne feraient qu’envenimer la situation. »
Comme pour faire écho à ses paroles, une information sur un immeuble abritant plus d’une soixantaine de familles à Mousseitbé (également à Beyrouth), gravement menacé d’effondrement, a été révélée dans les médias. Serait-ce une loi des séries ?
D’autres évoquent des facteurs supplémentaires, comme le chantier avoisinant, par exemple. D’autres encore soulèvent le problème des caractéristiques naturelles du sol. L’ingénieur Gilbert el-Kareh, dans un message adressé à L’Orient-Le Jour, parle « du type et des dimensions des fondations, des piliers et des poutres, ainsi que les charges admissibles sur l’assise », compte tenu de la vulnérabilité du sol sur lequel le bâtiment est situé. « Or, justement, dit-il, la zone dite de Fassouh se trouve à l’extrémité orientale d’une langue de “terres rouges sableuses” qui s’est épanchée sur Achrafieh avant le soulèvement de la colline. Ces sédiments, échantillonnés en février 1989, avant l’achèvement de l’autoroute en bordure, paraissaient non consolidés en surface. »
Il recommande « de vérifier lesdites caractéristiques jusqu’à un kilomètre à l’ouest de l’immeuble sinistré, et sur une profondeur d’environ 250 mètres de part et d’autre de l’immeuble ». « Un programme de surveillance ultérieure devrait être établi en fonction des constatations », conclut-il.
Une fois de plus, au Liban, il aura fallu attendre la catastrophe pour ouvrir les vrais débats. L’effondrement d’un immeuble à Fassouh, Achrafieh, dans la soirée de dimanche, et la mort de dizaines de personnes piégées dans les décombres, a relancé la question du contrôle à effectuer sur les anciennes bâtisses, comme celui à exercer préalablement sur les nouvelles constructions. Dans une déclaration télévisée, le député Mohammad Kabbani, président de la commission des Travaux publics et des Transports, a même estimé que 20 % des bâtiments de Beyrouth seraient menacés en cas de séisme. D’autre part, le cafouillage observé lors des premières heures de sauvetage, malgré les efforts prodigués par la Défense civile, a ramené sur le tapis la question de la gestion des catastrophes et la nécessité de la...
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Une cellule de gestion des catastrophes, ne dure que l ’espace d’une saison dans un pays ou on crie Y alatif au premier jour , au second on se dit que ceci peut arriver et le troisième on oublie . Antoine Sabbagha

Sabbagha Antoine

07 h 07, le 17 janvier 2012

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Commentaires (1)

  • Une cellule de gestion des catastrophes, ne dure que l ’espace d’une saison dans un pays ou on crie Y alatif au premier jour , au second on se dit que ceci peut arriver et le troisième on oublie . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    07 h 07, le 17 janvier 2012

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