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Économie - Zone Euro

Les marchés restent de marbre, la France réussit un emprunt

La crise de la dette au cœur du déplacement de Sarkozy à Madrid.

Les deux dirigeants français et espagnol ont tenté de minimiser l’impact de la décision de l’agence de notation américaine. Pierre-Philippe Marcou/AFP

Les marchés sont restés de marbre hier après la dégradation de neuf pays européens par l’agence de notation Standard and Poors, dont la France qui a perdu son triple A, une décision anticipée mais qui vient rappeler que la crise dans la zone euro est loin d’être réglée.
L’agence Moody’s a conforté quelque peu les marchés hier en épargnant, pour le moment, la note triple A de la France, la meilleure note possible, dans un rapport attendu depuis mi-octobre. Moody’s prolonge toutefois l’examen de la perspective, actuellement « stable » de cette notation, renvoyant sa décision sur ce point dans le courant du premier trimestre 2012. Cela signifie qu’elle n’envisage toujours pas d’abaisser la note de la France, du moins dans l’immédiat, même si elle juge son triple A « sous pression ».
Pour son premier test sur les marchés depuis la décision de SP, la France n’a eu aucun mal à lever 8,59 milliards d’euros à court terme lundi après-midi à des taux en baisse et avec une forte demande des investisseurs. La dette de la France est « un investissement qui ne comporte aucun risque », a assuré hier le ministre français des Finances François Baroin.
Un haut responsable du Fonds monétaire international (FMI) a, quant à lui, jugé lundi indispensable une action audacieuse pour éviter que l’Europe ne s’enfonce dans une « spirale négative », qui pourrait conduire l’économie mondiale à la catastrophe.
Dans ce contexte, les dirigeants français Nicolas Sarkozy et espagnol Mariano Rajoy ont cherché hier à minimiser l’impact de la rétrogradation des notes souveraines de leurs pays par l’agence Standard & Poor’s, appelant à réduire les déficits et à relancer la croissance, en pleine crise de la dette en zone euro.
« Nous sommes face à une crise sans précédent qui nous impose de réduire nos dépenses, de réduire notre déficit, mais aussi de trouver le chemin d’une nouvelle croissance en résolvant nos problèmes de compétitivité », a estimé le président français devant la presse. Mariano Rajoy a lui apporté le soutien de son pays « à la taxe sur les transactions financières (...), le cheval de bataille de M. Sarkozy ». Le chef du gouvernement conservateur effectuait sa première rencontre avec un hôte étranger depuis sa prise de fonctions fin décembre.
La tension dans la zone euro reste d’autant plus sensible que le dossier grec est revenu sur le devant de la scène, avec un risque accru de défaut de paiement incontrôlé.
Pour l’heure suspendues, les négociations avec les banques sur l’effacement de la moitié de la dette grecque qu’elles détiennent doivent reprendre demain. La veille, la troïka Commission européenne-BCE-FMI est attendue à Athènes pour évaluer les efforts du gouvernement pour assainir le pays. Le Premier ministre grec Lucas Papademos s’est dit « confiant » dans la conclusion « à temps » d’un accord avec les créanciers privés, sur la chaîne américaine CNBC.
Signe des tensions persistantes en zone euro, les banques ont déposé 493,27 milliards d’euros auprès de la Banque centrale européenne (BCE) ce week-end, un nouveau record absolu.
Les places boursières ne tremblaient cependant pas hier et s’inscrivaient même en hausse pour certaines. « L’annonce de vendredi a probablement été anticipée par les investisseurs. Cependant, il est évident qu’elle ne rend pas plus simple le règlement de la crise », indiquent les économistes du bancassureur néerlandais ING.
La France et l’Autriche ont perdu un cran et se trouvent privées de leur triple A, tandis que l’Italie et l’Espagne ont vu leur note abaissée de deux crans. L’Allemagne en revanche a été épargnée et conserve son AAA.
Comme les places boursières, le marché de la dette des États en Europe était quasiment stable hier, témoignant du calme des investisseurs.
La décision de S&P fait figure de piqûre de rappel pour la zone euro, alors que les premières émissions de dette de l’année ainsi que les prêts exceptionnels aux banques de la BCE avaient rassuré et redonné un peu d’espoir.

             (Source : AFP)
Les marchés sont restés de marbre hier après la dégradation de neuf pays européens par l’agence de notation Standard and Poors, dont la France qui a perdu son triple A, une décision anticipée mais qui vient rappeler que la crise dans la zone euro est loin d’être réglée.L’agence Moody’s a conforté quelque peu les marchés hier en épargnant, pour le moment, la note triple A de la France, la meilleure note possible, dans un rapport attendu depuis mi-octobre. Moody’s prolonge toutefois l’examen de la perspective, actuellement « stable » de cette notation, renvoyant sa décision sur ce point dans le courant du premier trimestre 2012. Cela signifie qu’elle n’envisage toujours pas d’abaisser la note de la France, du moins dans l’immédiat, même si elle juge son triple A « sous pression ».Pour son premier...
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