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Liban - Beyrouth

Arrêtez de transformer la ville

Un immeuble s’effronde à Achrafieh, faisant une trentaine de victimes. L’histoire est une histoire de cupidité et de négligence, de plus en plus fréquente à Beyrouth où le prix de l’immobilier a flambé il y a quelques années. Mais c’est la première fois que l’on atteint un tel drame.
Les faits et les circonstances ayant précédé l’effondrement du bâtiment de Fassouh sont communs à d’autres cas d’immeubles situés dans divers secteurs de la ville : Achrafieh, Fassouh, Gemmayzé, Saydeh, Sassine, Monnot, Mar Mikhaël, Ras el-Nabeh, Basta, Mousseitbé et Ras Beyrouth.
Au cours des cinq dernières années, le prix de l’immobilier a quadruplé à Beyrouth. Les propriétaires des vieux immeubles voulant vendre leur propriété ou les nouveaux acquéreurs de ces bâtiments qui ont pour but de les détruire pour les remplacer par des immeubles plus élevés, abritant des appartements plus petits et plus modernes, ne savent plus comment faire pour se débarrasser des anciens locataires... Dans ce cadre, dans les immeubles fraîchement acquis par les promoteurs immobiliers, chaque ancien locataire a une histoire à raconter.
Dimanche soir, peu après l’écroulement de l’immeuble de Fassouh, on a vu le vrai Beyrouth dans la rue.
Des jeunes hommes et des jeunes filles sont venus s’enquérir de leurs camarades de classe qui fréquentaient avec eux l’école du quartier. Des parents habitant à deux pas ont accouru aux nouvelles. Des voisins ayant vécu plusieurs dizaines d’années ensemble, et se connaissant depuis des générations, étaient effondrés.
Il y a ceux qui ne connaissent pas Beyrouth et il y a ceux qui veulent peut-être oublier. Il faut se souvenir pourtant du fait que plusieurs secteurs de la capitale, notamment à Achrafieh, ne sont autres que de petits villages, où voisins et parents vivent côte à côte préservant leurs us et coutumes.
Beaucoup ont oublié aussi que la plupart des secteurs d’Achrafieh abritent des familles appartenant à la classe moyenne et à la classe ouvrière, que la ville ne se résume pas aux rues Sursock, Abdel Wahab el-Inglizi et à quelques tours de la place Sassine et du secteur de l’Hôtel-Dieu. Ces familles ne peuvent plus acheter, voire louer des appartements dans les quartiers desquels elles sont originaires.
À la lumière d’une telle réalité sociologique et de la tragédie de Fassouh, un impératif s’impose : il faut, certes, trouver une solution au problème des immeubles anciens qui ne sont plus habitables ; mais cette solution ne réside pas dans la construction de grandes tours luxueuses dont l’édification aboutit à déplacer les habitants ancestraux des vieux quartiers d’Achrafieh qui ne sont pas en mesure d’acquérir des appartements onéreux et qui se trouvent par conséquent contraints de quitter les quartiers où eux, leurs parents, leurs ancêtres, leurs amis ont grandi. La solution consisterait plutôt à réhabiliter les anciens bâtiments ou, à défaut, à construire des logements conservant le cachet de la région et qui puissent être acquis par les habitants des quartiers.
Il est déplorable de constater qu’à Beyrouth, on s’obstine à transformer la ville, en saccageant ses vieux bâtiments, en modifiant son paysage urbain, en détruisant son tissu social, en délogeant ses véritables habitants... Et parfois le coût de la cupidité est horriblement trop élevé.
Un immeuble s’effronde à Achrafieh, faisant une trentaine de victimes. L’histoire est une histoire de cupidité et de négligence, de plus en plus fréquente à Beyrouth où le prix de l’immobilier a flambé il y a quelques années. Mais c’est la première fois que l’on atteint un tel drame.Les faits et les circonstances ayant précédé l’effondrement du bâtiment de Fassouh sont communs à d’autres cas d’immeubles situés dans divers secteurs de la ville : Achrafieh, Fassouh, Gemmayzé, Saydeh, Sassine, Monnot, Mar Mikhaël, Ras el-Nabeh, Basta, Mousseitbé et Ras Beyrouth.Au cours des cinq dernières années, le prix de l’immobilier a quadruplé à Beyrouth. Les propriétaires des vieux immeubles voulant vendre leur propriété ou les nouveaux acquéreurs de ces bâtiments qui ont pour but de les détruire pour les...
commentaires (6)

Un étau autour de la liberté d' expression concernant nos deputés intouchables . Merci pour ce vent nouveau Antoine Sabbagha

Sabbagha Antoine

06 h 46, le 17 janvier 2012

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Commentaires (6)

  • Un étau autour de la liberté d' expression concernant nos deputés intouchables . Merci pour ce vent nouveau Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    06 h 46, le 17 janvier 2012

  • Rome n'est plus dans Rome...et Beyrouth n'est plus Beyrouth...il faut se faire à l'idée...les dubaïstes vont en faire une ville clinquante et sans âme...le malheur ,c'est qu'une explosion immobilière a toujours précedé au Liban une explosion tout court...à Dieu ne plaise....

    GEDEON Christian

    05 h 49, le 17 janvier 2012

  • Un député actuel de Beyrouth bien fanfaron et quelques jours avant ce drame avait conseillé aux anciens propriétaires d ’Achrafieh et lors d’ un débat télévisé de vendre leurs immeubles et venir acheter la région de Karm el zeitoun ou se trouvent les quartiers populaires et ainsi les voix pour sa réélection lui seront toujours assurées . Voilà la logique et les conseils d ’un prototype d’ un de nos députés qui n’ habite même pas Achrafieh et veut déloger tout le monde pour gagner des commissions . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    05 h 06, le 17 janvier 2012

  • tout à fait d'accord avec votre article. j'ai toujours été choqué de voir disparaître tant de maisons et immeubles anciens à beyrouth,faisant perdre tout charme et toutes racines orientales à cette grande ville;ce sont tous ces grands buidings de luxe, ultra modernes et qui ne ressemblent à rien mais qui rapportent tant d'argent aux spéculateurs,qu'il faudrait dynamiter...!!!

    boin jean-marc

    04 h 04, le 17 janvier 2012

  • - - Les députés d'Achrafié devraient demander le démission du conseil municipal de Beyrouth avec à sa tête , son président qui nous annonce aujourd'hui , après la catastrophe , qu'il allait prendre des mesures pour identifier les immeubles susceptibles de s'effondrer et faire des victimes ! Il a fallu attendre une telle catastrophe pour se réveiller ! Mais que faisaient-il ces messieurs pendant toutes ces années , à part donner des permis de construire aux riches investisseurs du golfe , " exonérés d'impôts " !! ou baptiser et rebaptiser des rues de la capitale , hôpitaux , aéroports , centre de cultes , écoles et universités ... , et la liste est longue , pour leur donner le nom de Rafik Hariri !!! Il faudra bien changer toute cette caste qui représente Solidere et l'ancien régime et la corruption dans la capitale .

    JABBOUR André

    01 h 38, le 17 janvier 2012

  • Très juste, mais l'argent est devenu la drogue de certains libanais et ils ont oublié leur âme, leur jeunesse, leur quartier seul le compte en banque compte.

    Georges Daniele

    00 h 21, le 17 janvier 2012

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